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L’avocate Alice Nkom publie une lettre ouverte decIssa Tchiroma à la nation camerounaise

Dans cette lettre ouverte publiée ce 15 novembre 2025 et transmise à la première femme avocate du Cameroun pour publication, le candidat du FSNC à la présidentielle d’octobre dernier demande au peuple de résister.

PRÉSIDENCE ÉLUE DE LA RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN

 

Lettre à la Nation

Yaoundé – 14 novembre 2025

 

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

 

Nous traversons une de ces heures où une nation se regarde dans le miroir de son histoire.

Une heure où les cicatrices du passé se rouvrent, non pour raviver les douleurs, mais pour rappeler à chacun d’où nous venons.

Nous vivons un temps d’épreuve.

Un temps où voter devient un acte de bravoure.

Un temps où dire la vérité est considéré comme une menace.

Un temps où l’on emprisonne les citoyens pour avoir exprimé un choix, et où l’on couronne un silence maquillé en victoire.

Et pourtant, vous tenez bon.

Vous tenez bon comme l’ont fait les pionniers de la liberté.

Ceux-là même qui, dans les années 40 et 50, ont défié les puissances coloniales au nom de notre souveraineté.

Je pense à Ruben Um Nyobè, à Félix-Roland Moumié, à Ernest Ouandié.

Ils ont payé de leur vie le rêve d’un Cameroun libre.

Ce rêve, vous venez de le réveiller.

Vous avez parlé. Et l’histoire vous a entendus.

Le 12 octobre 2025, vous avez déposé vos bulletins comme on dépose une pierre blanche sur le chemin du destin.

Vous avez choisi. En pleine conscience. Sans violence. Sans haine.

Et ce choix, une faction de l’appareil d’État tente de le confisquer.

Mais votre décision est irréversible.

La vérité des urnes ne se gomme pas par décret.

Elle vit en vous, dans vos yeux, dans vos pas, dans votre silence obstiné.

Je ne suis pas l’opposant d’un régime finissant.

Je suis le serviteur d’un peuple souverain.

Ce que nous vivons est une répétition de l’histoire.

1955 : l’UPC gagne dans les urnes, elle est interdite dans la rue.

Ses leaders sont traqués. Le peuple est frappé.

La répression devient doctrine.

Mais le vent de la liberté, une fois levé, ne s’est jamais couché.

1990 : les villes s’embrasent à la recherche du multipartisme.

Les manifestations sont matées. Des centaines de morts.

Mais les partis sont légalisés. Le peuple recouvre un droit élémentaire : s’exprimer.

2025 : un président est élu. La Constitution est violée. Les urnes sont foulées au pied.

Mais cette fois, c’est différent.

Car l’histoire n’est plus un cycle. Elle est une ligne qui avance.

Elle ne reviendra pas en arrière.

Notre situation actuelle : une prise d’otage électorale.

Les institutions ont été militarisées.

Le Conseil constitutionnel s’est renié.

L’ELECAM est sous tutelle.

Le pouvoir réel n’est plus dans les lois, mais dans les armes.

La parole du peuple a été remplacée par un faux serment, prononcé sans honneur devant un peuple qui s’est détourné.

Des jeunes sont détenus sans procès.

Des mères cherchent leurs fils dans les morgues.

Des opposants meurent à petit feu dans des centres d’interrogatoire.

Et pendant ce temps, on prétend que la démocratie se porte bien.

Ils ont érigé la peur en politique.

Ils ont construit des murs autour du mensonge.

Mais les murs s’effritent déjà.

Et la vérité approche.

Notre ligne : calme, discipline, non-violence

Je vous demande de résister, oui.

Mais de résister avec grandeur.

Ne tombez pas dans le piège de la violence.

C’est leur terrain, leur langage, leur passé.

Le nôtre est celui de la justice, de la lumière, du courage pacifique.

Restez unis.

Dans les quartiers.

Dans les familles.

Dans les églises et les mosquées.

Dans la diaspora et dans les villages.

Le pouvoir est entre vos mains. Il ne vous sera plus jamais arraché.

 

Annonces présidentielles

 

Conférence de presse présidentielle

Dans les prochaines heures, une conférence sera tenue par le porte-parolat présidentiel.

Nous présenterons la feuille de route stratégique des prochains jours, à la lumière des événements récents.

 

Lancement d’un Comité de Solidarité Populaire

Pour soutenir les détenus et leurs familles, un fonds et une structure logistique d’assistance sont mis en place dès ce soir.

Chaque Camerounais peut y contribuer. Personne ne sera abandonné.

 

Appel à la communauté internationale

Je n’appelle pas à l’ingérence.

Mais j’en appelle à la conscience.

Le peuple camerounais demande qu’on respecte son vote.

Rien de plus.

Rien de moins.

 

Le peuple debout : la vraie légitimité

 

Je pense à vous tous.

Aux jeunes de Tsinga.

Aux mères de Yaoundé.

Aux enfants de Bafoussam.

Aux pêcheurs de Kribi.

Aux étudiants de Maroua.

À vous qui avez marché, voté, espéré.

 

Vous êtes la nation.

Vous êtes la source du pouvoir.

Et c’est à vous qu’il revient.

 

Ils pensent nous fatiguer.

Ils pensent que l’histoire se plie à la force.

 

Mais l’histoire ne cède pas.

Elle avance.

Et elle porte désormais un nom : peuple camerounais.

 

Conclusion : un serment moral, au-dessus de tous les faux protocoles

 

Je vous le dis, comme un fils de ce pays, comme un père, comme un serviteur :

 

Aucune force n’efface une victoire obtenue avec le cœur.

Aucun décret ne fait taire une voix portée par des millions.

Aucune armée ne résiste à un peuple qui se met en marche.

 

L’heure vient. Elle approche.

Et quand elle sonnera, ce ne sera pas la mienne.

Ce sera la vôtre.

 

Que Dieu bénisse nos morts.

Qu’il soutienne nos prisonniers.

Qu’il veille sur notre peuple.

Et qu’il protège le Cameroun, notre patrie commune.

 


 

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