Les remaniements ministériels au Zombiland: Dion Ngute comme Yang Philémon gardien en chef du ZombiParc

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A la fin de sa vie M. Biya ne fera pas ce qu’il n’a pas pu faire en 38 ans. Les miracles sont restés l’apanage des temps bibliques ! Ainsi donc tous les ministres chez nous qui sont théoriquement que l’ambassadeur de la tribu à la mangeoire  à qui on a fait avaler d’énormes couleuvres, qui ont été utilisés, ridiculisés et abandonnés comme toute planche d’échafaude après que le maçon espiègle ait fini de construire son pouvoir, n’auront été que des boucs-émissaires qui ne méritent nullement notre compassion. Ces ministres mesquins et égoïstes auront sacrifié tout un peuple et toute une nation. Ils méritaient pire. Que l’harmattan les emporte jusqu’au désert

       Les remaniements ministériels au  Zombiland: Yang Philémon devient le gardien en chef du ZombiParc                          

En deux ans, M. Biya ne fera pas ce qu’il n’a pas pu faire en 28 ans. Les miracles sont restés l’apanage des temps bibliques ! Ainsi donc tous les ministres chez nous qui sont théoriquement que l’ambassadeur de la tribu à la mangeoire  à qui on a fait avaler d’énormes couleuvres, qui ont été utilisés, ridiculisés et abandonnés comme toute planche d’échafaude après que le maçon espiègle ait fini de construire son pouvoir, n’auront été que des boucs-émissaires qui ne méritent nullement notre compassion. Ces ministres mesquins et égoïstes auront sacrifié tout un peuple et toute une nation. Ils méritaient pire. Que l’harmattan les emporte jusqu’au désert

LES REMANIEMENTS MINISTERIELS AU ZOMBILAND

Ainsi donc, pour la 33ème fois depuis son accession au pouvoir il y a 27 ans, le Président Paul Biya du Cameroun a encore remanié son gouvernement ! Pour autant de fois aussi, les journalistes se sont toujours perdus en analyses, en conjectures, en spéculations et en élucubrations pour tenter d’expliquer les sorties, les entrées, les profils et les philosophies des choix du Prince! Ils ont tous oublié (ils oublient toujours chaque fois) que c’est depuis plus de deux décennies qu’ils se livrent pratiquement tous les ans au même exercice et que jamais ils n’ont cessé de se tromper. Si encore à ce jour les Camerounais en général et les journalistes en particulier continuent de considérer les remaniements ministériels sous Paul Biya comme des événements ou des scoops dignes d’intérêt, c’est peut- être tout simplement parce que l’espoir est tenace et rebelle à périr et que s’il cessait d’exister, la vie disparaitrait automatiquement avec lui. On peut aussi voir en cela la preuve de la résignation et du renoncement d’un peuple qui, pour des raisons diverses, a sombré dans la fatalité et remis son destin aux mains de son propre bourreau d’une part et à ; celles de la Providence d’autre part. Le Cameroun est donc devenu le Zombiland, patrie des Zombies !

Sinon, comment comprendre qu’après 32 remaniements parfaitement inutiles en 26 ans ce peuple continue encore d’attendre et d’accueillir le vingt-huitième avec autant d’anxiété et d’espérance comme si celui-là ; devait être différent des autres et allait changer son quotidien fait de bluffs, de promesses non tenues, de rendez-vous manqués, de déceptions, d’espoirs assassinés, de désillusions, de pauvreté et de misère ? Car en effet, il est insensé et m même absurde de placer quelque espoir que ce soit dans un remaniement ministériel, quand on sait que ce n’est rien d’autre que le mode de reproduction par cooptation par lequel se régénèrent un régime et un système viscéralement viciés qui conservent congénitalement toutes leurs tares, toutes leurs capacités de nuisance et tous leurs germes nocifs et mortifères.

