Où va le Cameroun. Crime du viol de la petite Annie de 03 ans par un prêtre catholique : les sept péchés capitaux de Mgr jean Mbarga et de Mgr Philippe Mbarga

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Les vertus prônées dans les Saintes Écritures sont-elles des vains mots? 20 mois après le viol de la petite Annie EVINDI, âgée de 03 ans, par le Prêtre ZE ONDOUA Martin, alors la santé de l’enfant est plus qu’inquiétante, la hiérarchie de l’Eglise reste unie dans le cautionnement du crime, adoubé par le silence criminel de tous les membres du gouvernement saisis en urgence.


Pourtant, selon le droit Canon, une procédure judiciaire initiée au for étatique a toujours un prolongement au for canonique. Et que la responsabilité du clergé catholique est intégrale dans le calvaire quotidien de la petite Annie.
Quelques pistes de réflexions…
Dans la tradition catholique et orthodoxe, les péchés capitaux correspondent aux péchés dont découlent tous les autres. D’où leur nombre symbolique de « sept », suggérant la totalité des péchés.
La Bible enseigne qu’une personne qui pratique de graves péchés comme l’immoralité sexuelle ne peut pas être sauvée. Elle déclare ensuite : « Ceux qui pratiquent de telles choses n’hériteront pas du royaume de Dieu » (Galates 5:19-21).

Selon La Bible de Jérusalem, Proverbes 6:16 déclare : « Il y a six choses que hait Yahvé, sept qui lui sont en abomination ».
La Bible affirme clairement que cette forme de péché mène à la mort. Une personne qui commet ce type de péché est tellement déterminée à suivre sa conduite pécheresse qu’elle ne changera jamais d’attitude ou de mentalité. La Bible dit que ce type de péché « ne sera pas pardonné » (Matthieu 12:31 ; Luc 12:10).
Les « sept péchés capitaux » sont tirés d’une liste de huit vices principaux. Cette liste a été faite au quatrième siècle de notre ère par le moine Évagre le Pontique, qui a inspiré les travaux du moine ascète Jean Cassien.

Au sixième siècle, le pape Grégoire 1er a transformé cette liste des huit vices en une liste de sept péchés capitaux, qui font partie de la théologie catholique romaine. Grégoire considérait ces péchés comme capitaux, ou principaux, dans le sens où beaucoup d’autres découlent de ceux-ci. De là à dire que Mgr Jean Mbarga et de Mgr Philippe Mbarga n’iront jamais au ciel, il n’y a qu’un maigre pas. C’est dire que la justice divine sera d’une cruelle méchanceté pour eux. Et voici pourquoi :

I. UNE LOURDE RESPONSABILITE HISTORIQUE

Jean Mbarga, né le 18 mai 1956 à Ebolmedzom, commune de Nkolafamba, dans l’actuel département du Méfou-et-Afamba, Région du Centre au Cameroun, est ordonné prêtre pour l’archidiocèse de Yaoundé par Jean Zoa le 5 décembre 1981. Recteur du séminaire de Nkolbisson entre 1992 et 2002, il est ensuite économe diocésain jusqu’en 2003, puis vicaire général. En 1998, il est nommé consulteur du Conseil pontifical pour la culture, et en 2001, du Conseil pontifical pour les laïcs. Le 15 octobre 2004, il est nommé évêque d’Ebolowa-Kribi et consacré le 5 décembre 2004 par le nonce apostolique au Cameroun, Eliseo Ariotti. Le 19 juin 2008, après la création du diocèse de Kribi par détachement du diocèse d’Ebolowa-Kribi, il reste évêque d’Ebolowa. Le 29 juillet 2013, suite à la démission de l’archevêque de Yaoundé Simon-Victor Tonyé Bakot, il est nommé administrateur apostolique de l’archidiocèse. Il est nommé archevêque métropolitain de Yaoundé le 31 octobre 2014, et est installé le 22 novembre 2014 à la cathédrale Notre-Dame-des-Victoires de Yaoundé.

