Dans les faits, tout le monde sait que le Cameroun ne peut pas organiser la CAN de 2021,tout au plus peut-il espérer celle de 2025.

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Dans les faits, tout le monde sait que le Cameroun ne peut pas organiser la CAN de 2021, ni celle de 2023 qui ont déjà fait l’objet d’attribution. Tout au plus peut-il espérer celle de 2025.

Différé au Cameroun de la CAN 2019 – L’économiste statisticien camerounais Dieudonné Essomba fait le diagnostic et dégage pour le politique la prospective : Il n’y a aucun COMPLOT contre le Cameroun, ou plus exactement, les complots apparaissent davantage comme des maladies opportunistes alimentées par un corps déjà affecté par le SIDA.

Et l’économiste de poursuivre et je le cite :  » Au lieu de s’entourer des gens qui l’aident dans son travail, le Président Biya s’est entouré d’adorateurs !

La conséquence ? Un programme d’investissement incohérent et improductif, constitué essentiellement de demi-réalisations qui essaiment le Cameroun ! Tout est entamé et rien n’est finalisé ! Un programme économique manchot, avec des investissements impossibles à valoriser et qui sont devenus de nouvelles sources de dépenses et non des sources de revenus!

En 2014 justement, le Chef de l’Etat tente de redresser la barre à travers un programme de rattrapage appelé Plan d’Urgence. Et c’est précisément à ce moment que surgit cette histoire de la CAN qui vient ajouter une contrainte supplémentaire à un système déjà trop contraint !

La CAN est un événement particulier circonscrit dans le temps. Vous ne pouvez pas renvoyer un aspect, ce qui créait objectivement une compétition sur les ressources déjà rationnées avec le Plan d’Urgence. Il était donc naturel qu’on retarde un peu les travaux de la CAN dont l’échéance était encore de 5 ans. Et on perdra ainsi deux ans, avant que le Gouvernement prenne brutalement conscience que le temps passe.

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Et cette prise de conscience se fera dans des conditions pires ! Les mauvais signes économiques se font sentir, avec une dette qui commence à inquiéter, sans compter l’épuisement des réserves de change entretenu par un déficit courant abyssal.

La route qui mène au stade de JAPOMA.Entre rails YASSA et rond point JAPOMA, Décembre 2018

Bien plus, les dépenses sécuritaires explosent. Le Cameroun combattait BOKLO HARAM, mais celui-ci nous est pratiquement imposé et nous pouvons compter sur un puissant appui international. Du reste, sa nuisance a été considérablement amoindrie.

Malheureusement, il y a pire : la Sécession Anglophone, problème politico-militaire intérieur, pour lequel nous n’attendons aucune aide de l’extérieur et qui saigne le Trésor Public à blanc.

De toute façon, nous n’étions pas en condition d’organiser la CAN en 2019 et des gens avisés auraient dû saisir la perche tendue depuis un an, où on demandait au Cameroun de proposer lui-même le renvoi pour 2021 ou 2023.

Ce retrait apparaît donc comme la conséquence logique de choix mal éclairés, une démarche davantage fondé sur des certitudes acquises et la foi que sur l’analyse et la raison, une logique de la flagornerie où des gens sont incapables de dire au Chef de l’Etat que tout n’est pas possible par la simple parole.

Il n’y a aucun complot contre le Cameroun, ou plus exactement, les complots apparaissent davantage comme des maladies opportunistes alimentées par un corps déjà affecté par le SIDA.

Mais plus fondamentalement, ce retrait est une alerte. Et si de véritables mesures ne sont pas prises dès maintenant, les conséquences de cette gouvernance vont nous exploser en pleine figure dans les deux années qui suivent, car, comme je l’ai toujours annoncé, voici ce qui va très probablement se passer :

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-le CFA CEMAC sera effectivement dévalué et dans des proportions considérables ;

-le Cameroun connaîtra une importante baisse des salaires et une compression des effectifs de l’Administration Publique.

Ces événements sont pratiquement inéluctables. A moins que le Président Biya, qui tient maintenant le stylo pour faire son remaniement, aie le courage de se débarrasser de ses adorateurs pour les remplacer par des gens qui veulent vraiment l‘aider.

En aura-t-il le courage ?

Telle est la question !  »

Dieudonné Essomba

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