Lorsque le remaniement ministériel se fait aussi récurrent, il devient un acte banal et sans importance. La fonction ministérielle elle-aussi s’en trouve diluée et banalisée. Les ministres perdent alors leur prestige, rentrent dans les rangs et ne se distinguent du commun des citoyens que par leurs excentricités, leurs extravagances dispendieuses et les lourdes quincailleries dans lesquelles ils paradent bruyamment dans les rues cabossées de nos villes et villages. Car si on peut nommer aussi souvent des ministres et les relever tout aussi souvent avant qu’ils aient eu le temps de s’asseoir, de s’imprégner des grandeurs et des servitudes de leurs fonctions et de prendre connaissance avec les dossiers  à peine entamés laissés par leurs prédécesseurs, on peut  à juste titre se demander si le remaniement ministériel n’est pas un simple acte ludique, mieux, un divertissement pour un président qui s’ennuie et qui prend le Cameroun comme un imposant tableau de damier et les gens qu’il fait et défait chaque jour comme des pions de ce jeu. C’est ici le lieu de s’interroger sur la véritable utilité d’un ministre sous les Tropiques.

Nous sommes d’autant fondés à nous interroger qu’il saute vraiment aux yeux qu’au Cameroun il n’y a pas de profil particulier pour être ministre et que tout un chacun peut le devenir. Lors d’un précédent remaniement, nous avons vu le maire d’une petite ville de brousse, jusqu’ici inconnu de l’opinion, absent de la liste des municipales de sa commune parce que battu aux primaires de son parti, devenir ministre sans transition. Nous avons vu un autre Camerounais sorti de nulle part, ex-prisonnier de droit commun par ailleurs, crier sur tous les toits qu’il ferait basculer tout un bastion imprenable de l’opposition se faire battre à plate couture aux législatives dans sa circonscription d’origine et en être récompensé par une nomination à un poste ministériel. Comment ne pas parler pour ces cas comme pour bien d’autres de prime à la médiocrité et à l’impopularité, et à quelles fins ? Et puisque tel est à peu de chose près le moule d’où ; sortent la plupart des promus que l’on nomme depuis des décennies à la tête de nos institutions, que pouvions-nous honnêtement attendre d’eux ?

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Quelqu’un d’autre que M. Paul Biya aurait mérité des circonstances atténuantes en prétextant que ses trop fréquents changements sont dus à un manque de chance doublé d’une méconnaissance des compétences nationales. Mais lui qui a passé tant de temps sur la scène politique camerounaise, occupé tant de postes et tutoyé tous les sommets avant de devenir le successeur constitutionnel de son illustre prédécesseur ne peut exciper cet alibi. Du haut de ses 27 ans de pouvoir personnel et personnalisé, il a vu venir et partir presque tous ceux qui comptent ou qui pouvaient compter. Si lui, l’éternel bon choix  n’a pas pu en 27 ans avoir la main heureuse pour dénicher de bons collaborateurs, il devrait avoir l’honnêteté de ne s’en prendre qu’ à; lui-même pour son manque de flair et de rigueur dans ses choix. Depuis 27 ans, il s’est enfermé dans une politique absurde et injuste d’équilibre régional aussi inopérante que stérile, étant une politique qui promeut des individus sans développer leurs régions. De même, il a refusé de reconsidérer les critères de choix de ses hommes. Je ne sais pas comment on qualifie un entraîneur qui en 27 ans perd tous ses matches mais s’obstine  à conserver le même système de jeu,  à ne pas  être plus exigeant sur la composition de l’équipe et  à continuer  à; essayer  à chaque tournoi de nouveaux joueurs aux mêmes profils qui perdent tous leurs duels et qui ne font guère mieux que les anciens.

La philosophie qui a jusqu’ici présidé à la nomination des ministres n’a jamais été celle de la recherche de la compétence, de l’efficacité et du rendement. En d’autres termes, il n’a jamais été question de chercher et de mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut,  «  the right man in the right place» comme l’exigent les Anglo-Saxons, plus soucieux de la rentabilité qui génère la croissance et l’abondance  à redistribuer que du respect d’équilibres stupides des individus qui au bout du compte ne contribuent qu’ à rogner le pouvoir d’achat et  à dégarnir le panier de la ménagère et le porte-monnaie du citoyen moyen. Comme ils l’ont démontré en 1990 pour une équipe nationale qui comptait sur le terrain près de neuf joueurs sur onze de la même tribu( avec deux enfants de la même femme, les BIYIK) et qui est arrivée en quart de finale de la Coupe du monde, les Camerounais sont prêts à; accepter que tous les ministres soient issus de la même famille, s’ils sont convaincus qu’en un laps de temps relativement court, ils vont relever de façon sensible leur niveau de vie et les sortir de la misère innommable ils croupissent depuis de longues et douloureuses décennies!

