Réligions étrangères et frein au développement de l’Afrique: Roland siméon Ekodo Mveng répond à Mbombog Mbog Bassong
Mbombog Mbog Bassong dit dans sa publication que la Chine est développée aujourd’hui parce qu’elle pratique des religions endogènes et que l’Afrique est pauvre parce qu’elle est aliénée par des religions étrangères.
Il n’y a rien de plus faux que cette assertion biaisée.
La première religion en Chine est le bouddhisme. Or, cette religion n’est pas née en Chine, mais plutôt en Inde. Le fondateur du bouddhisme au VIe siècle avant Jésus-Christ, ou l’homme considéré comme le premier Bouddha, s’appelait Siddhartha Gautama, un Indien à 100 %. Moralité : on peut pratiquer une religion étrangère et se développer.
On dira donc que la pratique d’une religion endogène ne peut pas expliquer la puissance de la Chine, qui a emprunté ce culte à l’Inde.
Bien plus, la première puissance mondiale, ce qu’un auteur français et spécialiste des relations internationales, Hubert Védrine, appelle « l’hyperpuissance américaine », pratique à plus de 80 % le christianisme, une religion importée. Toutes les institutions aux États-Unis sont marquées du sceau du christianisme : le dollar, l’hymne, les tribunaux, le serment d’allégeance. Même les plus grandes fêtes, comme Noël et Thanksgiving, font référence à Jésus-Christ.
En Europe, la première puissance est l’Allemagne, où la population pratique encore le christianisme à 50 %, malgré le développement de la science et le mouvement de sécularisation. Le parti politique d’Angela Merkel, l’ex-chancelière, est un parti chrétien.
En Afrique, la première puissance économique est l’Afrique du Sud, suivie du Nigeria. Au pays de Nelson Mandela, la première religion est le christianisme, et au Nigeria, deuxième puissance économique d’Afrique subsaharienne, ce sont l’islam et le christianisme, pratiqués respectivement à 50 % et 48 %.
Qu’est-ce qui fait tomber le postulat fallacieux de Mbombog Bassong, qui estime que si les pays africains pratiquent les religions de chez eux, ou traditionnelles, ou celles de leurs ancêtres, ils seront les plus développés au monde ?
Procédons par expérience, puisqu’il aime souvent parler d’épistémologie. Le Bénin et Haïti sacrifient au vaudou depuis des centaines d’années. Le vaudou est une religion ancestrale africaine non importée, non blanche et non occidentale selon ses critères phares.
Or, le Bénin et Haïti ne sont pas classés parmi les 150 pays les plus riches du monde ni parmi les pays les plus puissants d’Afrique et des Caraïbes. Cela veut dire que le postulat de corrélation entre religion ancestrale et puissance intégrale de l’Afrique, avancé par l’égyptologue kamite Mbombog Bassong, est faux.
Qu’il ne nous dise pas que c’est quand toute l’Afrique pratiquera à 100 % ces sectes qu’elle sera la plus puissante, parce que les autres pays ont également plusieurs cultes et rites.
Aussi, dans les critères de validation interne et de cohérence, si les Africains et Africaines, connaissant les effets de ces religions dans les villages, étaient rassurés de leurs bienfaits, les jeunes ne fuiraient pas les sorciers du village, et les familles enverraient plutôt leurs enfants dans les écoles initiatiques traditionnelles et non dans les collèges confessionnels, les universités catholiques et les centres de santé chrétiens.
Critère de validité externe :
Si les Occidentaux, les touristes orientaux et les scientifiques étrangers qui ont étudié de fond en comble l’Afrique traditionnelle avaient découvert que les fétiches sont plus puissants que la technologie, l’intelligence artificielle ou encore le christianisme, tous seraient inéluctablement pratiquants de ces religions traditionnelles et importeraient le vaudou dans leurs universités, un peu comme ils importent le cacao d’Afrique.
Là où le romantisme des religions animistes et traditionnelles africaines de Mbombog Bassong, ainsi que celui de ses disciples possédés par la haine et la peur du christianisme, prend l’eau, c’est quand ce penseur n’arrive pas à expliquer aux gens comment le continent africain précolonial a pu perdre la bataille décisive contre l’impérialisme bardé de christianisme et d’islam, alors même qu’il était encore censé pratiquer ses religions originelles et qu’il n’avait pas encore adopté le christianisme et l’islam qu’ils disent être importés.
Comment les marabouts, ngangas et sorciers vers lesquels Mbombog envoie aujourd’hui les jeunes naïfs n’ont-ils pas pu résister à la colonisation ou l’anticiper, alors que leurs fétiches, rivières, grottes sacrées et autres armes mystiques fonctionnaient à merveille et n’étaient pas encore remplacés par les religions étrangères ?
Si quelqu’un entre chez toi et te renverse devant ton épouse, tes enfants et tes serviteurs sans que ta spiritualité ancestrale puisse t’avertir de son assaut ou te défendre lorsqu’il te domine durant 400 ans d’esclavage, 200 ans de colonisation et 70 ans de néocolonisation, cela voudrait dire que ta puissance spirituelle est inférieure à la sienne. Arrêtons l’esbroufe.
Quand on voit les universités, écoles et hôpitaux construits par les chrétiens, ainsi que les cadres formés dans les milieux ecclésiastiques, en comparaison avec les ravages et stagnations opérés par la sorcellerie dans les familles africaines, le choix est rapidement fait. Il vaut mieux donner sa vie à Jésus-Christ.
Les chrétiens sont plus sociables et plus humains que les pratiquants de la magie noire et des sacrifices de bêtes domestiques.
Même en termes de protection, de production intellectuelle et de valeurs morales, il n’y a pas match. Le Saint-Esprit est plus inspirant.
Qui est assez fou pour confier sa vie à un hypothétique rocher sacré qui sera emporté par l’érosion en saison pluvieuse ou à un arbre mystérieux qui sera dévasté par les feux de brousse en saison sèche ?
Qui est assez naïf pour croire qu’un grand-père mort de fièvre jaune ou une grand-mère décédée du paludisme peut elle-même te sauver dans un crash d’avion comme Jésus le ferait ?
Le rapport de force économique, politique et spirituel est là. Le message de la Croix du Christ l’emportera toujours, et très largement, sur le talisman et le gri-gri.
Jésus est le seul qui ait marché sur l’eau. C’est le seul vrai Messie. Le seul qui ait ressuscité Lazare. Jésus-Christ n’est pas tombé dans le tiroir de l’oubli ni dans la poubelle de l’histoire comme les sorciers et charlatans tristement célèbres des contes de fées.
Oui, Jésus-Christ est le seul Dieu omniscient, omniprésent et omnipotent.
Source: Roland siméon Ekodo Mveng