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Sexualité et violence au Cameroun : Le récit de la première expérience sexuelle et rôle de l’entourage
Publié le 28-05-2013  |  (Yaoundé - Cameroun). Auteur : Séverin Cécile Abega & Esthelle Kouakam Magne   [lu : 952]
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Sexualité et violence au Cameroun : Le récit de la première expérience sexuelle et rôle de l’entourage
© Séverin Cécile Abega & Esthelle Kouakam Magne
Sexualité et violence au Cameroun : Le récit de la première expérience sexuelle et rôle de l’entourage
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Sexualité et violence au Cameroun : Le récit de la première expérience sexuelle chez les filles montre bien que celle-ci est une expérience douloureuse et violente. Le premier rapport sexuel chez les filles à Yaoundé est conditionné, non par leur volonté propre, mais par un ensemble de circonstances intrafamiliales et extrafamiliales qui le favorise. En général, le premier rapport est décevant pour ces jeunes filles abreuvées de romans à l’eau de rose et de séries télévisées brésiliennes dont est si friande la télévision nationale camerounaise.

 


Un rapport sexuel virilocal
L’espace représente un enjeu de pouvoir réel : « Selon qu’un homme agit sur les autres en imposant sa volonté par la force, en la faisant accepter du fait de l’autorité dont il est détenteur, en jouant sur ses dons et la sympathie qu’il sait créer autour de lui, en tirant parti [...] de sa situation géographique [...], les limites spatiales de son influence varient, dans certains cas rien ne vient arrêter les impulsions qu’il donne, dans d’autres sa domination s’arrête tout de suite » (Claval 1978 : 8).

Le premier rapport sexuel chez les filles à Yaoundé est conditionné, non par leur volonté propre, mais par un ensemble de circonstances intrafamiliales et extrafamiliales qui le favorise. En général, le premier rapport est décevant pour ces jeunes filles abreuvées de romans à l’eau de rose et de séries télévisées brésiliennes dont est si friande la télévision nationale camerounaise. Leur conception de la tendresse, de l’émotion, de l’amour romantique, de la passion, et les images que le petit écran leur renvoie d’amants délicats et attentionnés, de mariages à l’église sont évidemment tronquées.

Le premier rapport sexuel a généralement lieu chez le garçon en l’absence des membres de la famille, à savoir les aînés et les tuteurs, ou chez l’un de ses amis. Le milieu est donc étranger à l’adolescente, et il lui es impossible de se défendre ou d’en tirer un quelconque avantage. De plus, celle qui « rend visite » à son ami est rarement consciente de l’issue sexuelle de cette rencontre. Les règles sociales sont telles que la jeune fille ne peut pas, avant un certain âge, se permettre d’inviter chez elle des amis de sexe opposé, ce qui pourrait être perçu comme un manque de respect vis-à-vis de ses parents.

Toutefois, dans le cas où ce genre de rencontre serait toléré, la présence des autres membres de la famille, notamment des parents, ne permet pas que cette rencontre se déroule dans un climat de détente. De plus, en tant que jeune femme, l’adolescente se situe au bas d’une double échelle de stratification sociale, celle de l’âge et celle du sexe. S’y ajoutent les règles de domination matérielle. Étant sans ressources et donc entièrement dépendante de ses parents, elle ne peut ni remettre en question ce qu’ils disent et lui dictent, ni prendre une initiative quelconque sans se heurter à de fortes pressions.

Ce contexte conditionne donc ses fréquentations et, quand il s’agit de garçons, elle est plus souvent leur invitée que leur hôte. Cette spatialisation de la relation se traduit finalement en rapport de force inégal, puisqu’elle ne peut maîtriser les stratégies mises en oeuvre par le garçon dans cet espace ; elle y est une étrangère et se retrouvera dès lors prise au dépourvu face aux sollicitations pressantes du jeune homme. Cette situation fera d’elle une victime plutôt qu’une partenaire, et il lui sera impossible de demander de l’aide, soit parce que le rendez-vous a été arrangé en l’absence de toute autorité familiale ou de voisins immédiats, soit que les personnes à proximité sont complices, complices actifs ou passifs selon les cas.
L’implication de l’entourage