Les découpages des ministères prouvent plutôt que le souci majeur du Prince est plus de donner  à manger au plus grand nombre possible de ses affidés que de mettre sur pied des structures ou des institutions fonctionnelles et efficaces susceptibles d’offrir aux citoyens le meilleur service public et de générer la croissance, le progrès et le développement. Sinon comment peut-on justifier qu’un ministère de la Jeunesse soit déconnecté des ministères en charge des questions éducatives qui rassemblent l’essentiel des jeunes, que celui de la Recherche soit déconnecté de l’Enseignement Supérieur, celui de l’Innovation du Ministère de l’Industrie ou celui du Travail coupé de l’Emploi etc.?

Chez nous, un ministre, n’est théoriquement que l’ambassadeur de la tribu à la mangeoire, le Prométhée qui vient voler le feu du bonheur pour revenir redistribuer au Clan, comme le faisait le chasseur aux temps de nos Anc êtres. Malheureusement que depuis que cette philosophie dure, on se rend compte que le clan et la tribu ne sont que des tremplins pour des individus qui ne reviennent vers les leurs  qu’aux moments de détresse, pour rechercher de nouveaux alibis ethniques afin de rebondir pour eux-mêmes ! Regardons autour de nous les régions qui depuis des décennies ont toujours eu le plus grand nombre de ministres ou de départements ministériels qui ont brassé l’essentiel nos budgets. Sont-elles des modèles de développement ou des endroits où il fait bon vivre ?

Mais par contre, leurs champions, dans l’ostentation la plus révoltante et l’arrogance la plus provocatrice ploient sous l’opulence et des fortunes dont ils ne savent quoi faire mais qui par méchanceté ne peuvent être redistribuées. Car leur plus grande préoccupation, ce n’est pas qu’ils soient insolemment riches, mais c’est surtout que le dénuement et la misère de leurs compatriotes viennent ajouter du piment et de nouveaux ingrédients à leur bonheur et à leur bien- être.

C’est pour cela que lorsqu’ils sont nommés, conscients de ce qu’on n’attend vraiment rien d’eux et qu’ils n’occuperont pas longtemps cette place, ils se hâtent de brouter avec frénésie là où ; ils sont attachés  pour assurer les lendemains incertains ainsi que pour narguer tous ceux-là qui, alors qu’ils mériteraient mieux dans un système autre, tirent le diable par la queue. Car en effet, depuis plusieurs années, les Camerounais se sont serré la ceinture et ont sacrifié leurs familles et leur train de vie pour satisfaire les caprices et les humeurs de la Banque Mondiale, du FMI, des Ajustements Structurels et pour l’atteinte d’un Point d’Achèvement qui les a plutôt achevés et dont ils attendent en vain les retombées.

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Les fonctionnaires et agents de l’Etat, par patriotisme et dans le même but, ont donné sans contrepartie les deux tiers de leurs salaires et tous leurs plans et avantages de carrière. Dans un tel environnement de restriction et de précarité généralisée, le président de la république ne s’est pas le moins du monde préoccupé du choc que provoquerait dans l’opinion la nomination  à la tête d’un ministère hautement stratégique et sensible de quelqu’un qui depuis son retour au pays natal n’a trouvé que les appartements douillets aux loyers exorbitants du Hilton comme seul endroit correspondant  à son standing de vie. Nous savons pourtant tous que le salaire mensuel d’un fonctionnaire de catégorie A2 en fin de carrière ne peut supporter pendant deux jours le coût astronomique d’un appartement dans ces Paradis Terrestres que l’Occident a transplantés chez nous pour satisfaire les excentricités et les folies dépensières de quelques milliardaires locaux ou en transit.     Nous avons pourtant tous suivi avec beaucoup d’intérêt les vagues qu’ont soulevé en France le séjour de quelques jours du président Sarkozy dans le yacht de Bolloré jusqu’ à ce qu’il ait rassuré et prouvé que cela n’avait coûté aucun centime au peuple français. Peut-on aussi nous prouver que ces séjours des dignitaires au Hilton et autres provocations dans un Pays Pauvre Très Endetté ne sont pas financés par le contribuable camerounais exténué et étranglé par une pression fiscale insoutenable ?

