Echos médiatiaque de la crise à l’UdM:Quand un temple scientifique devient un sujet de littérature

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Comme une muse perchée sur les hauteurs de Banékané, l’Université des Montagnes est devenue une source intarissable d’inspiration. Elle a suscité des vocations de pamphlétaires, parfois de circonstance. Chacun d’eux est allé de sa tonalité, de son style et de son canal pour dire sa part de vérité sur la crise au sein de cette grande institution. Lecture kaléidoscopique d’une littérature d’un genre particulier.

Création et créateurs de L’université des Montagnes
Pr. Lazare Kaptué :
« Jusqu’en 2000, seul le Centre universitaire des sciences de la santé de Yaoundé était habilité à former des médecins. Et, pour devenir pharmacien ou chirurgien-dentiste, il fallait s’expatrier. Des membres de la société civile issus de différents milieux professionnels et réunis au sein de l’Association pour l’éducation et le développement ont voulu pallier ce manque de cursus médicaux en permettant aux étudiants les plus modestes, incapables d’aller à l’étranger, de bénéficier de cours sur place, dans les hauts plateaux de l’Ouest camerounais.
Dix-sept ans plus tard, nous avons formé pas moins de 1 600 médecins et autres personnels médico-sanitaires, ainsi que des ingénieurs. Nul ne peut nier que nous ayons contribué à enrichir l’offre et à améliorer la couverture sanitaire, dans un pays qui compte un médecin pour 10 000 à 15 000 personnes. Si l’UdM n’existait pas, il faudrait la créer ». (Jeune Afrique, Clarisse Juompan-Yakam, février 2017).

Pr. Ambroise Kom : « Au vu du chaos qui régnait alors sur le campus de l’Université de Yaoundé, je proposai de créer une université et de la faire fonctionner correctement. L’histoire de l’université privée nord-américaine m’avait appris qu’il suffisait d’être un tant soit peu stratège et de faire preuve d’abnégation, un peu à l’instar de l’Université Catholique d’Afrique Centrale que l’église catholique venait de créer à Nkolbisson avec la collaboration de quelques juristes locaux que nous connaissions bien. Comme on peut s’en douter, seule une poignée de personnes comprennent l’histoire desdites universités et les enjeux en cours, mais la seule idée d’être associé à un défi d’une envergure pareille était on ne peut plus fascinant. Evidemment, l’enthousiasme affiché par les uns et les autres m’empêcha de soupçonner les participants de nourrir des arrière-pensées. […] Une fois le consensus de la création d’une association pour porter l’université, il s’agissait d’affiner le concept, de réunir les personnes susceptibles d’administrer la structure en gestation et faire vivre les filières à créer. Plusieurs noms de professionnels des universités furent suggérés. C’est bel et bien à ce stade que surgit le nom du Professeur Lazare Kaptué qu’on invitera par la suite pour mettre en place la filière des Sciences de la santé ».

Ambroise Kom, Pour solde de tout compte, Pp 83-90
Ouverture de l’Institut d’études africaines

Pr. Lazare Kaptué : « Je m’étais engagé à mettre sur pied l’ISSS, l’ISST ainsi que le centre hospitalier universitaire. M. Ambroise Kom quant à lui, Professeur de lettres de son état (littérature africaine) devait à juste titre, s’occuper de l’Institut des Etudes Africaines et des Langues.
A mon niveau, j’avais tout mis en œuvre avec le concours de mes nombreux amis et relations pour démarrer l’Institut Supérieur des Sciences de la Santé en 2000 par les filières médicine et pharmacie. Les filières odonto-stomatologique et vétérinaire ont suivi en 2008, puis les Sciences médico-sanitaires en 2010.
En 2001, j’avais fait démarrer l’Institut Supérieur des Sciences et de Technologie par les filières Réseaux et Télécommunication, Informatique et Réseaux, Instrumentation et Maintenance Biomédicale.
A ce jour, les deux instituts ont mis sur le marché de l’emploi 1088 diplômés soit :
– 472 docteurs en médecine
– 148 docteurs en pharmacie ;
– 23 docteurs en médecine vétérinaire ;
– 25 docteurs en odonto-stomatologie ;
– 63 diplômés en Sciences Médico-Sanitaires.
– 357 licenciés en technologie»