L’Histoire retiendra que cette affaire des abus sexuels commis par le prêtre Ze Ondoua Martin de la paroisse d’Abang à Ebolowa s’est déroulée alors que Mgr Jean Mbarga était Administrateur apostolique du diocèse Ebolowa jusqu’au 22 octobre 2016, date d’annonce officielle de la nomination de Mgr Philippe Alain Mbarga. Une affaire qui pose clairement la question�de la responsabilité de Mgr Jean Mbarga et de l’Église dans ce cas honteux de pédophilie. C’est dire que sa responsabilité morale est directement engagée dans le calvaire que vivent tous les jours et depuis 20 mois, la petite Evindi et sa famille. Qu’a-t-il fait s’il n’est pas un complice passif et criminel dans cette affaire? Pourtant, en date du 19 octobre 2016, Monsieur Engamba Louis Robert, agissant pour le compte de sa petite fille, Evindi Annie Lydie, a bien saisi (contre décharge) Mgr Jean Mbarga d’une requête concernant le viol de celle-ci par le prêtre Ze Ondoua Martin, de la Paroisse Saints Anne et Joachim d’Abang.

Quant à Mgr Philippe Alain, nommé évêque du diocèse d’Ebolowa le 22 octobre 2016 par Sa Sainteté le Pape François, il est né le 28 janvier 1968 à Obout, Nkolmetet, une commune dans le département du Nyong-et-So’o, région du Centre. Il est donc le troisième évêque d’Ebolowa depuis le 22 octobre 2016, avec pour Consécrateur, Mgr Piero Pioppo. Il est titulaire d’un doctorat en théologie. Il a été, tour à tour, recteur des Grands séminaires d’Otélé et de Nkolbisson. Mgr Philippe Alain Mbarga a fait ses études secondaires au Petit Séminaire Saint Paul de Mbalmayo. Par la suite, il a été étudiant au grand séminaire de Nkolbisson à l’Université Catholique d’Afrique Centrale. Il fut ordonné prêtre le 10 décembre 1994.

A l’annonce officielle de sa nomination comme Évêque du diocèse d’Ebolowa en date 22 octobre 2016, il a hérité parmi les dossiers brulants de ce diocèse, cette affaire de viol d’une enfant de 03 ans par le prêtre Ze Ondoua Martin, de la Paroisse Saints Anne et Joachim d’Abang, à Ebolowa. Il avait l’obligation de saisir la justice et de coopérer étroitement avec elle. C’est dire que l’Histoire retiendra que cette affaire des abus sexuels commis par le prêtre Ze Ondoua Martin de la paroisse d’Abang à Ebolowa fait partie des dossiers brûlants qu’il aurait dû gérer avec foi, diligence et professionnalisme. Une affaire qui pose clairement la question�de la responsabilité de Mgr Philippe Alain Mbarga et de l’Église dans ce cas grave de pédophilie. C’est dire que sa lourde responsabilité morale est directement engagée dans le calvaire quotidien que vivent aujourd’hui la petite Evindi et sa famille.

Tout comme sa responsabilité pénale! Qu’a-t-il fait s’il n’est pas un complice passif dans cette affaire criminelle? Est-ce, ce silence criminel que la hiérarchie de l’Eglise catholique attend de lui? Comme Mgr Jean Mbarga, Mgr Pilippe Mbarga a opté pour l’apologie du crime.

Mgr Jean Mbarga et Mgr Pilippe Mbarga savent très bien le droit applicable dans cette affaire est le Motu Proprio Sacramentorum Sanctitatis Tutela (SST) du 30 avril 2001 avec le Code de droit canonique de 1983.

