Jacques Blaise Mvié, sous un arbre en face du tribunal militaire de Yaoundé, non loin du lieu dit " Carrefour intendance ", attendait son rédacteur en chef, Charles Nwé, qui était en train d'être auditionné par le colonel Hiehles Jonas, juge d'instruction dans ledit tribunal.
Quelques heures plus tôt, le directeur de publication de La Nouvelle Presse était auditionné par le même magistrat pendant près d'une demi-heure. Il répondait ainsi à une convocation qui lui avait été servie le 09 juillet dernier. " Pour préserver le secret de l'instruction judiciaire, je préfère ne rien déclarer en ce qui concerne mon audition. Nous sommes astreints au secret de l'instruction", nous a-t-il déclaré. Selon des indiscrétions cependant, le cabinet d'instruction n°2 du tribunal militaire, dont le juge est le colonel Hiéhies Jonas, voulait savoir la source des informations parues il y a quelques mois dans La Nouvelle Presse, concernant l'armée et le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Remy Ze Meka. Une information judiciaire aurait alors été ouverte. Selon des indiscrétions, Jacques Blaise Mvié et Charles Nwé seraient inculpés pour complicité avec Jéremie Doko et pourraient comparaître libres. En effet, des sources sûres affirment que la gendarmerie les soupçonnerait de complicité avec le maréchal de logis Jérémie Doko, actuellement en détention provisoire à Kondengui pour violation du secret militaire.
Interrogé afin de savoir s'il peut dévoiler ses sources d'informations à l'armée, Jacques Blaise Mvié répond : " Bien évidemment, je ne peux pas trahir mes sources ". A la suite des émeutes de la faim qui ont paralysé de nombreuses villes au Cameroun, le numéro 333 de La Nouvelle Presse mentionnait à sa une en surtitre " Un apprenti sorcier démasqué " et en titre " le vrai commanditaire de la tentative de coup d'Etat ". Ce vrai commanditaire était, selon le journal, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Rémy Zé Meka dont la photo était mis en évidence à la une du journal. Arrêté à Obobogo par les éléments de l'armée en mars dernier, après son " enlèvement " par la Sécurité militaire (Ssémil), Jacques Blaise Mvié sera entendu par la Sémil. Il sera ensuite entendu deux fois de suite à la gendarmerie nationale. Toujours pour savoir l'origine de ses informations.
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