 

Pr. Ambroise Kom
«Si l’UDM a commencé par la médecine et a été perçue par le public comme étant essentiellement une école de formation dans les filières médicales, c’est bien parce qu’à ce stade, le groupe s’orienta vers le Professeur Lazare Kaptué, enseignant de médecine qui, parce qu’étant encore en activité au sein de la fonction publique, dénicha un collège pour porter dans les fonts baptismaux le projet de la Faculté des sciences de la Santé. […] Nous en vînmes ainsi à suggérer la création d’un Institut d’Etudes africaines dont le rôle se limiterait à dispenser des cours d’études africaines aux étudiants de chaque filière. Pareil institut pouvait également se positionner comme point d’appui de l’animation culturelle du campus, en attendant éventuellement de se positionner pour offrir des formations diplômantes avec forte valeur ajoutée, à l’instar de l’Université Senghor à Alexandrie (Egypte) », Ambroise Kom, pp. 89-90

Mobilisation des partenaires et donateurs
Pr. Lazare Kaptué
« S’il fallait attendre M. Ambroise Kom, l’UdM n’aurait pas encore ouvert ses portes à ce jour. Il ne peut donc prétendre que c’est lui qui faisait venir les enseignants à l’UdM ».

Pr. Lazare Kaptué et Pr. Amroise Kom

Pr. Ambroise Kom: « Au cours de ma mission d’enseignement de moyenne durée à l’université de Hambourd (RFA), j’avais travaillé avec un petit groupe d’étudiants camerounais qui avait, sous la houlette de Paulin Denis Kamga, collecté et rempli un container entier d’équipements pédagogiques nécessaires au démarrage des activités d’enseignement à Bangangté. […] Il serait fastidieux de passer en revue toutes les démarches entreprises au sein de la diapora pendant la quinzaine d’années que j’ai passé aux USA ».

L’affaire des containers
Pr. Lazare Kaptué : « Ma commune est en partenariat avec la Mairie de Chamonix Mont blanc et non la Mairie de Chambery comme annoncé dans le journal Ouest Littoral. En effet, notre partenaire avait envoyé du matériel pour ma commune et j’avais demandé et obtenu l’autorisation du bureau exécutif de l’AED pour que ce matériel soit mis dans l’un de ses containers. Je ne l’avais pas fait en cachette ! De la même manière, j’avais demandé et obtenu de transporter du matériel pour le Lycée Technique de Bafoussam, apportant comme toujours ma contribution au développement de mon pays. Par conséquent, ce n’était pas mes effets personnels et je ne l’avais pas fait clandestinement.
Notez bien que ce qui est reproché à M. Ambroise Kom, c’est d’avoir fait transporter clandestinement des tonnes et des tonnes de matériels de construction dans plusieurs containers successifs, année après année aux frais de l’UdM.
Ce matériel était-il pour son usage personnel ou pour une quincaillerie ? Lui seul peut répondre à cette question ».

Pr. Inocent Futcha: « Il convient d’entrée de jeu de préciser que l’affaire des containers est vieille de plus de cinq ans. Il a donc fallu qu’un connaisseur des archives aille fouiller pour dénicher les documents y afférents. Il y a cinq ans, le Pr. Kom vivait et travaillait aux Etats-Unis d’Amérique. Seules les personnes qui géraient l’UdM à cette époque à divers niveaux pouvaient autoriser le transport des effets personnels dans les containers de l’institution. Seules ces personnes avaient la responsabilité de faire payer les frais afférents par les propriétaires concernés. Il est aujourd’hui établi que plusieurs personnes ont fait transporter leurs effets personnels dans les containers de l’UdM sans payer de frais et sans pour autant avoir été sanctionnées. Le président de la commission chargé du dossier des containers a déclaré au cours d’une réunion du CO que si la commission avait régulièrement siégé, il aurait proposé qu’une facture soit servie au Pr. Kom. Pourquoi cette proposition a-t-elle été rejetée ? J’ai la réponse à la question. Elle a été rejetée parce que récupérer les fonds dépensés par l’UdM n’est pas l’objectif des comploteurs, mais plutôt la suppression d’un gêneur ».

Morceaux choisis par
Olivier Atemsing Ndenkop

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