Il est clair, d’après ce texte fondamental dans l’Eglise romaine, que le délit d’abus sexuel sur mineurs est défini par l’art. 6 § 1 SST comme « le délit contre le sixième commandement du Décalogue commis par un clerc avec un mineur de moins de dix-huit ans ». « § 1. Les délits les plus graves contre les mœurs réservés au jugement de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sont : 1° le délit contre le sixième commandement du Décalogue commis par un clerc avec un mineur de moins de dix-huit ans ; est ici équiparée au mineur la personne qui jouit habituellement d’un usage imparfait de la raison ; 2° l’acquisition, la détention ou la divulgation, à une fin libidineuse, d’images pornographiques de mineurs de moins de quatorze ans de la part d’un clerc, de quelque manière que ce soit et quel que soit l’instrument employé.
§ 2. Le clerc qui accomplit les délits dont il s’agit au § 1 sera puni selon la gravité du crime, sans exclure le renvoi ou la déposition ».

Est ainsi assimilé au mineur la personne qui jouit habituellement d’un usage imparfait de la raison. Or, selon le droit canon, sont appelés clercs, les fidèles ayant reçu l’ordination de diacre ou de prêtre comme Ze Ondoua Martin.

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Mgr Jean Mbarga et Mgr Pilippe Mbarga savent très bien que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) souligne clairement depuis 2001 que « l’abus sexuel de mineurs n’est pas simplement un délit au plan canonique. C’est aussi un crime qui fait l’objet de poursuites au plan civil ». C’est d’ailleurs le seul cas pour lequel le Droit Canon prévoit le renvoi systématique et automatique devant la justice du pays où le crime a été commis.

D’après l’art. 52 de la Constitution Apostolique Pastor Bonus (Pastor Bonus est la Constitution apostolique promulguée par le pape Jean-Paul II le 28 juin 1988 dans le but de réaménager le fonctionnement de la curie romaine qui est définie comme un ensemble de dicastères et d’instituts qui aident le souverain pontife dans l’exercice de son office pastoral suprême pour le bien de l’Église universelle et de celui des Églises particulières. Elle a pour mission de fortifier l’unité de la foi du peuple chrétien et de promouvoir l’action de l’Église dans le monde) , la Congrégation pour la Doctrine de la Foi connaît des délits contre la foi et des délits les plus graves commis contre les mœurs ou dans la célébration des sacrements et, si nécessaire, déclare ou inflige les sanctions canoniques d’après le droit, commun ou propre, restant sauves la compétence de la Pénitencerie Apostolique et la « Agendi ratio in doctrinarum examine ».

Or, ce renvoi systématique d’un prêtre pédophile devant la justice de son pays n’est pas seulement une contrainte juridique mais « un devoir moral », a rappelé le 15 février 2016 le cardinal Sean O’Malley, président de la Commission pontificale pour la protection des mineurs créée en mars 2014 par le pape François.

II. QUE DIT LE DROIT CANON ?

Mgr Jean Mbarga et Mgr Pilippe Mbarga savent bien qu’en date du 03 mai 2001, au Palais du Saint-Office à Rome, le Préfet William Cardinal Levada et le Secrétaire Archevêque tit. di Thibica, Luis F. Ladaria, ont cosigné une Lettre Circulaire « DIRECTIVES POUR LE TRAITEMENT DES CAS D’ABUS SEXUEL COMMIS PAR DES CLERCS À L’ÉGARD DE MINEURS » pour aider les Conférences épiscopales nationales à mieux faire face aux cas d’abus sexuel commis par des clercs à l’égard de mineurs.

A la lumière de cette circulaire qui est comme le bréviaire de tous les Évêques catholiques, l’obligation de donner une réponse adéquate aux cas éventuels d’abus sexuel commis à l’égard de mineurs par des clercs dans leur diocèse, figure parmi les responsabilités importantes de Mgr Jean Mbarga et Mgr Pilippe Mbarga, en vue d’assurer le bien commun des fidèles, et la protection des enfants et des jeunes en particulier.

Or, depuis le 30 avril 2001, avec le motu proprio Sacramentorum sanctitatis tutela promulgué par Jean-Paul II, l’abus sexuel commis par un clerc sur un mineur fait partie de la liste des cas delicta graviora réservés à la Congrégation pour la doctrine de la foi. C’est donc à elle qu’il revient de mener la procédure canonique en la matière. En 2010, Benoît XVI a révisé ce motu proprio pour élargir la prescription de dix à vingt ans, avec la faculté d’y déroger dans des cas particuliers.

