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Santé Plus 

Traumatismes chez les enfants victimes de violence

Agencetropiques, [ Genève - ]

Les problèmes, particulièrement d'ordre mental et psychosocial, engendrés par les violences sont d'autant plus lourds que le traumatisme est grand.

Traumatismes chez les enfants victimes de violence

 

Les problèmes, particulièrement d'ordre mental et psychosocial, engendrés par les violences sont d'autant plus lourds que le traumatisme est grand. La situation est aggravée par la faiblesse des activités de prévention, et aussi et surtout par l'impossibilité d'accéder à un traitement abordable. Le coût social et monétaire de la violence se chiffre à plusieurs millions de dollars américains. En 1997, l'OMS a fait de la violence un problème de santé publique et de sa prévention une priorité mondiale. L'Organisation demande à ses Etats membres de prendre d'urgence des décisions stratégiques et de faire des choix qui auront des répercussions positives pour la prise en charge intégrée et complète de la violence, y compris le traitement des troubles mentaux et du comportement. Elle leur recommande de développer et/ou de renforcer les politiques de santé mentale, de promouvoir une approche multidisciplinaire et multisectorielle au niveau des soins et dans la communauté, de promouvoir l'éducation des communautés, y compris celle des familles et des consommateurs, de développer les ressources humaines, d'instaurer un système de surveillance à base communautaire et de soutenir la recherche en matière de prévention et de gestion de la violence. Les pays sont exhortés à respecter les droits humains des enfants et à faire de la lutte contre la violence une priorité en vue de réduire, voire éradiquer ce fléau et les traumatismes qui en découlent.

 

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime à 40 millions le nombre d'enfants de moins de 15 ans qui sont victimes de violence chaque année dans le monde. Les traumatismes qui en découlent se manifestent à des degrés divers en fonction de la gravité des actes commis et du vécu de l'enfant. Ils peuvent à long terme avoir des conséquences médicales et psychosociales.
L'ampleur du problème au niveau mondial est tel que la Journée mondiale de la santé mentale est placée cette année sous le thème "Les incidences des évènements traumatisants et de la violence sur les enfants et les adolescents" Cette Journée, commémorée récemment, est parrainée par la Fédération mondiale de la santé mentale. Dans la Région africaine de l'OMS, si le problème de la violence en général et de la violence contre les enfants en particulier est reconnu, sa dimension réelle n'a pas encore fait l'objet d'une enquête à une large échelle en termes d'épidémiologie, de manifestations physiques et psychiques, de prise en charge des cas et de prévention.
L'OMS définit la violence à l'égard des enfants comme suit: "Les mauvais traitements de l'enfant ou la maltraitance s'entendent de toutes les formes de mauvais traitements physiques et/ou affectifs, de sévices sexuels, d'abandon ou de négligence, d'exploitation commerciale ou autre, entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l'enfant, sa survie, son développement ou sa dignité, dans le contexte d'une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir". 

 

La maltraitance infantile

est souvent accompagnée de violence verbale, qui consiste à nier la personnalité de l'enfant, à avoir des mots blessants à son endroit, à lui interdire de s'informer sur ses droits et/ou de mener des activités. La résultante de cette violence psychologique est la dévalorisation, la dépravation de l'enfant qui peuvent en faire un être incompris, un délinquant. Les traumatismes qui en découlent sont d'ordre médical avec des blessures physiques, un choc ou des lésions graves, et d'ordre psychiatrique avec des souvenirs émotifs d'un événement pénible qui s'inscrivent profondément dans le cerveau. Au cours d'une consultation de l'OMS sur la réponse du secteur de la santé à la violence sexuelle tenue à Genève en 2001, une étude menée dans plusieurs pays de la Région a fait ressortir le fait que 36% des filles et 29% des garçons disent avoir été victimes d'abus sexuels dans leur plus tendre enfance. En 1999, l'institution Save The Children a publié le cas de 700 abus sexuels sur des enfants survenus dans un même pays. 

La violence sexuelle a de graves conséquences: grossesses non désirées, maladies sexuellement transmissibles (MST) y compris le VIH/SIDA, et indirectement l'alcoolisme, la toxicomanie, le vagabondage sexuel, la difficulté ou le refus de tout rapport sexuel. L'incidence de ce fléau se traduit aussi par la peur, l'anxiété, les troubles du comportement, du sommeil, de l'alimentation, de la parole, la dépression, et peut finir par le suicide ou tentative de suicide. 

 

Les mutilations sexuelles féminines

 qui sont considérées non seulement comme une violence sexuelle mais également comme une violation des droits humains de l'enfant, impliquent l'excision partielle ou totale du clitoris et d'autres organes sexuels de la femme. Elles sont causes d'infections graves, de saignements abondants, de septicémie, de rapports sexuels douloureux, d'écoulements menstruels difficiles, de perte de la rétention urinaire, de risque d'infections sexuellement transmissibles y compris le VIH/SIDA, d'accouchements douloureux, de dépression. L'ampleur du problème est tel que l'OMS a développé un plan d'action pour la Région africaine.

 

Les enfants victimes de violence la subissent principalement en milieu familial, communautaire, institutionnel ou du fait de la guerre. En temps de guerre, les enfants exposés à toutes formes de violence subissent des traumatismes pouvant interrompre le processus de leur développement, engendrer des troubles psychiques graves, en faire des délinquants, des criminels à vie. Les enfants qui ne subissent pas de violence mais qui en sont témoins peuvent aussi devenir violents. Selon les experts, ces enfants sont plus à même de battre leur partenaire à l'âge adulte que les enfants élevés dans des foyers non-violents. 

 Agencetropiques


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