En dehors de ce sport national que sont les détournements, les marchés fictifs, les surfacturations, les abus de biens sociaux qu’ils pratiquent à temps plein, les ministres n’ont aucun pouvoir. Ils ne peuvent prendre aucune initiative personnelle. C’est pourquoi ils se tournent les pouces et ne posent le moindre acte que  là sur hautes instructions du président de la république  ! Et ils n’ont vraiment pas tort, car nous oublions trop vite que nous sommes dans un régime hyper- présidentialisé ou le totalitarisme a été constitutionalisé, ouvrant la porte à toutes sortes de confusions et confiscations de pouvoirs. Le président de la république, constitutionnellement doté de tous les pouvoirs, n’est plus homme, mais un démiurge, un Dieu autour duquel gravitent de milliers de courtisans et de griots qui lui claironnent à longueur de journée qu’il est infaillible et que c’est son entourage (entendez les ministres) qui est mauvais et qui trame chaque jour contre lui et contre le peuple de nombreux complots qui heureusement ne peuvent aboutir, un dieu étant par essence immortel. C’est cette sorte de fusible ou gilet pare-balles qui a bon dos et qui porte tous les péchés et tous les dérapages qu’on ne peut plus objectivement attribuer sans se renier à une divinité qui est  à l’origine de cette fiction ou cette nébuleuse qu’on a appelé la G11 !

En changeant donc chaque jour de ministres et en les remplaçant par d’autres qui se servent bien vite et repartent aussitôt, le président n’accomplit qu’une tâche divine pour se mettre  à la hauteur des attributs surnaturels qui confèrent la divinité : le rêve et l’illusion d’éternité; tout le monde passe et lui seul reste car il est l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin, la source de tout pouvoir. Nul ne peut rien s’il n’est avec lui, s’il ne passe par lui. C’est pourquoi dans beaucoup de cercles, il fait l’objet d’un véritable culte. La Presby, la Jachaby, et ces milliers d’associations alimentaires et clientélistes qui hors du RDPC orthodoxe champignonnent autour du Renouveau et du couple présidentiel sont autant de chapelles où se disent des messes basses, où l’on chante des louanges et où  chacun crie toujours plus fort que les autres, espérant d’ être vite remarqué, coopté, récompensé, casé.

Et si ces changements par trop réguliers de musiciens et de collaborateurs ne traduisaient que la défaillance, l’impuissance ou l’incompétence d’un chef d’orchestre incapable de trouver la bonne note de musique, la bonne partition et la juste mesure pour son auditoire et qui se déroulait sur son entourage pour se donner une contenance ! Car, seul le président de la République, à qui la Constitution donne tous les pouvoirs, doit répondre de la marche de l’Etat. C’est lui qui, en toute discrétion et en toute souveraineté, nomme tous les ministres et autres collaborateurs. Il doit par conséquent répondre de tous leurs comportements et assumer tous leurs actes. Si lui seul récolte les lauriers quand tout va bien, il doit aussi accepter d’essuyer les critiques, de même que les quolibets, quand tout va mal et que la grogne gagne la rue. Les changements intempestifs de ministres et de collaborateurs ne le disculperont point, de même qu’ils n’inverseront jamais les rôles et les missions des uns et des autres tels que prévus et définis dans la Loi Fondamentale :

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Le Président de la République définit la politique de la Nation ; il veille au respect de la Constitution ; il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ;     Art 10 :  il nomme le Premier Ministre et, sur proposition de celui-ci, les autres membres du gouvernement; il fixe leurs attributions ; il met fin  à leurs fonctions ; il préside les conseils ministériels. Quant au Gouvernement, voici ce que leur exige la Constitution :      Art. 11 :  Le Gouvernement est chargé de la mise en œuvre de la politique de la Nation telle que définie par le Président de la République 

