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La corruption et la politique au pays de Paul Biya: Des exemples
Publié le 17-10-2012  |  (Yaoundé - Cameroun). Auteur : La Cité   [lu : 3875]
La corruption et la politique au pays de Paul Biya: Des exemples
© La Cité
La corruption et la politique au pays de Paul Biya: Des exemples


Point n’est plus nécessaire de définir la corruption dans un pays comme le nôtre. Tout le monde sait ce que c’est. D’ailleurs, les Camerounais n’ont guère attendu les rapports de Transparency International pour décrire, se plaindre et, finalement, dénoncer ce phénomène.

Dans leurs langues nationales, ils disposent d’expressions qui rendent parfaitement compte de la corruption : « mouiller la barbe », « tchoko », « makalapati », « la chèvre broute là où elle est attachée », etc. Toutefois, il y a un aspect de la corruption, au Cameroun, qui n’est pas suffisamment décrié, parce que, probablement, plus discret, voire moins quotidien : il s’agit de la corruption en politique. Celle-ci est tout aussi grave et pernicieuse que les autres, même si la population n’en a guère pleinement conscience.

Elle a, pourtant, toutes les fois où elle a été pratiquée, changé le cours de l’histoire du Cameroun. La corruption des ministres démissionnaires avec Ahmadou Ahidjo le 11 février 1958 Le 11 février 1958, ahmadou ahidjo démissionnait de ses fonctions de Vice-premier ministre et Ministre de l’intérieur du gouvernement andré- Marie Mbida.

 En remettant sa démission, il avait entraîné avec lui, tous les ministres issus du groupe parlementaire auquel il appartenait, l’« Union Camerounaise », en abrégé, UC. On connaît l’histoire, le Haut-commissaire de la République française au Cameroun, Jean Ramadier, n’avait pas voulu avaliser, par sa signature, le remplacement, par le Premier ministre andré-Marie Mbida, des ministres démissionnaires. Son gouvernement avait ainsi été renversé. Puis, ahmadou ahidjo avait été désigné Premier ministre, et avait obtenu le vote d’investiture le 18 février 1958.

C’est ce que l’histoire a retenu. Mais, peu de temps après, la vérité sur la démission des ministres avec ahmadou ahidjo a été mise à nue. Tous avaient été corrompus. il avait été remis, à chacun, un chèque de deux cents mille francs cfa, (200.000). Pour la petite histoire, ces chèques étaient sans provisions. Traduction, ils s’étaient fait rouler. Mais, en tout cas, ils avaient été soudoyés. Cet acte ô combien dégoûtant de corruption politique, avait été suivi, peu de temps après, d’un second.

La corruption des délégués du « Southern Cameroons » à Foumban au mois de juillet 1961 au mois de juillet 1961, dans la ville de Foumban, s’était tenue la célèbre conférence, entre des délégués de la République du Cameroun, d’une part, et ceux du Southern Cameroons, d’autre part, destinée à régler les derniers détails en vue de la réunification qui devait survenir le 1er octobre 1961. La délégation du Southern Cameroons avait apporté ses points de discussion.

Ceux-ci étaient au nombre de cinq : 1/- la désignation d’une capitale commune pour les deux futurs Etats fédérés, ils proposaient ainsi la ville de Douala comme capitale fédérale, ainsi, yaoundé deviendrait la capitale du futur Cameroun Oriental, tandis que Buéa deviendrait la capitale du futur Cameroun Occidental ; 2/- l’adoption d’un hymne national commun ; 3/- l’adoption d’un drapeau national commun ; 4/- l’adoption d’une devise commune ; 5/- l’élaboration d’une Constitution commune. Ces points de discussion avaient été adoptés au cours d’une conférence préalable tenue au mois de mai dans la ville de Kumba.

Mais, voilà que dès l’ouverture de la conférence, la délégation de la République du Cameroun conduite par le président de la République, ahmadou ahidjo, balaie d’un revers de la main, tous les points soumis par la délégation du Southern Cameroons à la discussion. Bien mieux, celle-ci intime l’ordre aux délégués du Southern Cameroons de ne procéder, tout juste, qu’à des amendements de la Constitution de la République du Cameroun du 4 mars 1961, et rien d’autre. Pas question de débat sur la drapeau, la devise, l’hymne national, encore moins la capitale. Celle de la futur République fédérale sera yaoundé. Point. Colère des délégués du Southern Cameroons.

Mais, dès leur arrivée la veille (l’avion de « commandement » de la République du Cameroun avait été dépêché à Tiko pour les transporter), chacun d’eux avait été « pris en charge » par trois charmantes créatures et un paquet d’argent contenu dans une grosse enveloppe. ils s’étaient par conséquent retrouvés bien embarrassés. Claquer la porte ? il fallait restituer les enveloppes, et, naturellement, avec la totalité de leur contenu.

