Gertrude Ekane, la sœur d’Anicet Ekane affirme : Gardez le corps ! La famille ne veut pas ça ! Ils ont gagné, ils ont voulu voir Anicet Ekane mort. Restez avec ça, on ne fait rien avec !
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J’implorais récemment un rapprochement concret , une synergie d’action assumé entre le président Tchiroma et le président Kamto, parce que l’un et l’autre portent en eux un fragment de l’héritage politique qu’Anicet Ekanè a tenté de bâtir. Aujourd’hui, ce rapprochement n’est plus un souhait. C’est une obligation morale. Une discipline intérieure. Un devoir envers un homme tombé sous les coups d’un système qui n’a plus aucune limite.
Oui, des villes mortes sont en cours sur le territoire. C’est un signal. Mais ce signal ne suffit plus. Pas face à un assassinat politique. Pas face à l’effacement programmé de ceux qui se lèvent pour la vérité. Il faut désormais des marches. Il faut des blocus. Il faut une présence physique, organisée, déterminée, dans les rues et sur les places. Un peuple ne se libère pas en chuchotant.
On dit souvent que le peuple camerounais est amorphe. Ce n’est pas forcément vrai. C’est un un peuple qui manque cruellement de culture citoyenne, parfois d’empathie, mais c’est surtout un peuple orphelin de mot d’ordre et on doit savoir composer avec cette variable et non se résigner et à battre sur eux (surtout le sudiste francophone) , cela serait contreproductif et la n’est de toute les façons pas la colonne vertébrale de cette tribune , j’étais de disance que le peuple camerounais est un peuple qui attend qu’une voix qu’il respecte brise le silence. Qu’une figure paternelle, presque christique, assume la responsabilité de dire : « C’est maintenant. »
Alors j’interpelle ici, avec respect mais fermeté, le président Kamto et le président Tchiroma. Vous avez la légitimité. Vous avez l’écoute. Vous avez, chacun à votre manière, travaillé avec Anicet Ekanè. Ne laissez pas sa mort rejoindre la longue liste de tragédies sans conséquences. Ne laissez pas ce régime transformer le deuil en résignation.
Mettez sur pied un programme clair de résistance. Donnez un mot d’ordre national. Que les Camerounais qui veulent marcher puissent marcher. Que ceux qui veulent bloquer puissent bloquer. Que chaque ville qui se sent concernée trouve enfin une direction commune.
Pas demain. Pas après-demain. Maintenant !.
Parce que chaque minute de tergiversations supplémentaire et / ou de realpolitik , appeler cela comme vous voulez, est une victoire pour ses assassins. Et une trahison pour sa mémoire.
Julie Foka