QUELQUES RAPPELS UTILES SUR LE STATUT DE LA PROFESSION D’AVOCAT AUX AUTORITÉS ADMINISTRATIVES CAMEROUNAISES
1- Le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats a pour seul interlocuteur dans l’administration publique, en ce qui concerne la discipline des Avocats ou de leurs activités, le Ministre de la Justice à travers les parquets généraux.
Ainsi, il ne revient pas au Ministre de l’administration territoriale, ou à une quelconque autre autorité administrative de s’adresser directement à l’Ordre des Avocats pour demander de rappeler à l’ordre ,des Avocats supposés violer la loi, leurs règles déontologiques ou professionnelles.
2- Il ne revient pas au Ministre de l’administration territoriale ou à tout autre autorité administrative de communiquer sur les activités judiciaires, dès que des infractions à la loi pénale sont invoquées ou que des enquêtes et autres procédures judiciaires sont enclenchées,même en présence des faits supposés commis dans le cadre électoral.
Il s’agit de la protection du sacro- saint principe de la séparation des pouvoirs.
3- Contrairement aux déclarations du Ministre de l’administration territoriale confinant la parole des Avocats aux salles d’audience, les Avocats sont plutôt autorisés à intervenir hors prétoires, sur les sujets et affaires publiques par une résolution de l’ONU portant sur les Principes de base relatifs au rôle du barreau adopté à HAVANE le 07 septembre 1990 :
“Les avocats, comme tous les autres citoyens, doivent jouir de la liberté d’expression, de croyance, d’association et de réunion. En particulier, ils ont le droit de prendre part à des discussions publiques portant sur le droit, l’administration de la justice et la promotion et la protection des droits de l’homme.”
Maître Christian Ntimbane Bomo
Avocat
Président Exécutif du Parti Politique HERITAGE.