D’un côté, les délégués du Southern Cameroons découvraient qu’ils avaient été piégés, d’autant que John Ngu Foncha leur tenait, mot pour mot, le même langage qu’ahmadou ahidjo : laissez tomber vos points de discussion. D’un autre côté, ils étaient impressionnés par le contenu de ces enveloppes qui ne pouvaient que changer leur existence pour de très nombreuses années, voire pour le restant de leurs jours. Dilemme. Que faire ?

 Malgré de nombreux éclats de voix, ils se sont tous, finalement résignés à se soumettre aux desiderata de la délégation de la République du Cameroun. ils se sont uniquement mis à plancher sur les amendements à apporter à la Constitution de la République du Cameroun du 4 mars 1961. aujourd’hui, les nouvelles générations de natifs de l’ex-Southern Cameroons s’insurgent contre ce qu’elles qualifient « d’absorption » des anglophones par les Francophones à la suite de la réunification du 1er octobre 1961. Ce qu’ils ne savent probablement pas, c’est qu’il y a avait eu corruption lors de la négociation finale de la réunification. Des paquets d’argent avaient circulé.

La corruption en politique ne résoud pas les problèmes du pays

De nombreux Camerounais estiment que cette corruption du mois de juillet 1961 était une « bonne corruption », une corruption « utile ». Mais, ce n’est qu’un point de vue. Qui peut dire que sans corruption, la réunification partielle du Kamerun (car c’est bien le Kamerun, c’est-à-dire la patrie originelle, qu’il fallait reconstituer) en 1961, ne se serait pas réalisée ?

En vérité, la corruption des délégués n’aura véritablement servi qu’à une chose : imposer un dictat aux délégués du Southern Cameroons, et rien d’autre. Ce dictat est malheureusement à l’origine, aujourd’hui, du mouvement sécessionniste anglophone dénommé SCNC, Southern Cameroons National Council. Traduction, la corruption peut résoudre apparemment un problème, mais en crée véritablement un autre.

De même que la corruption de juillet 1961, à Foumban, n’avait pas réglé, en totalité, du moins de façon satisfaisante pour les deux parties, le problème de la réunification, toutes celles qui se sont produites par la suite et continuent à se produire à ce jour, ne règlent véritablement pas les problèmes auquel est confronté le gouvernement.

C’est ainsi que la démocratie a été de retour au Cameroun. Le gouvernement s’est lancé dans une corruption systématique des différents leaders politiques de l’opposition, afin de vider le multipartisme et la démocratie de leur contenu. Cela, le moins que l’on puisse dire, a réussi à anéantir l’opposition camerounaise.

Mais, ce faisant, dès lors que les partis politiques ont été affaiblis, ainsi qu’ils le sont actuellement, il a surgi ce qu’il est possible d’appeler « l’intervention directe » de la population sur la scène politique. Cela s’est traduit, au mois de février 2008, par la casse que le Cameroun a connu et qui était de nature à emporter le régime, pour peu que celle-ci ait été mieux préparée.

Car, ce que le régime n’a pas prévu, c’est que, une fois les partis politiques d’opposition devenus inefficaces, plus rien ne joue plus le rôle de canalisation du mécontentement populaire. Il revient, en régime démocratique, aux formations politiques de remplir cette fonction. il fallait y penser… Exemples de la corruption politique flagrante à l’heure du renouveau

Mars 1992, des élections législatives sont annoncées. Mais, les nouveaux partis politiques nés à la faveur du retour du Cameroun au multipartisme, refusent de prendre part au scrutin. ils prônent, purement et simplement, le boycott. Le régime est bien embarrassé. Si ceux-ci ne participent pas au scrutin, celui-ci ne pourra nullement être crédible. Or, il faudrait absolument qu’il le soit, pour l’image du régime sur le plan international.

Que faire ?

 Le Président Paul Biya a intervenu à la télévision. il annonce aux Camerounais qu’il leur a réservé une enveloppe de cinq cents (500) millions de francs cfa, afin qu’ils « confectionnent » leurs dossiers de candidatures. Les effets de cette annonce ne se sont pas fait attendre. aussitôt, des centaines de dossiers se sont mis à atterrir dans les préfectures à travers le territoire national. Finalement, le scrutin a été « sauvé ». Les espèces sonnantes et trébuchantes ont dissuadé les Camerounais de boycotter le scrutin. Octobre 2004. Les élections présidentielles se préparent.

L’opposition s’attèle à présenter un candidat unique, solution miracle, selon elle, pour terrasser Paul Biya. Hogbé Nlend, antar Gassagay, John Fru Ndi, adamou Ndam Njoya, Sanda Oumarou, etc, tiennent réunion sur réunion. Les pourparlers avancent. Le régime s’en inquiète. Déjà, le « pêcheur de baleines » a refusé d’entrer dans cette mêlée. il ne croit guère à cette histoire à dormir debout de la candidature unique de l’opposition. il dépose sa candidature, sans tenir compte de ses collègues de l’opposition. Bien mieux, il se met à ironiser sur leur sort.