Il est clair que si un évêque est informé d’un cas d’abus sexuel, il doit procéder immédiatement à une enquête préliminaire. Au cours de celle-ci, il doit imposer des mesures de précaution pour protéger les victimes et prévenir tout scandale. Selon le droit canonique, ces mesures sont de trois ordres : la mise à l’écart du clerc de sa charge ecclésiastique, l’interdiction de séjourner dans un endroit ou un territoire donné, et l’interdiction de participer publiquement à l’eucharistie. Le prêtre ZE ONDOUA Martin n’a jamais été inquiété ni par la justice camerounaise, ni par la hiérarchie de l’Église catholique dont le Droit canonique de 1983 reste d’une extrême sévérité.

Mgr Jean Mbarga et Mgr Pilippe Mbarga ont CRUELLEMENT failli à leur devoir pastoral.

En parallèle, l’évêque doit se conformer aux prescriptions de la loi civile de son pays en matière d’abus sexuel.
Si l’accusation d’abus sexuel est jugée crédible, le cas doit être déféré à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Après avoir examiné l’affaire, Rome peut autoriser l’évêque à ouvrir un procès judiciaire pénal devant le tribunal de l’Église locale.
S’il est reconnu coupable, le clerc peut être condamné à deux types de peines : des mesures disciplinaires qui restreignent son ministère public de manière complète ou qui excluent tout contact avec des mineurs, et des peines ecclésiastiques, dont la plus grave est la dimissio, c’est-à-dire la réduction à l’état laïque.
Dans les cas les plus graves, comme celle de la petite EVINDI, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi peut décider de soumettre l’affaire directement au Saint-Père en lui demandant d’émettre un décret de démission ex officio de l’état clérical. Aucun recours canonique n’est possible contre cette sanction pontificale.

Nous reproduisons ici un extrait de Normae de gravioribus delictis du 21 mai 2010:

§ 1. Les délits les plus graves contre les mœurs réservés au jugement de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sont :
1° le délit [d’ordre sexuel] commis par un clerc avec un mineur de moins de dix-huit ans ; est ici équiparée au mineur la personne qui jouit habituellement d’un usage imparfait de la raison ;
2° l’acquisition, la détention ou la divulgation, à une fin libidineuse, d’images pornographiques de mineurs de moins de quatorze ans de la part d’un clerc, de quelque manière que ce soit et quel que soit l’instrument employé.

§ 2. Le clerc qui accomplit les délits dont il s’agit au § 1 sera puni selon la gravité du crime, sans exclure le renvoi ou la déposition.
Oui, il y a des hommes qu’il faut empêcher d’être prêtres et des péchés qui sont mortels au sein de l’Eglise catholique romaine.
Art. 6 :

« § 1. Les délits les plus graves contre les mœurs réservés au jugement de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sont :
1° le délit contre le sixième commandement du Décalogue commis par un clerc avec un mineur de moins de dix-huit ans ; est ici équiparée au mineur la personne qui jouit habituellement d’un usage imparfait de la raison ;
2° l’acquisition, la détention ou la divulgation, à une fin libidineuse, d’images pornographiques de mineurs de moins de quatorze ans de la part d’un clerc, de quelque manière que ce soit et quel que soit l’instrument employé.
§ 2. Le clerc qui accomplit les délits dont il s’agit au § 1 sera puni selon la gravité du crime, sans exclure le renvoi ou la déposition ».

Ajoutons aussi ceci :
Il y a obligation pour tout fidèle de porter à la connaissance de l’évêque de tels actes.
« La prescription commence à courir du jour où le mineur a eu dix-huit ans » et elle est de 20 ans.

La pratique actuelle que le Vatican encourage est de livrer aux autorités civiles les clercs coupables.

