Au sujet des prétendues mesures déjà prises par le régime Biya pour résoudre la crise Anglophone

Face au récent lever de bouclier concerté et résolu de la communauté internationale contre l’odieux génocide des Anglophones présentement en Cours au Cameroun (NOSO), génocide perpétré sauvagement et sans aucun état d’âme par le régime du dictateur Paul Barthélémy Biya, les thuriféraires de son régime pro-colonial français ont abondamment agité tout un éventail des soi-disant mesures déjà prises par ce régime pour régler les revendications des deux régions Anglophones du pays, à la source de la guerre civile en cours.

Le régime Biya a cité, entre autres, ses mesures d’apaisement suivantes :

  1. La création de la «Commission nationale du bilinguisme et du multiculturalisme»;
  2. Des « mesures prises dans les domaines de l’éducation et de la justice dans le cadre du dialogue engagé avec les leaders concernés et des autres acteurs de la société civile»;
  3. L’arrêt des «poursuites judiciaires en faveur des personnes incarcérées dans le cadre de la crise Anglophone»;
  4. Le «plan d’assistance humanitaire d’urgence d’un montant de 12,7 milliards de francs CFA»;
  5. La création du « comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration sociale à l’intention des ex-combattants des bandes armées du NOSO»;
  6. L’engagement du «processus de décentralisation».

Ces soi-disant mesures prises par le régime Biya face aux revendications légitimes et indiscutablement fondées de la population de l’ancien Cameroun occidental Anglophone, ne sont que de la poudre aux yeux de ces populations concernées, et doivent être considérées comme telle.

En effet, ces mesures clairement parcellaires et insuffisantes ne méritent aucunement le moindre crédit de sérieux, car prises unilatéralement , subrepticement et arbitrairement par une seule des deux parties en conflit, sans aucune négociation préalable entre les parties en guerre, sans consultation et sans aucun accord de la partie adverse du conflit et sans aucune forme de négociation de sortie de la crise que ce soit.

Par conséquent, les mesures en question ne constituent en rien une solution conséquente et consensuelle de la crise Anglophone, mais simplement une série d’expressions multiformes de la roublardise habituelle qui caractéristique de façon inhérente et intrinsèque ce régime colonial français qui gouverne le Cameroun par la ruse, la fourberie et les tromperies, et ce depuis 1955.

De toute l’histoire de l’humanité, les seules mesures susceptibles de régler durablement un conflit et qui de façon traçable ont effectivement réglé les conflits connus sont celles s’attaquant aux causes racines de la crise et résultant des pourparlers de paix inclusifs entre tous les belligérants ou parties prenantes du conflit en question.

Or, malgré tous les appels pressants des Camerounais du terroir national, de la diaspora et ceux de la communauté internationale à la négociation inclusive de sortie de la crise Anglophone, le régime Biya a toujours refusé catégoriquement et systématiquement de convoquer ces pourparlers inclusifs et sans conditions préalables, pour juguler et résoudre cette crise à la source. Sans ces pourparlers inclusifs entre tous les protagonistes et toutes les parties prenantes de la crise Anglophone autour d’une table, toute mesure unilatérale prise par le régime Biya pour résoudre ce conflit restera une lettre morte inconséquente sur l’issue de la guerre civile en cours.

En effet, un seul des belligérants ne peut unilatéralement saupoudrer quelques timides mesures inconséquentes çà et là, et espérer convaincre qui que ce soit du sérieux d’avoir résolu durablement les problèmes à la source du conflit.

Quoiqu’il en soit, voici les raisons objectives pour lesquelles nous affirmons que les mesures respectives ci-dessus prises par le régime Biya, supposément pour résoudre la crise Anglophone est une pure ruse mensongère à la face du monde entier :