Plus tard, lorsque la démarche a capoté, il rigolera en disant : « ils se sont réunis et ont choisi, finalement, quatre candidats uniques de l’opposition ». Mais, il parle trop. alors, ces « quatre candidats uniques » se mettent, pour leur part, à raconter que, « cette grosse gueule a perçu de l’argent pour faire capoter l’affaire, au même titre que X, Y, et même Z ». Ce n’est pas tout, il leur a été promis des postes ministériels, à la condition qu’ils sabotent le projet de candidature unique…

Décembre 2007, le Président Paul Biya décide de procéder à la modification de la Constitution. Une partie de la population en est outrée. il le sait. Des paquets d’argent sont aussitôt mis en jeux. D’innombrables personnes en reçoivent pour se transformer en défenseurs zélés du projet présidentiel, le présentant comme « extrêmement » démocratique. Des professeurs d’université, des journalistes, un beau monde goûte allègrement au soya. Contre toute attente, issa Tchiroma, opposant devant Dieu, se fend en déclarations fracassantes sur les ondes des radios, à la stupéfaction générale de la population qui ne le reconnaît plus, lui qui avait «incendié» Garoua, des mois durant, pour que Paul Biya quitte le pouvoir. Quelques mois plus tard, il effectue son retour au gouvernement.

Juillet 2009. Le Président Paul Biya

doit se rendre en France. Mais la communauté camerounaise en France lui promet les tomates. Elle est très remontée contre lui, depuis qu’il a procédé à une modification de la Constitution. il en prend véritablement conscience. Si ces jeunes gens venaient à tenir leurs promesses, ce serait un échec politique. Que faire ? Plusieurs millions de francs cfa ont été débloqués pour mobiliser les Camerounais à travers le territoire français, afin que ceux-ci viennent l’acclamer « massivement » à sa descente d’avion, tout comme à tous les endroits où il se rendra. De nombreux camerounais de la diaspora tempèrent, l’espace d’une visite officielle, leurs critiques envers le régime.

Ses propagandistes, quant à eux, crient victoire : « les Camerounais de France ont accueilli massivement et chaleureusement leur président de la République, tant à Paris qu’à Bordeaux ». 2011 lors de l’élection présidentielle, 22 candidats encaissent 30 millions chacun sans pouvoir atteindre 2% de suffrages pour la quasi totalité. Octobre 2012 Elecam convoque les partis politiques qui le vilipendent. ils sont tous présents, même Ni John FruNdi moyennant une poignée de FCfa.

Deux fois le pays le plus corrompu du monde Depuis l’indépendance, de nombreuses voix se sont élevées pour décrier la corruption qui gangrène l’administration. Répondant à une question de l’ancien rédacteur en chef de la Crtv Eric Chinjé à ce sujet, le Président Paul Biya n’en demande pas moins à ceux qui s’en offusquent d’apporter des preuves. Mais si les Camerounais qui vivent le phénomène n’en ont pas, Transparency international s’en chargera,lorsque l’Ong allemande classera par deux fois le Cameroun (1999 – 2000), le pays le plus corrompu du monde. L’image du pays déjà sous ajustement structurel prend un coup.

Le régime, certes avait déjà manifesté une volonté de lutter contre le phénomène à partir de 1997, avec l’arrestation de l’ancien Secrétaire général de la Présidence Titus Edzoa pour des faits de détournement de deniers publics. Mais la lutte la corruption est réellement déclenchée deux ans plus tard, c’est-à-dire en 1999, avec l’arrestation de Pierre Désiré Engo, alors tout puissant directeur général de la Cnps, suivie de celle non moins retentissante de Mounchipou Seidou, alors Ministre des Postes et Télécommunications, dans le cadre du scandale que l’opinion a qualifié de Mounchipougate. Elle atteint sa vitesse de croisière en 2006 et 2007 avec l’intensification de l’opération dite épervier montée à cet effet.

Depuis lors, des dizaines de hauts dignitaires du régime sont régulièrement jugés pour cause de détournement de fonds publics et écopent de très lourdes peines, dont certaines vont jusqu’à la condamnation à vie. Seulement cette opération d’assainissement des moeurs n’échappe pas à la polémique. Une partie de l’opinion la qualifie en effet d’entreprise de règlement de comptes politiques, pour mettre sous éteignoir tous les ambitieux qui lorgnent le trône d’Etoudi.

Mais le Président de la République dit et redit que tous ceux qui se sont rendus coupables de détournements de deniers publics (corruption) quelque soit leur rang social, vont rendre gorge. La mise en fonction le 15 octobre 2012 du Tribunal Criminel Spécial reserve de très grosses surprises à tous ces bandits à col blanc. Quand on veut faire de la politique, il faut éviter de voler l’argent public. a bon entendeur salut.

Source: La Cité N° 114 Octobre 2012


Copyright © La Cité, Yaoundé - Cameroun  |  17-10-2012
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