Le jugement ecclésiastique de ces péchés relève de Rome.
En résumé, concrètement, voici ce que Mgr Jean Mbarga et Mgr Pilippe Mbarga se devaient de faire au Cameroun après le viol de la petite Evindi :

Mgr Jean Mbarga ou Mgr Pilippe Mbarga :
(1) après avoir été informé de ce cas d’abus sexuel sur mineur, devait s’assurer de la vraisemblance des faits allégués. Dans l’affirmative, il devait conduire l’« investigatio praevia » prévue par le droit canonique comme indiqué plus haut.
(2) si après examen, les faits allégués paraissent vraisemblables, il devait prendre immédiatement des mesures de précaution en éloignant le clerc suspect de tout contact avec les mineurs. Pourtant, rien n’a été fait.
(3) Comme le clerc a avoué être coupable (flagrant délit), Mgr Jean Mbarga ou Mgr Pilippe Mbarga devait s’informer si le crime ou le délit a été porté à la connaissance de la justice étatique par la famille de la victime, par l’agresseur lui-même, ou par un tiers.
(4) Si le cas n’a pas été déféré à la justice étatique, Mgr Jean Mbarga ou Mgr Pilippe Mbarga avait le devoir d’inviter la personne concernée, ZE ONDOUA à se dénoncer spontanément. Si ce dernier ne le fait pas, l’Ordinaire, quand la loi le prescrit, devait veiller à ce que la justice soit saisie immédiatement.
(5) Si une enquête de police judiciaire est en cours, l’Ordinaire devait remettre à l’officier de police judiciaire, si celui-ci le demande, les documents sur l’identité du clerc et les éléments d’information sur l’acte incriminé dont il dispose.
(6) Le dossier de l’ «investigatio praevia» aurait dû être envoyé à la CDF indépendamment de l’avancement de la procédure étatique.
(7) Si la CDF ordonne la tenue d’un procès pénal canonique par voie judiciaire ou extrajudiciaire, on procédera comme indiqué plus haut.
(8) Si la CDF décide de procéder elle-même par voie judiciaire ou extrajudiciaire, elle communique sa décision, sentence ou décret, à l’Ordinaire.

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III – COOPÉRATION AVEC LA JUSTICE ÉTATIQUE

Selon la circulaire suscitée, l’abus sexuel de mineurs n’est pas seulement un délit au plan canonique. C’est aussi un crime qui fait l’objet de poursuites au plan civil. Bien que les rapports avec les autorités civiles diffèrent selon les pays, il est cependant important de coopérer avec elles dans le cadre des compétences respectives.

Le droit Camerounais qualifie le viol de crime (lorsqu’il y a pénétration), et prévoit les circonstances aggravantes lorsque la victime est âgée de moins de 16 ans. Une autre circonstance aggravante est constituée par le fait que le violeur est une personne ayant autorité sur la victime ou ministre de culte (Art. 298-b du code pénal Camerounais). Comment comprendre ce silence criminel pour une enfant de 03 ans?

Le Code pénal camerounais oblige tout citoyen, lorsqu’il en a les moyens, d’empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité corporelle de la personne (Article 171); d’informer la justice, quel que soit l’âge de la victime, de tout crime dont il est encore possible de prévenir ou de limiter les effets ou dont les auteurs sont susceptibles de récidiver et de tous faits de privation, mauvais traitements ou atteintes sexuelles infligées à un mineur.

L’évêque diocésain Mgr Jean Mbarga ou Mgr Philippe Mbarga était donc tenu, lorsque les circonstances précitées par ces articles du Code pénal étaient réunies, d’informer l’autorité judiciaire étatique du crime ou délit d’abus sexuel sur mineurs perpétré par ce clerc en mission ecclésiale relevant de sa juridiction.

Mais, ils ont CRUELLEMENT manqué à leur obligation pastorale, préférant soutenir un criminel du village !

Certes, les ministres du culte, clercs et laïcs en mission ecclésiale, sont protégés par le secret professionnel. Mais, ce secret professionnel s’applique seulement aux confidences faites spontanément à un ministre du culte, en cette qualité, que ce soit en confession ou non, à l’exclusion de tout fait appris dans le cadre d’une enquête canonique ou reconnu de manière non spontanée.

