SOUS-DÉVELOPPEMENT ET JUGEMENT DE VALEUR : Institutions, pouvoir et enjeux de la création de valeur

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Je vais citer un grand économiste africain, Joseph Tchundjang POUEMI (1980), qui a, dans Monnaie, servitude et liberté, décrit l’institutionnalisation de la servitude en ces termes : « Les vrais problèmes de l’heure s’appellent inflation, chômage, déséquilibre de balance de paiements, taux de changes désordonnés, avec pour corollaires les révoltes, la criminalité, la délinquance, etc. »

La gestion de la crise sanitaire actuelle demande une adaptation des politiques existantes à des conditions de marché modifiées. Dans la foulée de la pandémie, l’OPEP a, le 5 mars dernier, recommandé une baisse de production d…
[3:12 a.m., 2020-11-10] MMT: Au lieu de demander l’alcool buvez un peu de fimba grass a don die laught Ma Made
[8:52 a.m., 2020-11-10] MMT: Par Arlette Framboise Doumbé Ding

Plus chef de tribus que chef de l’État.

Pendant ses 38 ans au pouvoir, Paul Biya n’a jamais su se mettre au-dessus des clivages ethniques. Pire, il en à toujours été l’acteur majeur au grand désespoir de ceux qui dès son accession au pouvoir avait fondé en lui un espoir de la consolidation d’une nation bâtie au prix de lourds sacrifices par son prédécesseur..

C’est un espoir complètement déçu quand on regarde la société Camerounaise aujourd’hui. C’est une société divisée dans laquelle les ethnies se regardent en chiens de faillance à défaut de croiser le fer.

Le principal responsable de cette situation, je ne fais pas dans la langue de bois, le principal responsable de cette disais-je , c’est Paul Biya lui même. Lui qui pendant 28 ans a créé toute sorte de frustration à travers des nominations privilégiant de façon outrancière et ostentatoire ce que les Camerounais appellent eux-mêmes les << frères du village>>.

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La journaliste Henriette Ekwe relevait à ce propos qu’il existe des administrations au Cameroun où presque tout le monde parle la même langue. Je pense aux impôts, à la douane et à bien d’autres services. Il s’agit d’un constat qui s’étend dans des postes stratégiques de la haute administration, dans le commandement des armées , de la police. Même constat à la préfectoral où la majorité des préfets et sous préfets sont des << frères du village>>. Je ne parle même pas de la sociologie des ambassadeurs du Cameroun dans les pays étrangers qui sont majoritairement des << frères du village>>.Dans la seule ville de douala, plus de 50% des commandants de brigades territoriales de gendarmerie sont des <>. Mais qui oserait dire qu’a Yaoundé, 50% des brigades territoriales de gendarmerie sont des sawa, des anglophones, des Bassa ou des Toupouri ?

Tout ceci sans compter que quand un citoyen qui n’est pas du village est nommé à un post important, il est presque systématiquement secondé par des adjoints qui sont des <>

On peut multiplier ces exemples à l’infini.

Sur le découpage électorale qui est le premier étage des fraudes électorales au Cameroun, voici ce qu’ils ont fait de notre pays :
Le département de la Lekié dans le centre compte 5 députés pour 286050 habitants .
Alors que le département de la Mezam dans le Nord Ouest compte3 députés pour 524 127 habitants . Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autre et c’est une vérité irréfutable.

Tout ce que j’évoque dans ce post n’est qu’une petite photographie du tribalisme de monsieur Biya. Car dans les faits, la situation est plus tragiques que cela.

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Si vous n’êtes pas révoltés par ces faits de tribalisme, on est en droit de questionner votre santé mentale.

La haine tribale que nous observons aujourd’hui dans la société Camerounaise désormais divisée tire une partie importante de sa source dans les frustrations liées à la nature du régime Biya. Un régime foncièrement tribaliste. L’autre source de cette haine vient des tensions liées à la pauvreté qui est elle-même liée à l’incompétence du même régime incapable d’opérer les transformations structurelles dont notre économie à besoin pour se relever. Point besoin de rappeler ici que le solde de la balance commerciale du Cameroun est désespérément déficitaire depuis des années. C’est la preuve que nous sommes un pays paresseux qui consomme plus qu’il ne produit. Précisément , c’est la preuve que le Cameroun a à sa tête des gens qui ne sont pas à la hauteur de leur tâche. Des gens qui sombrent tout de suite dans la haine tribale quand on leur demande le bilan. Et qui sombre dans la violence et les arrestations arbitraires quand on questionne leur méthode.

Bien-sûr pour se défendre contre les accusations de tribalisme qui les suit partout, les partisans du régime essaient de dire que le régime est composé des gens de toutes tribus. Preuve qu’ils sont complètement ignorants de ce qu’est l’équilibre régional. Quoi qu’étant vidée de toute sa substance par Paul Biya lui-même et par les faucons tribalistes de son régime. Si sur 20 ambassadeurs, 10 sont des frères du village, cela s’appelle tribalisme même si les 10 autres ambassadeurs sont issus des autres ethnies du pays. Il ne suffit donc pas que toutes les ethnies soient representées . Ils doivent l’être dans des proportions logiques. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

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En clair, Paul Biya à une grande part de responsabilité dans la division de notre société et dans le tribalisme ambiant. La solution n’est ni de violenter les gens qui ne pensent pas comme vous, ni de les vouer aux gémonies. C’est un signe manifeste de faiblesse . Le plus fort n’est pas celui qui tient les armes. Le plus fort sera toujours celui qui défend les idées justes y compris face aux armes. C’est pour cela que Mandela avait réussi à faire tomber le puissant régime de l’apartheid. C’est pour cela que vous qui défendez l’injustice serez vaincus par ceux qui dénoncent l’injustice. Cela prendra le temps que cela voudra. Mais vous serez vaincus à coup sûr. Le Cameroun sera libre et démocratique.

Il y a un temps pour chaque chose. S’il y a eu un temps pour un chef de tribus. Il faut aussi un temps pour un chef de l’État rassembleur au Cameroun . Un chef de l’État qui comprendra qu’il n’a pas le monopole de l’amour de la patrie et qui saura céder sa place dans un esprit démocratique et par respect pour ses concitoyens. Un chef d’État pour qui les citoyens sont égaux. Un chef d’État qui aime son pays et toutes les tribus qui la composent.
Un chef d’État qui aime la démocratie, le débat contradictoire, l’État de droit et la République.

Raoul Patrick Nougoum
Yaoundé, 8 novembre 2020

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