FONDS CORONAVIRUS OU LE PIEGE MORTEL POUR LE REGIME RDPC: POUR UNE FOIS LE FMI PEUT-IL ETRE SERIEUX AVEC LE REGIME BIYA?

0 56

La deuxième vague (financière) du coronavirus va-t-elle dynamiter le régime RDPC ? Enfermé dans sa condescendance habituelle vis-à-vis d’une opposition qu’il croit avoir définitivement domptée, le régime RDPC a snobé les dénonciations de l’opposition en général et en particulier du députe du SDF l’Honorable Jean Michel Nitcheu sur les détournements massifs qui s’opéraient au vu et au su de tout le monde dans la gestion des fonds mis à la disposition de la lutte contre la pandémie du coronavirus. Se disant comme d’habitude que le chien aboie et la caravane passe et englué dans sa gloutonnerie financière habituelle encouragée par l’effacement de son chef, il a fait preuve dans la gestion de la pandémie coronavirus d’une rapacité sans borne qui n’a épargné ni les fonds et autres dons péniblement collectés auprès d’un peuple réduit au régime de survie, ni ceux généreusement mis à la disposition du Cameroun par des pays amis et les bailleurs de fonds internationaux dont en particulier le FMI.

C’est ainsi que la bataille pour le partage de ces prébendes teintées de sang a atteint une telle dimension que dans notre billet de la semaine dernière, parlant d’un triple bras de fer entre le Premier ministre et le Secrétaire général de la présidence de la République, entre ce dernier et le Ministre d’Etat en charge de la Justice garde des Sceaux et entre ce dernier et le Premier Ministre, qui paralysent totalement l’action gouvernementale, nous nous sommes demandés s’il existe encore un capitaine dans le bateau gouvernemental pour mettre fin à ce qui ressemble au naufrage du Titanic. Moins d’une semaine après, comme pour nous démentir, quelque chose frémit comme un rugissement du lion réveillé.

Lire aussi:   Silence Is Betrayal--Martin Luther King Jr.

Face à une polarisation extrême de l’opinion publique sur des préoccupations fondamentales comme le « silence présidentiel », la guerre dans les régions anglophones qui fait de plus en plus de victimes avec l’entrée en scène de nouvelles armes, la remobilisation de l’opposition autour de la réforme du code électoral, l’aggravation de la pandémie du coronavirus qui fait de plus en plus de morts, etc., et surtout la bouderie de la plupart de ses soutiens internationaux qui ne l’invitent plus à leurs forums, M. Biya semble vouloir démontrer qu’il existe encore et du même coup donner des gages au FMI qui rechine à signer un nouvel accord avec le Cameroun, seul bouée de sauvetage pour son régime étranglé financièrement et en offrant de « nouvelles chairs à croquer » au petit peuple dans la stratégie de la diversion qu’il affectionne tant.

Il n’y a donc pas mieux qu’un coup de pied dans la fourmilière des milliards qui se sont évaporés dans le cadre de la lutte contre la pandémie du coronavirus, même si du même coup il met en contre faux son silence sur celui plus retentissant des infrastructures de la CAN 2019 qui implique son entourage le plus immédiat. Il en résulte que la double fête du ramadan et de l’Ascension ne semble pas avoir été heureuse pour plusieurs membres du gouvernement. En effet selon une information de bonne source et amplement relayée par certains médias tout le weekend, sur instructions du Président de la République, près de la moitié du gouvernement aurait reçu des convocations pour être entendus au Tribunal Criminel Spécial depuis hier lundi 17 mai 2021 dans le cadre de la gestion des fonds alloués par les bailleurs de Fonds notamment le FMI dans la lutte contre la COVID 19. En commençant par le premier ministre, Dion Ngute qui sera audité en premier dans cette affaire.Tout le monde sait que FMI a octroyé au Cameroun environ 250 milliards FCFA d’aide d’urgence pour faire face à la pandémie de la COVID 19.

Lire aussi:   Tueries de Ngarbugh : Le mensonge a de courtes jambes. Voici la récitation du désormais comédien Colonel Cyrille Atonfack, le porte-parole de l'armée camerounaise (vidéo)

Mais en contrepartie, l’institution de Bretton Woods exigeait un audit de gestion qui a été confié à la Chambre des comptes. Au mois de mars 2021, cette dernière qui est encore un plein travail sur le terrain, adresse un rapport d’étape ou notes préliminaires à Paul Biya où elle fait état de détournements massifs, délits d’initiés, de prise d’intérêt et autres dans la gestion des fonds affectes a la lutte contre le coronavirus.Dès que Biya a pris connaissance du document, il l’a transmis au secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh « pour enquête judiciaire ».

Ainsi, ce dernier adresse le 7 avril 2021, au ministre de la Justice, Laurent Esso une lettre dans laquelle il lui dit que sur « les hautes directives du chef de l’État », il est demandé au ministre de la Justice s’ouvrir une enquête contre les « les auteurs, coauteurs, et complices des cas de malversations financières » des détournements des fonds Covid-19 au Cameroun. Mais Ferdinand Ngoh Ngoh n’envoie pas à Laurent Esso les éléments, notamment le rapport d’étape de la chambre des comptes sur lequel le Président de la République s’est appuyé pour lancer une enquête judiciaire.Le 22 avril 2021, le ministre de la Justice estimant que Ngoh Ngoh ne lui a pas envoyé les éléments, notamment le rapport d’étape de la chambre des comptes, lui demande de lui « faire parvenir les pièces d’investigations » de la haute juridiction.Alors qu’on croyait les choses bloquées ma ce niveau, tout laisse croire que le ministre de la justice Laurent Esso aurait obtenu l’autorisation de Paul Biya de faire auditionner les responsables du gouvernement impliqués dans la gestion des fonds de la COVID 19. C’est ainsi qu’il aurait ainsi saisi la présidente du TCS, Annie Noëlle Bahounoui Batende et l’aurait informée qu’elle a l’autorisation du Président de la République pour ouvrir une enquête sur l’argent des bailleurs de fond dans la gestion des fonds de la COVID 19.Celle-ci aurait aussitôt adressé des convocations en cascade à la moitié du gouvernement. Ainsi, les auditions se poursuivraient depuis lundi.

Lire aussi:   Le président élu Maurice Kamto exprime toute sa gratitude à tous les donateurs du SCSI et au président du comité de gestion Penda Ekoka

Le FMI ne cache pas sa volonté de lier la signature d’un nouvel accord avec le Cameroun avec une plus grande transparence sur les fonds qu’il a mis à la disposition du Cameroun dans la lutte contre le coronavirus. Chaud devant, car Biya aurait exigé à Joseph Dion Ngute de faire un point complet sur l’utilisation des fonds Covid, accompagné de justificatifs tandis que plusieurs arrestations seraient déjà programmées !

E. FOPOUSSI FOTSO

NB: Titre de icicemac.com

commentaires
Loading...