Cameroun, brutalisme d’Etat: La douce claque du Prof. Achille Mbembe au ministre Famé Ndongo

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Camerounn, violence d’Etat: La douce claque du Prof. Achille Mbembe au mininistre Jacques Famé Ndongo

Alors que par la sortie publiée ci-contre en image, Jacques Fame Ndongo, le chef propagandiste du régime Biya, a entendu réagir à La Tribune du professeur Achille Mbembe intitulé  » LA COMMUNAUTÉ DES CAPTIFS », une dénonciation en règle de l’Etat brutal du Cameroun, l’auteur de « Brutalisme » renvoie par le texte ci-dessus notre ministre des universités à son ennui. AGA vous propose cette tribune toute en finesse qui invite M. Le Minesup à mieux s’occuper des Camerounais qui le paient, le nourrissent et le blanchissent du 1er janvier au 31 décembre de chaque année. Une douce claque quoi!

Alex Gustave Azebaze

NOUVELLES BRÈVES

La note d’hier concernant la condition des « captifs » (prisonniers d’opinion) au Cameroun a provoqué une réponse politique de la part de l’un des porte-paroles du parti au pouvoir, le Professeur Fame NDONGO. La réponse, malheureusement, traite de tout sauf du sujet que j’ai soulevé. Les mois d’octobre et novembre seront extrêmement remplis. Plusieurs interventions sont prévues. Le séminaire annuel pour l’European Graduate School est en cours.

Cette année, l’enseignement porte sur le thème: LIFE FUTURES.Cette réflexion servira également de base au Presidential Lecture que je dois prononcer dans quelques semaines à l’université de Stanford.

Un mega-webinar se tiendra le 22 octobre à Oslo à l’occasion de la parution en anglais de OUT OF THE DARK NIGHT. La cérémonie de remise d’un doctorat honoris causa à l’université de Paris-Creteil a été reportée.

Le gouvernement sud-africain a en effet mis la France sur la liste des 57 pays qu’il nous est interdit de visiter pour cause de pandémie.

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Le debat à l’occasion dela parution de l’ouvrage de Ian Baucom, HISTORY 4, aura lieu à Duke University le 23 octobre à Durham.

Auparavant, l’on prendra part à la conférence sur HEGEL à Varsovie, puis à un débat sur les droits de la nature organisé par le Groupe des Verts à l’Union Européenne.

Le symposium sur POST-DEVELOPMENT & DECOLONIAL PERSPECTIVES se tiendra a Anvers dans les prochains jours.Je reviendrai sur la question des « captifs » au Cameroun dans les semaines qui viennent.(é)

Achille Mbembe

Le 1er texte de Prof Mbembe qui vaut cette réaction de Prof Fame Ndongo

LA COMMUNAUTE DES CAPTIFS

Par Achille Mbembe (06/10/2020

)Alors que partout ailleurs il semble évoluer à une vitesse accélérée, le temps s’est littéralement arrêté au Cameroun.Inventé il n’y a pas longtemps par les Allemands, puis administré pendant près d’une quarantaine d’années par les Français et les Anglais, cette contrée d’une richesse insondable est tombée sous la coupe de tyrans locaux depuis 1958. Depuis à peu près 40 ans, elle est systématiquement mise à sac par un vieux satrape, grabataire qu’entoure une armée de sicaires et de brigands. Pendant ce temps, le peuple, frappé d’ankylose, se vautre dans la boue et se gave de sa propre bêtise et de sa lâcheté.

Tournant le dos à la dignité, il a opté pour le tribalisme. Il attend que que quelqu’un vienne le sauver à sa place. Fausse conscience? Calcul intéressé? Bienheureux celui ou celle qui pourra déchiffrer l’énigme et démonter les ressorts de cette monstrueuse abdication.Comme plusieurs autres, » j’en ai marre » et souhaiterais être loin de tout cela. De cette spirale démoniaque. Très loin de la puanteur. Ecrire mes livres. Apporter ma petite contribution à l’éveil de l’Afrique là où celle-ci est sollicitée. Vivre ma petite vie avant de m’eclipser à mon tour, comme tous ceux et toutes celles qui sont parties avant nous. Mais non, depuis deux ans le Cameroun a refusé de renouveler mon passeport camerounais, mais le Cameroun ne me lâche pas. Il cherche à me déchoir de ma citoyenneté, me suit partout et me colle sur la peau comme une part damnée.

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Ce matin encore, comme cela arrive de plus en plus régulièrement, je reçois un autre appel d’un autre prisonnier détenu sans procès dans les geôles d’un régime sous lequel la prison est devenue une condition. Et chaque citoyen africain un captif potentiel. Je ne suis ni un militant, ni un activiste. J’ai consacré tout un chapitre de BRUTALISME (La communauté des captifs) à tous les prisonniers camerounais qui, depuis quelques années, frappent régulièrement à ma porte, je ne sais pourquoi.

Et ils sont très nombreux. De plus en plus nombreux. Un seul individu ne peut pas s’occuper de toutes ces causes. Elles ne sont pas individuelles. Elles sont politiques. Dans tous les mouvements de résistance, le passage par la prison a toujours été un moment-clé du « cycle initiatique » qui mène à la libération. Encore faut-il qu’une communauté se forme et prenne en charge le fait de la captivité comme un element décisif de la dynamique de libération.Aux Camerounais et aux Camerounaises de bonne volonté, je voudrais donc poser une seule question. Est-il possible de faire corps et d’initier, ensemble, un vaste mouvement international, dont l’objectif serait de braquer toute la lumière du monde sur le sort des captifs de notre peuple?

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