Lindjuom Mbowou: Il faut défendre Maurice Kamto

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Les Hommes se découvrent aussi à la faveur des circonstances et l’histoire ne fait de grands bonds que s’ils s’en trouvent capables de s’élever à la hauteur des causes et du sens qu’impose l’évènement. Quel est l’évènement aujourd’hui? LE DISCOURS DU 08 OCTOBRE. Celui du Pr KAMTO. Discours qui a transformé ce qui pouvait n’être qu’un banal cirque électoral en évènement fondateur de l’ouverture de la transition pour une nouvelle République. A partir de ce discours, rien ne sera plus comme avant.

A travers lui se noue désormais l’espérance démocratique de tant de générations. Cette image où l’on voit M. KAMTO, entouré de M. MUNA et de M.EKOKA, prendre la parole pour revendiquer le vote du peuple deviendra sans aucun doute un monument dans la part glorieuse de notre archive commune. Ces hommes ont réussi le pari de transformer un cirque électoral où des figurants comme par le passé ont été multipliés, en moment de vérité !

A l’instant de ce discours, Maurice KAMTO a incarné le meilleur de cette nation ! Ces hommes sont devenus, les meilleurs et les plus courageux d’une génération qui ous a habitués à ne montrer face au pouvoir que soumission, opportunisme, trahison et lâcheté.

A l’instant de ce discours j’ai cessé de voir en lui, le politicien hésitant et calculateur, l’avocat des palais ou le juriste étroitement positiviste, l’idéologue timoré ou le chef de parti à la camerounaise. A cet instant, sa présidentialité s’est matérialisée. L’image de ces hommes coalisées, et les mots qu’il a prononcés, d’une voix forte et sereine ne peuvent plus être effacés des mémoires.

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Maurice KAMTO est devenu un homme d’Etat ! Il est devenu le prince qui peut tenir le glaive de cette République vacillante. Le démocrate que je suis n’a certes pas la fascination des grands hommes, mais la passion des grands peuples. Pour tout dire, je me méfie de l’esprit de religion et de fanatisme prompt à deviner le messie sous les apparats du premier illusionniste venu.

Ce que j’affirme c’est qu’il faut pour qu’un peuple accède à la grandeur, qu’il y’ait en son sein des femmes et des hommes capables de devenir grand.e.s ! Grandes et grands par leur désir de rechercher la hauteur de l’Histoire. Quelle est justement la grande cause aujourd’hui ? C’est la reconnaissance de la voix d’un peuple ! Peuple dont la voix, l’authentique voix s’imposerait enfin. Une voix échappant à l’insignifiance politique dans laquelle elle est confinée depuis le traumatisme des moments de fondation de cette Nation.

Autant que toute vérité a besoin de s’incarner dans des destinées individuelles pour exister, aujourd’hui, et je dis bien aujourd’hui, cet homme est celui qui se confond à cette cause. Défendre cette cause c’est défendre cet homme !

Et défendre cet homme c’est défendre cette cause ! Il est devenu le cavalier aux côtés duquel il faut se tenir tant qu’il ne tombera pas du cheval sur lequel sa parole et son courage et celui de ses soutiens l’ont hissé.

Seuls donc les ennemis de cette cause et quelques niais pourraient s’en prendre à lui. C’est pourquoi c’est aussi un moment de vérité et un moment de clarification. J’entends bien la rumeur de tous les lâches, de tous les mesquins et idéologues ombrageux et de quelques naïfs, qui tentent de flétrir cet homme, l’homme de cette cause. Ils s’improvisent pour les uns en doctes légalistes et pour les autres en éventreurs d’imaginaires conspirations.

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Pétitions de légalisme amusant face à un régime qui n’a jamais cessé de s’appuyer sur les lois et la force pour piétiner le droit et confisquer la souveraineté. De telles contradictions, parfois émanant de beaux esprits, sont sans doute à psychanalyser. Il y a manifestement là quelque chose du procès en origine qu’on n’ose pas s’avouer parfois en usant de jongleries rhétoriques. Voilà l’autre part maudite de l’âme de notre Nation ! Une autre, dont il va nous falloir guérir. Il faut que ça s’arrête ! On peut être sommé de payer pour ses paroles et ses actes. Mais nul ne doit payer pour son nom !

Justement, n’allez pas sournoisement chercher d’où je viens, de quelle origine je parle, en vous référant aux accents de mon propre nom. Ce ne sont pas nos origines qui font nos idées. Ce sont nos idées qui font ce que nous faisons de la question des origines.

Je n’ai jamais su être que camerounais. Je n’ai jamais essayé que de n’être que camerounais. Ce nom d’identité qu’il faut mériter parce qu’il peut être le seul qui mêle à la fois mille histoires du monde. On peut ne pas aimer Maurice KAMTO. Mais face à la souffrance de ce peuple, il n’y a aucune raison légitime pour ne pas honorer et défendre LE DISCOURS DU 08 OCTOBRE.

Concluons sur un petit exercice d’auto-analyse à l’usage de toutes et tous :Vous qui dites ne pas être d’accord avec cet homme, demandez-vous si c’est le camerounais en vous qui parle ou la bête programmée pour haïr le nom qu’il porte. Et vous qui dites défendre LE DISCOURS DU 08 OCTOBRE demandez-vous si vous méritez cet honneur en ne le défendant qu’avec la passion de ce nom et de cette grande et belle utopie de communauté multiple : Cameroun.

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Il faut défendre la démocratie ! Il faut défendre KAMTO ! Il faut défendre le Cameroun!

Politiste et chercheur rattaché à la Sorbonne et à Duke University

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