Selon le Droit Canon, même si ces faits sont confiés au cours d’une confession, le confesseur doit tout mettre en œuvre pour que l’auteur du crime ou du délit se dénonce à la justice.

IV- MEPRIS ET NON ASSISTANCE SPIRITUELLE ET PSYCHOLOGIQUE

Il faut condamner, avec des mots suffisamment durs le manque d’écoute et l’attitude dont ont fait preuve Mgr Jean Mbarga et Mgr Philippe Mbarga.
Il est prévu dans chaque Diocèse une cellule d’accueil pour les personnes victimes d’abus sexuels (mineures au moment des faits) commis par un agent pastoral (prêtre, diacre, religieux, religieuse, ou laïc en mission d’Église), pour leurs proches, et pour toute personne souhaitant être entendue sur ce sujet. Ce service a pour mission d’assurer un premier accueil des personnes victimes, de leurs proches ou des témoins d’actes pédophiles. La mise en place de ce service répond à ce que souhaite le Pape François : « l’Église doit être une maison sûre ».

Cette cellule est composée de médecins, de magistrat, de religieux et de prêtre.
« L’Église est la maison de l’hospitalité », avait dit le pape François aux Paraguayens, le 12 juillet 2015, au cours de son homélie lors de la messe dominicale.

L’évêque diocésain Mgr Jean Mbarga ou Mgr Philippe Mbarga savait bien que l’autorité ecclésiastique a le devoir de s’engager à fournir une assistance spirituelle et psychologique aux victimes. Comme nous rappellent ces propos du Saint-Père aux victimes, avec des paroles de compassion et de réconfort, dans la Lettre Pastorale aux catholiques d’Irlande (n°6) le 21 mars 2010: «Vous avez terriblement souffert et j’en suis profondément désolé. Je sais que rien ne peut effacer le mal que vous avez subi. Votre confiance a été trahie, et votre dignité a été violée. Beaucoup d’entre vous, alors que vous étiez suffisamment courageux pour parler de ce qui vous était arrivé, ont fait l’expérience que personne ne vous écoutait. Ceux d’entre vous qui ont subi des abus dans les collèges doivent avoir eu l’impression qu’il n’y avait aucun moyen d’échapper à leur souffrance. Il est compréhensible que vous trouviez difficile de pardonner ou de vous réconcilier avec l’Eglise. En son nom, je vous exprime ouvertement la honte et le remord que nous éprouvons tous.».

Mais, à Ebolowa, seule l’arrogance outrancière de l’Eglise de Dieu a prévalu à l’endroit du Sieur Louis Robert Engamba, brisé par l’onde de choc. Comment comprendre ces menaces insidieuses et ouvertes du prêtre Ze Ondoua à l’endroit de la victime?

V- VATICAN: «TOLÉRANCE ZÉRO» POUR LA PÉDOPHILIE

Le pape a assuré, le 21 septembre 2017, devant la Commission pontificale pour la protection des mineurs, qu’il n’accordera plus de grâce aux prêtres reconnus coupables d’actes de pédophilie.

Dans une allocution devant les membres de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, le pape François s’est largement écarté de son discours officiel et a précisé sa vision de la « tolérance zéro » face à la pédophilie dans l’Église, ainsi que son évolution. « Un abus sur mineur, s’il est prouvé, est suffisant pour qu’un appel ne soit pas recevable. Si les preuves sont là, la peine est définitive », a-t-il expliqué. Les procédures canoniques actuelles permettent pourtant, dans certains cas, à un clerc reconnu coupable devant la justice ecclésiastique de faire appel au pape.

Le pape François a renouvelé la consigne de « tolérance zéro » pour les prêtres coupables de pédophilie, en évoquant des pêchés qui font « honte » à l’Eglise, dans une lettre aux évêques rendue publique le 02 janvier 2017.

L’Eglise « connaît le péché de certains de ses membres: la souffrance, l’histoire et la douleur des mineurs qui ont été abusés sexuellement par des prêtres, péché qui nous fait honte », a écrit le souverain pontife dans une lettre envoyée aux évêques à l’occasion de « la Fête des saints innocents » du 28 décembre 2016, commémorant les enfants victimes du roi Hérode.

