Sans nouvelles du rappeur camerounais Valsero

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L’un des rappeurs les plus engagés du Cameroun a été arrêté samedi dernier lors d’une manifestation de l’opposition.
On est sans nouvelles depuis samedi du Général Valsero, le rappeur qui depuis plus de dix ans dénonce les turpitudes du régime sans fin de Paul Biya, à la tête du Cameroun depuis 36 ans. C’est aussi une des voix de la jeunesse, dont il rappelle à l’envi qu’elle est ultra-majoritaire dans le pays, mais jamais écoutée. Samedi dernier, il était sorti avec les partisans du MRC (mouvement pour la Renaissance du Cameroun) pour dénoncer les résultats de l’élection présidentielle d’octobre dernier.

Le même jour, des hommes se réclamant du chef de file du MRC, Maurice Kamto, saccageaient les ambassades du Cameroun à Paris et à Berlin.
A Yaoundé (et dans d’autres villes du pays), la police interpelle Maurice Kamto et plus d’une centaine de personnes, dont Valsero. Les circonstances de son interpellation restent cependant confuses, puisque d’après une connaissance qui était avec lui, il n’étais pas en train de marcher.

Fin décembre, le rappeur était passé à deux doigts d’une arrestation après qu’une députée du parti présidentiel (RDPC) ait fait interrompre son concert lors du festival Douala hip-hop. Non-violent, mais toujours conscient, Valsero a le verbe tranchant.
Récemment encore, il sortait le titre « Zombie », non sans référence à Fela. Mais quand Fela désignait par zombies les militaires qui obéissent aveuglément aux ordres, Valsero lui dénonce la zombification du peuple que les dirigeants ont rendu capable de tout accepter, y compris l’inacceptable.

Le festival Africolor où il s’était produit en 2016 aux côtés de Lexxus Legal (RDC), Kajeem (Côte d’Ivoire) et Sams’K le Jah (Burkina Faso) a publié un communiqué pour demander sa libération, tout comme ses compatriotes Krotal et Blick Bassy, ou encore Soum Bill de Côte d’Ivoire. Jeudi 31/01 au soir, alors que nous mettons à jour cet article, il était toujours en détention administrative au GSO (groupement spécial opérationnel) de Yaoundé où il a été ce interrogé une seconde fois, cette fois-ci en présence d’un avocat.

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Vladimir Cagnolari –

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