Telles sont les dispositions implacables de la Constitution qui définissent et répartissent les rôles! Tant que le Président de la république n’a défini aucune politique pour la Nation, les ministres n’ont rien  à mettre en  œuvre, la loi ne leur laissant aucune marge pour des initiatives personnelles. Un remaniement ministériel n’a donc de sens et ne se justifie que dès lors que des missions précises, minutieusement définies et conçues par le président de la république, sont confiées  à des gens triés sur le volet parce qu’ils étaient les meilleurs parmi ceux qui avaient le profil de la tâche et non parce qu’ils appartenaient  à certaines tribus où  certains cercles et réseaux!

Ces happy few doivent aussi bénéficier d’une forme de décentralisation, d’un transfert de pouvoirs et de moyens qui leur laissent des coudées franches afin qu’ils ne se sentent pas comprimés dans des camisoles de force qui entravent leurs réflexions, leurs mouvements et inhibent leurs actions. Tel n’est malheureusement pas le cas chez nous, sans que fréquemment on voit le président de la république monter au-devant de la scène et sur tous les fronts, comme un Sarkozy, pour donner le la et impulser l’action. En d’autres termes, tant qu’un ministre ne dispose pas  à  sa nomination d’un cahier de charges connu de tous et qui peut  être évalué  à tout moment, toute sortie du gouvernement (ou limogeage) sera toujours arbitraire et ressemblera toujours beaucoup plus  grave; un règlement de comptes ou  à; un changement d’alliances qu’ à une sanction dans le sens pédagogique du terme.     La nomination, c’est la recherche d’un autre soi-même pour exercer une tâche : c’est est une création. Alors que Dieu crée par la parole, les princes, eux, créent par le décret. Et comme chaque Dieu crée toujours  à son image et  à sa ressemblance, peut-on au Cameroun dire que les ministres-créatures ne sont pas  à l’image et  à la ressemblance de leur ; Président-Créateur .

Combien de conseils ministériels tient-il par mois ou même par an pour expliquer, évaluer ou réorienter la politique qu’il a définie si tant est qu’il en a défini une ? Son parti politique, laboratoire de ces tares et travers, vit dans la même hibernation et souffre de la même léthargie ! Il est vrai que les coups de tête et les changements de ministres sont plus relaxants que la définition d’une politique générale et sectorielle qui peut causer des insomnies, des migraines ou des céphalées. C’est un exercice bien plus commode qui permet de temps en temps d’éprouver sa toute-puissance et de montrer aux autres qu’on est toujours là qu’on tient encore fermement la barre et qu’on est plus que jamais le seul maître à  bord.

Mais alors que théoriquement et constitutionnellement le président de la république n’a plus que trois ans pour quitter définitivement la scène, cette instabilité n’aura pas réussi à masquer le fait que pendant 28 ans, il n’avait jamais pu définir une politique sérieuse et viable pour la Nation et que pendant tout ce temps, nous avons fait de la navigation  à vue. Le Bateau Cameroun qui ne disposait d’aucune boussole, ne pouvait alors que voguer au gré des vagues et des vents. En deux ans, il ne fera pas ce qu’il n’a pas pu faire en 28 ans. Les miracles sont restés l’apanage des temps bibliques ! Ainsi donc tous les ministres à qui on a fait avaler d’énormes couleuvres, qui ont été utilisés, pressés, essorés, ridiculisés et abandonnés comme toute planche d’échafaude après que le maçon espiègle ait fini de construire son pouvoir et pris son escalier interne, n’auront été que des boucs-émissaires qui ne méritent nullement notre compassion. Car pour de mesquins calculs égoïstes et des moignons de bonheur personnel heureusement éphémère, ils auront sacrifié tout un peuple et toute une nation. Ils méritaient pire. Que l’harmattan les emporte jusqu’au désert.

Pr. Jean TAKOUGANG,

Spécialiste en Dialogue Social et Analyste Politique

ARCHIVES ICICEMAC.COMYaoundé              06-07-2009   

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