  1. Comme l’expérience et l’épreuve de la réalité des faits sur le terrain l’ont démontré, la création de la «Commission nationale du bilinguisme et du multiculturalisme» par le régime Biya est une parure sans objet et sans conséquence aucune sur l’issue de la crise Anglophone. En effet, qu’on le veuille ou pas, le bilinguisme et le multiculturalisme font déjà partie intégrante de la société et du quotidien des Camerounais et nul n’est le besoin de les décréter de nouveau. Ce dont il est question dans la crise Anglophone est plutôt l’urgence impérieuse et la nécessité incontournable de la modification de la forme de l’État camerounais pour instaurer un fédéralisme effectif, généreux et respectueux des spécificités de chacune des régions, de façon à permettre à chaque région d’assumer en toute autonomie son développement, dans sa diversité et dans sa singularité.
  2. La prétention des « mesures prises dans les domaines de l’éducation et de la justice dans le cadre du dialogue engagé avec les leaders Anglophones concernés et des autres acteurs de la société civile» est un pur mensonge, car il n’y a jamais eu un tel dialogue inclusif entre tous les belligérants et parties prenantes de cette crise Anglophone. De simples mesures administratives de routine, fourbes et unilatérales du gouvernement camerounais ne sauraient se muer comme par magie en solutions de la crise Anglophone, si elles ne résultent des pourparlers de paix dûment convoqués et tenus entre toutes les parties prenantes de cette crise. Le seul test de validité d’une solution à une crise est et demeure son acceptation par toutes les parties en conflit. La réalité du terrain montre que les Anglophones ne considèrent pas ces timides mesures du régime comme étant une solution pertinente à leur revendication. Autrement, les hostilités auraient déjà cessé.
  3. Le prétendu arrêt des poursuites judiciaires en faveur des personnes incarcérées dans le cadre de la crise Anglophone est un autre mensonge flagrant, car tous les leaders connus de la crise Anglophone croupissent toujours dans les geôles du tyran Paul Barthélémy Biya, et ce, malgré tous les multiples appels des nationaux et des organisations Internationales à leur libération.
  4. Le fameux et prétendu plan d’assistance humanitaire d’urgence, d’un montant de 12,7 milliards de francs CFA aux profits des Anglophones est une autre arnaque spectaculaire du régime Biya, car la seule certitude est que, dans un élan patriotique, ces fonds ont été effectivement cotisés à grand renfort de publicité par les citoyens camerounais, et collectés par le régime Biya. Mais, personne n’a la moindre traçabilité de l’utilisation effective de ces fonds depuis leur collection. Aucune preuve n’existe en ce moment permettant d’assurer que ces fonds soient effectivement arrivés à leurs destinataires Anglophones.
  5. La création du « comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration sociale à l’intention des ex-combattants des bandes armées du NOSO» est une grosse farce sans objet, car il n’y a jamais eu une quelconque initiation de négociation d’une entente de cessez-le-feu préalable entre les belligérants de cette guerre civile. Sans cessez-le-feu préalable entre les parties en guerre, tout « comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration sociale à l’intention des ex-combattants des bandes armées» est une plaisanterie de mauvais goût, sans aucune prise sur la réalité du terrain. La véracité de notre affirmation est validée par le fait que la guerre se poursuive toujours ininterrompue et que le régime Biya ne contrôle toujours rien du tout dans ces deux régions Anglophones, malgré les allégations de la prise de ses mesures en question. En effet, les représentants de l’État camerounais qui y étaient basés ont tous fuit ces deux régions Anglophones et vivent honteusement cachés dans les régions francophones voisines, en ce moment.
  6. L’engagement du soi-disant «processus de décentralisation» en question est une roublardise de trop pour tromper le monde entier. En réalité, ce fameux «processus de décentralisation» du Régime Biya n’a absolument rien d’une décentralisation, car dans le cadre de ce qui y est proposé au sujet de cette «décentralisation» dans la constitution de 1996 en vigueur au Cameroun, les représentants nommés par le pouvoir central de Yaoundé (gouverneurs, préfets et sous-préfets) continueront sans aucun changement et sans vergogne, à contrôler au moyen d’un droit de veto chacun, toutes les décisions des élus locaux dans les «régions» qui seront constituées dans le cadre du projet de décentralisation du Président Biya. Dès lors, il s’agit d’un scandaleux secret de polichinelle, qui ne peut tromper personne, quant à la certitude que cette décentralisation en cours ne changera rien du tout sur le caractère fortement centralisé et jacobin de la forme de l’État actuel du Cameroun.

En conclusion, ces prétendues mesures prises par le régime Biya pour résoudre la crise Anglophone constituent des mensonges éhontés destinées uniquement à tromper les communautés nationale et internationale, dans le seul but d’éviter toute implication de ces dernières dans le renversement du statu-quo ambiant de régime jacobin hyper centralisé en vigueur présentement au Cameroun. De fait, la France et le gestionnaire de sa franchise coloniale locale du Cameroun, le gouverneur colonial local Paul Biya n’entendent ni réellement décentraliser le Cameroun, ni accepter toute forme de fédération au Cameroun qui pourrait moindrement transférer une partie la prébende coloniale générée par le Cameroun vers ses régions.

Les Camerounais doivent, par conséquent, continuer leur mobilisation, leur revendication et leur honorable lutte pour la fin de ce régime colonial français qui perdure au Cameroun depuis son instauration en 1955. Ce régime colonial décrié a réussi à éviter ou à confisquer l’indépendance du Cameroun depuis 1955, et maintient le pays dans un état léthargie et de vassalité depuis lors.

Toutefois, ce régime roublard et fourbe des années 50 et 60 est visiblement rendu à bout de souffle, en 2019. Les Camerounais sont dorénavant bien informés, comprennent les réalités du monde contemporain et aspirent à la même émancipation que les autres peuples du village Global.

Le peuple camerounais et ses alliés de la communauté internationale ont en ce moment devant eux une opportunité historique de conquérir enfin l’indépendance réelle du Cameroun, indépendance confisquée jusqu’à présent par la Françafrique et ses représentants locaux au Cameroun.

N’abandonnons pas cette lutte historique, chacun à son niveau, et à sa façon.

Que vive le Cameroun uni, juste, inclusif, apaisé et maître de son destin.

Michael Fogaing, Porte-parole de Diaspora pour la Modernité-Diaspora for Modernity

N.B.:
Diaspora pour la Modernité est une organisation de la société civile de la Diaspora camerounaise, pour qui l’indépendance des institutions démocratiques les unes des autres est la pierre angulaire de son activisme politique au Cameroun. Elle est basée au Canada.

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