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Après le 17 octobre 1961, la France serait-elle prête à reconnaître la guerre du Cameroun?
Publié le 19-10-2012  |  (Paris - France). Auteur : Kamerun-lesite.com   [lu : 3952]
Après le 17 octobre 1961, la France serait-elle prête à reconnaître la guerre du Cameroun?
© Kamerun-lesite.com
Après le 17 octobre 1961, la France serait-elle prête à reconnaître la guerre du Cameroun?


« Il ne viendrait à aucun responsable français l’idée de nier cette tragédie. » C’est ainsi que l’ambassadeur de France au Cameroun, Bruno Gain, commente notre livre Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (La Découverte, 2011) dans le quotidien camerounais Le Jour de ce 18 octobre. On est loin de l’aveuglement total d’un François Fillon qui, en visite à Yaoundé le 22 mai 2009, avait osé affirmer que « tout cela c’est de la pure invention » (source).

Après la reconnaissance hier par François Hollande du massacre des Algériens du 17 octobre 1961, la France reconnaîtra-t-elle bientôt les crimes qu’elle a commis au cours de la guerre sanglante qu’elle a menée  contre les nationalistes camerounais, avant et après l’indépendance de 1960 ?

 

On ne peut que se féliciter de cette prise de conscience, mais on devine aussi entre les lignes de sa déclaration (reproduite ci-dessous) une tentative inquiétante de dédouaner la France de ses responsabilités, à travers quatre souhaits de l’ambassadeur :

 

- prétexter que  « tout le travail de mémoire et de recherche sur cette période n’a pas encore été fait » pour remettre en question la réalité des faits. Comme tout fait historique, la guerre du Cameroun mérite de plus amples études, mais le déroulement de la guerre et les responsabilités de la France sont déjà largement documentées.

 

- reporter toujours à un « plus tard » indéterminé la reconnaissance officielle des crimes perpétrés par la France et/ou sous son commandement au Cameroun (« Le moment viendra sans doute où cet indispensable travail mémoriel sera accompli »). Il a fallu 51 ans à la France pour admettre qu’elle a commis un massacre au cœur de Paris. Combien lui en faudra-t-elle pour reconnaître la guerre du Cameroun ?

 

- renvoyer une part importante de la responsabilité du conflit sur « les Camerounais » – lesquels ? – pour mieux dédouaner les autorités françaises de leurs propres responsabilités (« Il y a en effet place pour un regard lucide et responsable sur une histoire qui est aussi une histoire partagée ; une histoire dont Français et Camerounais ont été les acteurs et les responsables et qui requiert une approche nuancée. »)

 

- revenir au prétexte du fractionnement « ethnique » du Cameroun, usé jusqu’à la corde, pour appeler à la « prudence »… sans mentionner que les autorités coloniales et néocoloniales sont les premières à avoir suscité et exploité les divergences « tribales » (« L’évocation du maquis, du rôle de l’UPC, ou de la répression contre la communauté bamiléké m’incite aussi à observer qu’il faut éviter tout ce qui pourrait susciter un retour au tribalisme ou au clanisme. »)

 

La France doit reconnaître qu’elle a mené une petite guerre d’Algérie en Afrique centrale, passée largement inaperçue à l’époque et soigneusement masquée depuis. Une guerre qui a causé la mort de dizaines voire de centaines de milliers de Camerounais entre 1955 et 1971, et qui a permis d’installer le régime de terreur toujours en place aujourd’hui, incarné par Ahmadou Ahidjo (1958-1982) puis Paul Biya (1982 -…).

 

Bruno Gain affirme vouloir lever « beaucoup de tabous et de non-dits sur ces années noires » en favorisant la recherche historique et le travail de mémoire. Nous le prenons au mot et l’appelons à œuvrer pour :

 

- l’ouverture complète des archives françaises sur le sujet : trop de cartons d’archives sont encore interdits d’accès aux chercheurs

- l’organisation d’un colloque d’historiens international consacré à la guerre du Cameroun

- l’octroi d’aides aux jeunes chercheurs, notamment camerounais, qui travaillent aujourd’hui sur ce passé avec des moyens dérisoires.

 



Kamerun !
Une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971
Manuel DOMERGUE, Jacob TATSITSA, Thomas DELTOMBE    



Pendant plus de quinze ans, de 1955 à 1971, la France a mené au Cameroun une guerre secrète. Une guerre coloniale, puis néocoloniale, qui a fait des dizaines de milliers de morts, peut-être davantage. Une guerre totalement effacée des histoires officielles. En France, où l'on enseigne toujours que la décolonisation de l'« Afrique française » fut exemplaire et pacifique. Et au Cameroun, où il est encore risqué aujourd'hui d'évoquer ce terrible conflit qui enfanta une redoutable dictature... C'est dire l'importance de ce livre, qui retrace pour la première fois l'histoire de la guerre menée par les autorités françaises contre l'Union des populations du Cameroun (UPC), le parti indépendantiste créé en 1948, et tous ceux pour qui la liberté et la justice s'incarnaient en un mot : « Kamerun ! »

Pendant quatre ans, les auteurs ont enquêté en France et au Cameroun. Ils ont retrouvé de nombreux témoins : militaires français et camerounais, combattants nationalistes, rescapés des massacres... Dans les archives, ils ont consulté des milliers de documents et fait d'étonnantes trouvailles. Ils racontent comment furent assassinés, un à un, les leaders de l'UPC : Ruben Um Nyobè en 1958, Félix Moumié en 1960 et Ernest Ouandié en 1971. Et ils montrent comment l'administration et l'armée françaises, avec leurs exécutants locaux, ont conduit pendant des années une effroyable répression : bombardements des populations, escadrons de la mort, lavage de cerveau,
torture généralisée, etc.

Plus de cinquante ans après la pseudo-indépendance accordée au Cameroun le 1er janvier 1960, cette histoire reste d'une brûlante actualité. Car c'est aussi celle de la naissance de la Françafrique, fruit du consensus colonial de la IVe République, puis de la diplomatie secrète de la Ve République. C'est l'histoire, enfin, d'un régime « ami de la France » en guerre perpétuelle contre son propre peuple : après vingt-deux ans de dictature sous Ahmadou Ahidjo et près de trois décennies de déliquescence sous Paul Biya, les Camerounais rêvent toujours d'indépendance et de démocratie.

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Source:kamerun-lesite.com


Copyright © Kamerun-lesite.com, Paris - France  |  19-10-2012
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