MON PASSAGE A DSCHANG, APRES LE TRIBUNAL MILITAIRE DE BAFOUSSAM. MON QUATRIEME PERIPLE.
Après la Prison de Bafoussam, je me suis rendu au Tribunal Militaire de ladite ville, où j’escomptais rencontrer les juges d’instruction qui ont décerné des mandats de détention provisoire de 06 mois contre « mes clients » et évoquer éventuellement les conditions de leur libération. Malheureusement je les ai trouvés en pleine réunion et par c’est par un coup de chance, qu’un membre du secrétariat est sorti fortuitement et à reçu mes lettres de constitution contre décharges, au Secrétariat de Monsieur le Président dudit Tribunal.
Dans les entrefaites je reçois un coup de fil d’une très haute autorité traditionnelle du Groupement FONA, qui m’informe sous anonymat, de ce que l’un de ses fils s’était rendu à Dschang accompagner un hôte venu rendre visite et avait été arrêté, et qu’il est en séjour à la Prison de Dschang avec un compagnon d’infortune. Je m’ébranle donc vers la ville de Dschang.
1- Les agents du poste de police me vont venir Monsieur MELIMETA Stève Zidane qui me déclare :
« Je me nomme MELIMETA Stève Zidane. Je suis né le 15 Novembre 2007 dont demain, j’aurai 19 ans. Je suis élève en classe de Terminal IS au Collège Albert Camus.
Le 15 Octobre 2025, étant au village FONA, j’ai été appelé par mon oncle qui m’a demandé d’accompagner à Dschang, un ami qui est venu lui rendre visite, avec sa moto. Je l’aide souvent à conduire sa moto. Je l’ai bien déposé au fond de la ville. De retour, au niveau de la station TOTAL au « RONDO » (il s’agit du lieudit ancienne gare routière de Dschang), j’ai été interpellé par les gendarmes à qui j’ai dit que je viens de laisser quelqu’un et que je suis entrain de retourner au village où j’habite. Ils ne m’ont pas cru. C’est ainsi qu’ils m’ont porté brutalement avec la moto et jeté dans le Pick-Up. Ils m’ont amené à la Brigade de recherche de Gendarmerie de Dschang où j’ai été gardé à vue jusqu’au 24 octobre 2025. Par la suite nous avons été conduits à la Légion de Gendarmerie de l’Ouest à Bafoussam et delà on nous a retournés et mis en prison ici. Depuis nous sommes là on ne me dit rien. Ni l’école ni personne ne sont venus nous soutenir. Nous nous séparons là, à charge pour de faire venir son nouvel ami qu’il s’est fait.
2- Je m’appelle TCHATCHOU KENFACK Raoul. J’ai été arrêté le 15 octobre 2025 aux environs de 20 heures 30 minutes à l’entrée du Collège MENOUA ESPOIR où je fréquente. Je suis en 4ème année. Je m’étais rendu derrière l’établissement emprunter un livre à un ami pour faire un exercice (c’est avec beaucoup de nostalgie que l’entend prononcer le nom ce collège où j’ai obtenu mon probatoire et mon Bac vers les années 90. Hé Dieu). Des gendarmes à bord d’un Pick-Up, en provenance de Bafoussam, m’ont aperçu. La voiture s’est arrêtée. Ils étaient très nerveux. Ils m’ont juste demandé : « Vous faites quoi dehors ? ». A peine je voulais répondre qu’ils se sont mis à me tabasser et jeté dans le Pick-Up. Je me suis retrouvé à la Gendarmerie où j’ai retrouvé Stève. Depuis lors j’ai seulement reçu la visite de ma mère. Mon père est dans la même ville et il n’est jamais venu me chercher. La suite du récit est identique à celle de MELIMETA Stève Zidane.
C’est après ce dernier périple que j’ai quitté la ville de Dschang tard en soirée d’hier, déjà un peu édifié sur les conditions d’arrestation, de garde à vue, et de traitement de nos compatriotes jusqu’à leur détention dans différentes prisons que j’ai visitées.
Affaires, à suivre…
Tout au long de mon voyage je me suis posé la question de savoir comment la jeunesse d’un coin, surtout des élèves que j’ai rencontrés de part et d’autre, peuvent être autant abandonnée ? Ça ne se voit nulle part ailleurs. Dans d’autres ailleurs, j’ai oui dire que « les jeunes se sont fâchés ». et les élites sont venues les calmer.
Maître Fabien Kengne, 14 novembre 2025