« Des personnes qui avaient la responsabilité de prendre soin de ces enfants ont détruit leur dignité. Nous déplorons cela profondément, et nous demandons pardon. Nous nous unissons à la souffrance des victimes et, à notre tour, nous pleurons le péché. Le péché de tout ce qui est arrivé, le péché d’avoir omis de porter assistance, le péché de taire et de nier, le péché d’abus de pouvoir », a souligné le pape. « Je veux que nous renouvelions tout notre engagement pour que ces atrocités ne se produisent plus parmi nous », a insisté le pape, ajoutant: « faisons nôtre, clairement et loyalement, la consigne tolérance zéro dans ce domaine ».
Le pape a plus généralement dénoncé dans sa missive « l’innocence brisée » des enfants. Ce qu’a fait effectivement Ze Ondoua Martin à Ebolowa.

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Le souverain pontife avait décidé en juin 2017 d’accroître la pression sur la hiérarchie catholique en ouvrant la voie à la révocation d’évêques coupables de « négligence » face à des cas de pédophilie dans l’Eglise. Il a créé au Vatican une instance judiciaire pour juger les prêtres pédophiles et mis en place une commission internationale d’experts chargée de proposer des mesures de prévention.

La lettre historique du pape Benoit XVI aux catholiques d’Irlande montre la fermeté avec laquelle il convient de traiter ces péchés. Qu’il suffise de rappeler ces deux passages de la Bible. Même si la question de la pédophilie n’y est pas visée, on pourra par analogie appliquer ces passages.
La phrase de Jésus concernant les traumatismes moraux et les tentations induites :
« Celui qui fait scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui attache au cou une grosse pierre et qu’on le noie au fond de la mer ». Mt 18, 6 (Bible en Français Courant).

La phrase de saint Paul concernant le péché de l’inceste :
« C’est un bruit constant qu’il y a de l’impureté parmi vous, et une telle impureté, qu’on n’entend point dire qu’il s’en commette de semblable parmi les païens, jusque-là qu’un d’entre vous abuse de la femme de son père. Et vous êtes enflés d’orgueil, et vous n’avez pas au contraire été dans les pleurs pour faire retrancher du milieu de vous celui qui a commis cette action. Pour moi, étant absent de corps, mais présent en esprit, j’ai déjà prononcé, comme si j’avais été là, mon jugement envers celui qui s’est comporté ainsi : Que vous et mon esprit étant assemblés au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, celui qui est coupable de ces crimes soit, par la puissance de notre Seigneur Jésus, livré à Satan, pour mortifier sa chair, afin que son âme soit sauvée au jour de Notre Seigneur Jésus-Christ ». (1 Corinthiens 1,5).

VI- DÉMISSION DE MGR JEAN MBARGA ET MGR PHILIPPE MBARGA

Nous avons souvenance que le 21 avril 2015, le Vatican a accepté la démission de Monseigneur Robert Finn, évêque de Kansas City dans le Missouri. Le prélat avait été condamné en 2012 pour avoir protégé un prêtre pédophile de son diocèse. Les associations de victimes demandaient la démission de l’évêque. Une pétition avait été envoyée au Vatican. Cette démission, était, en réalité une sanction méritée, selon les associations de victimes, qui militaient depuis des années aux Etats-Unis pour que soient punis non seulement les prêtres pédophiles, mais aussi ceux qui les ont protégés.

Au Cameroun, les deux évêques font la chaise vide et jouent aux héros. Ils n’ont pas jugé indispensable de porter le cas de la petite EVINDI devant le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’archevêque espagnol Luis Ladaria Ferrer, nommé en juin 2017.