Le récit de la première expérience sexuelle chez les filles montre bien que celle-ci est une expérience douloureuse et violente. Lorsque les jeunes filles s’engagent dans une relation hétérosexuelle, leur premier objectif avoué n’est pas d’avoir un acte sexuel avec leur partenaire masculin. Ce sont eux qui sont souvent plus conscients de leur désir d’avoir un rapport ; d’ailleurs, la plupart l’expriment dès la première rencontre. Ainsi l’acte sexuel a-t-il lieu à l’initiative du partenaire masculin, ce désir étant souvent exprimé graduellement au fil de la relation ou brutalement lors d’une rencontre qui peut tourner au viol ou au chantage affectif, comme le montre le cas de G., 16 ans :

« J’ai été agressée ici par un jeune parce que je ne voulais pas sortir avec son petit frère. J’étais allée acheter un jus, il m’a demandé si c’est moi Catherine, pourquoi je ne veux pas sortir avec son frère, avec ses amis. Il a menacé de battre sur moi [sic], je résistais. Nous avons été interpellés par la police et transportés au commissariat. Là-bas j’ai tout expliqué et l’on m’a libérée. Je ne connais pas la suite »3.
Si l’âge lors du premier rapport sexuel oscille généralement entre 10 et 20 ans chez les filles, les deux tiers ont leur premier rapport sexuel entre 10 et 15 ans avec des partenaires de un à trente ans leurs aînés. L’initiative du rapport sexuel, nous l’avons dit, émane des garçons. Les filles engagées dans une relation avec un garçon ne franchissent pas le pas, au départ, pour assouvir un besoin sexuel. La raison principale qui les anime est d’ordre social : montrer que l’on a grandi auprès de celles qui sont déjà passées à l’acte. Ces dernières, d’ailleurs, n’appréciant pas que l’on s’écarte de leur « modèle », utilisent toute forme de violence, psychologique ou physique, pour amener leur camarade à se défaire de son « esprit de petite fille ». Aussi leur arrivent-elles de jeter littéralement leur amie dans les bras d’un garçon : c’est le cas de F., qui nous décrit les circonstances de son premier rapport sexuel à 15 ans :

« J’étais dehors, ma maman m’a laissé la marchandise. J’avais l’argent, j’avais les clés. Il est venu parce qu’il savait que j’étais encore une petite fille ; il venait à la maison à chaque instant, ma maman le remarquait déjà, j’ai donc dit que, pardon, rentre chez toi, ne mets plus les pieds ici. Il n’y avait personne chez moi, il a pris les clés de ma mère, il est parti avec ça jusqu’à chez eux. Oui, il a fait le complot avec mes copines, elles doivent m’accompagner prendre les clés ; je suis partie chez lui, il m’a montré les clés posées sur l’armoire de sa chambre. Il était dehors. Il a dit : “Si toi tu as peur de prendre les clés, comme je suis dedans je sors.” J’ai envoyé sa petite soeur, elle a refusé, son petit frère, il m’a dit que “non, il est trop méchant”, je suis donc entrée dans sa chambre chercher les clés, il est entré, il a fermé la porte j’ai commencé à crier là-bas dedans ; mes copines sont entrées ».

 

Partie 1 : Le premier rapport sexuel chez les jeunes filles à Yaoundé : The First Sexual Encounter of Young Girls in Yaoundé.

A suivre demain :
Le premier rapport sexuel
chez les jeunes filles à Yaoundé : comment les premiers pièges sont tendus


Séverin Cécile Abega & Esthelle Kouakam Magne

Cet article est extrait des résultats du projet de recherche intitulé « Étude du
comportement sexuel des adolescents et du rapport à la prostitution » dans quatre
villes africaines connaissant différents niveaux d’infection par le VIH. Cette
enquête, menée en 2000-2001.


Pour des raisons de droits d’auteurs nous ne pouvons publier que des morceaux de cet article : Pour le citer :
-------------------------------------------------------------------------------------------------
Abega Séverin Cécile et Kouakam Magne Esthelle, « Le premier rapport sexuel chez les jeunes filles à Yaoundé »,
Cahiers d'études africaines, 2006/1 n° 181, p. 75-93.


Copyright © Séverin Cécile Abega & Esthelle Kouakam Magne, Yaoundé - Cameroun  |  28-05-2013
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