ADIEU EDIMO : LA GAUCHE CAMEROUNAISE SE VIDE …

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La terre de nos ancêtres se refermera ce 02 Mars 2019, à Bagangté sur les hautes terres de l’Ouest Camerounais et ses paysages verdoyants, sur le Dr. Benjamin LEUNMI alias ‘EDIMO’- son nom de code dans la clandestinité – en présence de ses camarades de l’UPC-MANIDEM et de sa famille biologique.

EDIMO est décédé le 10 février dernier à Tönning, dans le Nord de l’Allemagne, à l’âge de 79 ans, des suites de maladie.

EDIMO était un militant de l’UPC des pères fondateurs du nationalisme Camerounais qui à peine sorti de l’adolescence, quitta son Cameroun natal à l’âge de 19 ans, pour fuir la répression féroce de l’armée coloniale Française et ses suppôts locaux qui s’abattait alors sur les nationalistes camerounais après l’interdiction de l’Union des Populations du Cameroun en 1955. Pour Edimo, comme pour beaucoup d’autres militants anticolonialistes de l’époque, commence alors l’errance d’un exil laborieux, qui le conduit dans de nombreux pays donc le Ghana, l’Algérie, la Pologne, l’Allemagne de l’Est, et l’Allemagne.

Je voudrais saluer la mémoire de l’Homme constant dans ses convictions et du méthodique pédagogue politique qu’était le Camarade EDIMO. Il était un vrai combattant de la liberté, un patriote inflexible dans ses convictions non négociables, un militant panafricaniste et anti-impérialiste radical, totalement convaincu que le développement du Cameroun et de l’Afrique passe par une lutte de libération totale contre les forces exogènes qui les exploitent et les dominent.

J’ai rencontré le camarade EDIMO en 2002 à Hambourg et j’ai mené avec lui à Hambourg, une activité politique intense à travers des conférences, expositions, manifestations de rues sur la situation politique du Cameroun et de l’Afrique. Je ne peux ne pas signaler que le camarade Edimo a participé au Forum International de Hambourg en Août 2003, qui a abouti à la naissance du Conseil National pour la Résistance – Mouvement Umnyobiste (CNR-MUN) et qui jeta les bases de la création du CODE les 09 et 10 décembre de la même année à Bruxelles.

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Dans les années 1990 quand la répression du régime néocolonial dictatorial de Biya s’abattait contre le Mouvement étudiant à Yaoundé, EDIMO au nom de L’UPC-MANIDEM, aida un de nous, leaders étudiant persécutés, à obtenir une bourse pour persécutés politiques, d’une fondation politique Allemande. Les autres dont, moi-même prenions la route la route de l’Ouest Africain dans le cadre de ‘l’Opération Exodus’. Mais là est une autre histoire…

Edimo était polyglotte, parlait plusieurs langues occidentales ; le Polonais, l’Anglais, le Français et le Russe. Parmi les langues camerounaises EDIMO parlait parfaitement le Medumba et le Douala. Il aimait le Makossa original.

Le Camarade LEUNMI rejoint la longue liste des nationalistes camerounais qui nous ont quittés ces dernières années ; Michel Ndoh, Samuel Mack-Kit, Abel Eyinga, Abanda Kpama, Kapet De Bana, Moukoko Priso dont la constance et la fidélité dans la lutte pour la libération nationale et contre le néocolonialisme gouvernant, n’ont jamais fait l’objet de concessions. Aucune concession !

Que leurs âmes reposent en paix et que leurs exemples servent de repères à la jeunesse camerounaise d’aujourd’hui dans les combats actuels et de demain.

HONNEURS ET GLOIRE À CEUX QUI LUTTENT !
A Bas l’impérialisme et ses suppôts locaux
Mort aux dictateurs et leurs complices !

Hambourg, ce 02 Mars 2019
Tene SOP, SG du Mouvement Umnyobiste

LE PARCOURS DE EDIMO EN BREF….

Kamerunais né le 22 Décembre 1940 à N’Lohé Cameroun.

1946-1953: Ecole missionnaire à N’Lohé, Loum et Ndoungé
1953-1959: Lycée à Yaoundé et Douala
1959: Fuite vers le Ghana en passant par le Nigeria et le Togo.
1960 – 1963: Formation en tant que mécanicien de radio à Radeberg (Allemagne de l’Est)

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1963-1965: Etude de Mathématiques à l’université de Berlin Ouest

1965- 1969: diplôme d’étude en langue polonaise à Lodź – Pologne ensuite études de Droits avec un Magister artium

1969-1972: divers stages pratiques en criminologie et statistiques: délinquance juvenile au ministère de la justice à Varsovie, Cracovie et Posen; études de planification en économie à la faculté des statistiques à Varsovie, avec obtention d’un diplôme fin d’études

Fin 1972: Début des études en criminologie et sciences sociales à l’université de Hambourg (avec option en Doctorat)

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1976: Doctorat en droit et criminologie à la faculté des sciences juridiques de l’université de Hambourg

1976 – 1981: Chercheur en criminologie à la Sorbonne et Interpole en France, à l’université d’Amsterdam et Leiden en Hollande
1982: Fondateur de l’association: Kamerun Komitée avec focus l’aide aux réfugiés politiques Kamerunais et demandeur d’asile et campagne d’information sur la politique et les droits de l’homme au Kamerun

1985: Fondation de l’Association Union Africaine de Hambourg

1986-1992: Coordinateur de plusieurs projets littéraires avec plusieurs écrivains africains (Ngugui Wa Thiong’o (Kenia), Buchi Emecheta (Nigeria) Ana Aida Aidou (Ghana) René Philombe (Kamerun), Célestin Monga (Kamerun)

Jusqu’en 1993: Chargé des cours à l’institut de formation des enseignants à Hambourg et représentant permanant des travailleurs africains auprès de l’organisme allemand en charge des travailleurs, de la santé et des services sociaux.

Jusqu’en 2005 enseignant à la faculté des sciences économiques et sociales de l’université des sciences appliquées à Hambourg

ADIEU EDIMO!

QUE UM, MOUMIE, OUANDIE, NTUMAZAH, NDOH MICHEL, KAPET DE BANA et les autres t’acceuillent parmi eux.

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