Le fait que des évêques convaincus de non-dénonciation conservent leur poste est incompréhensible pour les médias et l’opinion. L’Église ne fonctionne pas du tout de la manière pyramidale qui est celle des grandes entreprises « multinationales». Un évêque est nommé directement par le pape de Rome. Il n’a de comptes à rendre qu’à lui. Il est seul maître de ses décisions dans son «territoire» canonique (un diocèse). Il ne dépend donc pas d’une «conférence nationale d’évêques» (lieu de coordination, sans autorité), n’a pas d’autorité directe sur les congrégations religieuses qui ont leurs propres règles de fonctionnement.

Mais cela ne dispense pas MGR JEAN MBARGA et MGR PHILIPPE MBARGA de s’expliquer, de faire face à leurs responsabilités devant la justice, leur Église et la grande opinion, plutôt que de pratiquer la politique de la chaise vide.

Il est inimaginable qu’une conférence nationale d’évêques, même sans pouvoir réel, ne dispose pas, dans un domaine aussi sensible, de vrais professionnels de la communication et de services compétents, connaissant bien les dossiers, les chiffres, l’état d’avancement des affaires. Cet amateurisme, parfaitement illustré dans les émissions récentes, démontre une impréparation coupable, une incompétence redoutable, un refus plus ou moins conscient de ne pas considérer le règlement de ces affaires internes de pédophilie comme une priorité.

« Un évêque qui se limite à changer de paroisse un prêtre pédophile est un inconscient. La meilleure chose qui lui reste à faire, c’est de présenter sa démission », a déclaré le pape François, le 18 février 2016, à propos d’une affaire de pédophilie au Mexique. En sommes-nous loin de ce cliché où les deux Evêques ont fait preuve « extrême irresponsabilité ». La démission des deux évêques devient quasi-irréversible.

En 2001, Mgr Pierre Pican, alors évêque de Bayeux et Lisieux (Calvados), avait été condamné à trois mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé ce type de faits. Est-ce cela que Mgr Jean Mbarga et Mgr Philippe Mbarga vous attendent avec cette affaire du prêtre Ze Ondoua Martin? Toujours est-il que les scandales aux États-Unis (couverts par l’Église jusqu’en 2002) ont été un tournant. Aujourd’hui, l’Église coopère avec les autorités civiles. Elle n’est plus dans une logique d’omerta ou de secret.

C’est dire que les prochaines semaines s’annoncent difficiles pour les deux Évêques.

VIII- EMBALLEMENT MÉDIATIQUE ET POLITIQUE

En l’espace de quelques jours, l’affaire de viol du bébé Evindi a rapidement fait la une des journaux et des chroniques audiovisuelles matinales. Qu’est-ce qui explique cette inflation médiatique ?

Elle fait écho au profond désarroi des Camerounais : « Derrière, il y a la conscience d’une forme ignoble de domination, parce que les prêtres pédophiles s’attaquent à la vie innocente », explique un prélat. Du moment où le «prêtre qui est au service de la relation avec Dieu s’est rendu coupable d’un crime inqualifiable».

Cet emballement médiatique interroge cependant. Les théories sur le bouc émissaire de René Girard restent d’une actualité brûlante. Le prêtre Ze Ondoua Martin serait-il le bouc émissaire d’un phénomène qui dépasse les rangs du clergé ?
Au Cameroun, les évêques n’ont guère de doutes sur ce phénomène où la raison s’efface devant les passions. Faut-il parler aux médias ou se taire ? La victime ne sait plus et pourrait se résigner au fait que « le Christ a été le premier à prendre beaucoup de coups. Il a répondu par le silence ».

Au début des années 2000, la condamnation de Mgr Pierre Pican, évêque de Bayeux, à trois mois de prison avec sursis pour avoir couvert un prêtre pédophile de son diocèse, avait alors poussé les évêques de France à une prise de conscience. En novembre 2000, tous signaient une déclaration où ils affirmaient que « les prêtres qui se sont rendus coupables d’actes à caractère pédophile doivent répondre de ces actes devant la justice » et qu’un évêque « ne peut ni ne veut rester passif, encore moins couvrir des actes délictueux ».

N’est-il pas indiqué que la condamnation de Mgr Jean Mbarga et Mgr Philippe Mbarga donne de la voix au Cameroun?
Jean Claude FOGNO, Journaliste

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