Abdelaziz Moundé Njimbam à Kamto : « Je serai donc aux cotés de tous ceux qui se donneront la main pour vous rendre votre liberté »

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Abdelaziz Moundé Njimbam
Cameroun Abdelaziz Moundé Arrestation de Maurice

CHER MAURICE KAMTO,

CHERS COMPATRIOTES PRIS DANS LA NASSE DE L’ARBITRAIRE !


Vous savez très bien ce que je pense, nos divergences de vues, les points d’accord. Il n’est donc pas nécessaire que nous soyons de la même famille de pensée pour se lever et dire NON quand triomphe l’arbitraire !

Chaque fois qu’un Camerounais et un Africain, du pouvoir ou non, opposé à mes vues ou cousin de mes orientations politiques, citoyennes ou panafricanistes est victime de l’arbitraire, de l’absurde, de la férule héritée de Messmer, Aujoulat et autres maitres coloniaux, je me lève et marche.

Je me dresse et tonitrue. Je n’ai pas toute l’énergie, diminué par une grande fatigue, mais je serai à vos côtés au cachot. Pour le dire comme Césaire, on ne peut croiser les bras en l’attitude stérile du spectateur quand la Sanaga prend la couleur du sang, notre vie de luttes n’est pas un spectacle, car ces mers de douleurs ne sont pas un proscenium, car ces Camerounais qui crient depuis si longtemps ne sont pas des ours ou des antilopes qui dansent.

Je serai donc aux cotés de tous ceux qui se donneront la main pour détacher vos menottes, ôter vos fers et vous rendre votre liberté.

Vous le saviez. Ils attendaient la  » faute  » pour justifier leurs horribles balles dans les cuisses de ceux qu’ils traitent de  » comédiens  » alors que nous connaissons les guignols de la République. C’est ainsi depuis 1955 : on gaze, réprime et on interdit le parti. Comme un vieux tube colonial français…Ils le savent, le  » peuple  » finira par danser. Hélas, mille fois hélas !

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Ils attendaient la  » faute  » pour donner l’onction aux tirs à bout portant de policiers rageux sur les frêles jambes de jeunes et le plomb dans les cuisses. Non pas celles du Jupiter d’Etoudi mais de Ndoki et Ndjamen,  » la sale race d’opposants « . Apres tout, que vaut une cuisse d’activiste, de militant du  » mauvais bord  » devant celle du lion ? Ils ont la  » force et l’expérience « … Pas vrai ?

Oui la gouvernance du piège a fonctionné. Celle qui retourne la charge de l’hypocrisie nationale du tribalisme, qui excuse toutes les casses sociales et le casse des bandits de la CAN, honteux promus et repus de milliards pour mettre les casseurs des ambassades au bucher. Brulez-les, il en restera du fumier ! Celui qui enfoui l’humus des colères dans les entrailles du sol.

Certains pleurent du saccage des ambassades. Ils ont raison : le bien public, dans ses principes fondamentaux, est le support de l’intérêt général. Ses symboles sont un élément d’identification et de fierté collective.

Mais où sont les larmes de ces amateurs de crocodiles quand règnent les carnages ? Les morts du NO.SO et de toutes ces victimes de l’incurie,  » insignifiantes feuilles mortes « , ne valent donc pas nos  » papiers  » en France ou ailleurs…

Où est leur patriotisme des passeports qui jonchent le sol quand il faut être du RDPC pour montrer patte blanche et organiser des réunions dans les ambassades ? A chaque fois, l’on refuse d’entendre la parole juste et raisonnable pour préférer le bal des faucons. Et le pays sombre. Et le pays se clive. Et le pays noie ses soucis dans la bière. Et le pays applaudit les retourneurs de veste et gandouras au Gouvernement. Et le pays s’accommode du pouvoir à vie

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Il faut le dire : ce n’est pas le Cameroun qui est un problème pour les Camerounais mais les Camerounais qui sont un problème pour le Cameroun. Aucune peine de prison ne remplacera le DIALOGUE NATIONAL ou une PALABRE sincère et inclusive de CAMEROUNAIS ! Aucune : dites-le et disons-le à Paul Biya et ceux qui l’accompagnent.

Quand les injustices triomphent, règne la confusion et les épidémies du syndrome de Stockholm. Au lieu de voir nos mauvaises lunes, l’on préfère chercher l’abcès ou la tâche sur le doigt. Redisons-le : aucune prison n’enferme la conscience. Quand on s’engage, il faut être prêt à y aller à en mourir, mais jamais ne renoncer à ses convictions profondes.

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