Alice SADIO remplace Saidou Maidadi démissionnaire de l’AFP

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Alice SADIO

Cher camarades militants, occupant ce poste, je sollicite de votre part une collaboration directe et sincère.  Car, je ne suis rien sans vous. Je suis donc à disposition, pour entendre vos critiques, vos conseils, pour la bonne marche du secrétariat général et partant du parti tout entier. Je suis adepte de la politique propre

CEREMONIE DE PASSATION DE SERVICE ENTRE LE SECRETAIRE GENERAL DEMISSIONNAIRE 
 
ET LA SECRETAIRE GENERALE ADJOINTE CHARGEE DE LA COMMUNICATION.
Allocution de Mme Alice SADIO
 
Monsieur le Président National de l’AFP, 
Chers camarades membres du parti,
 
Ex-camarade, bien aimé Saidou Maidadi,
Vous adressant mon bonjour militant en cette cérémonie de passation de service entre le démissionnaire et moi-même sous votre supervision monsieur le président national, permettez moi de signifier aux uns et aux autres que, s’il m’était donné de choisir, je n’aurai jamais choisi de réaliser une ascension politique au sein de notre parti dans de telles circonstances. Hélas, je n’ai pas eu le choix. Je subis comme vous tous une décision soudaine de notre compagnon de lutte de quitter le parti. 
J’accepte cette nomination, tout en vous remerciant d’avoir pensé que j’étais la personne adéquate pour assurer l’intérim conformément aux statuts, en attendant le prochain congrès ordinaire du parti. 
 
 
Acceptant cette nouvelle responsabilité que vous me confiez, je mesure l’ampleur de la mission qui est désormais mienne, mission on ne peut plus délicate en cette période post élection présidentielle et pré-élections couplées, municipales et législatives. Plus que délicate, ma mission est même hautement risquée puisque je dois administrer en zone de forte  turbulence. 
 
Je n’ai pas envie de me voiler la face, nos militants et sympathisants qui se recrutent dans toutes les couches sociales ne se sont pas encore relevés du choc de la mauvaise tournure de la présidentielle du 09 octobre dernier. Les militants et les citoyens qui ont de l’admiration pour notre parti ont certainement raison de ne se remettre que difficilement, car personne, et je dis bien personne, même pas nos adversaires les plus vicieux, n’avaient imaginé que même en contexte de fraude nous pouvions avoir une aussi faible performance. 
 
 
Mais, il se trouve tout simplement que tout le monde a sous-estimé le machiavélisme du régime et de ses compères. Oui, monsieur le président national, il faut qu’on en parle. Il faut que les militants, les sympathisants, et le peuple camerounais tout entier sachent que vous avez été victime d’un complot. Si pour certains candidats,  aller aux élections et essuyer un échec est devenu presque une routine, nous par contre, nous étions préparés à livrer une bataille sans merci à ce système de trente ans de vampirisation du peuple et de son patrimoine. Vous avez fait le tour du monde à cet effet, après avoir fait le tour du pays plus d’une fois. Les esprits étaient disposés, les volontés manifestes étaient nombreuses. Le régime l’a perçu et a déroulé une artillerie lourde autour de vous, qui vous a traquée jusqu’à la dernière minute. 
 
 Tous ceux qui avaient fait la promesse ferme de soutenir cette lutte que nous voulions ultime ont malheureusement fait l’objet des intimidations les plus abjectes. Oui, notre zèle a été plombé brutalement. C’est alors que stratégiquement, nous avons solennellement, dans une dernière tentative de mobilisation des forces appelé tous les candidats sincères et acquis à la cause du changement à fédérer rapidement autour d’un homme et d’une charte minimale et consensuelle pour sauver ce qui était encore sauvable.
 
 Vous êtes allé même jusqu’à saisir un leader avec qui nous trainons encore un lourd contentieux devant les tribunaux, dans le seul but de sauver la patrie. Hélas, et je vous cite « les intérêts égoïstes persistent et signent, et l’emportent très souvent sur l’intérêt général. ». Voilà la sordide histoire de la présidentielle de 2011. 
 
Néanmoins l’impact de ces forces externes sur nous, ajouté au manque de sincérité de certains leaders,  ne devrait pas nous dispenser de l’auto critique qui seule nous permettra d’évaluer nos imprudence, nos faux pas, nos actes manqués, afin de nous amendez pour mieux affronter les luttes à venir.
 
Ce poste que vous me confiez en cette période trouble est en réalité un défi que vous me lancez. J’accepte le défi, mais à une condition. Que vous acceptiez à votre tour de sursoir la dynamique que vous aviez entamée et qui consistait à susciter un nouveau leadership au sein du parti afin de vous consacrer à la pensée plutôt qu’à la praxis. Car si j’ai l’obligation de répondre présente et d’assumer mes nouvelles responsabilités, vous avez à votre tour, l’obligation de tenir encore un peu, du moins le temps qu’il faut pour stabiliser le parti, rassurer vos militants et essayer encore une fois de convaincre vos pairs des autres formations politiques du bien fondé d’un regroupement des vrais patriotes dans une nouvelle dynamique qui sache placer l’intérêt général avant les intérêts partisans et personnels. Le devenir de notre pays en dépend. J’accepte d’œuvrer à vos côtés pour le succès de ce noble projet.  Car je vous crois à la hauteur d’une telle tâche. La raison d’être de l’Alliance des Forces Progressistes n’est-elle pas d’œuvrer pour la rencontre des hommes, des idées, des courants, des organisations, afin de  réussir le pari de sortir nos formations politiques des clivages et balkans tribaux ? 
 
Pour un jeune parti comme le nôtre, il fallait être un rêveur et un passionné comme vous pour donner, autant que vous avez donné à l’édification de ce projet. Je suis de votre côté, car je pense comme disait le philosophe, que rien de grand ne s’est fait dans le monde sans passion. N’ayez crainte monsieur le président, la graine germera. Et ceux qui auront eu la patience nécessaire récolteront. 
 
Nous sommes traqués et persécutés chaque jour parce que nous combattons le bon combat. Soyons forts. Car demain, le peuple saura reconnaitre les siens. Quand les passions seront dissipées, les esprits calmés, nous verrons alors clairement, que tout ce que nous avons fait, nous ne l’avons pas fait en vain.
 
Aux militants de l’AFP, j’adresse mon salut militant et mes encouragements. L’heure est grave. Les tentations multiples. Or c’est par ces moments que nous devons prouver notre engagement militant et patriotique. Gardons nos rapports de fraternité et d’amitié vis-à-vis de notre ex-camarade et frère Saidou Maidadi. Respectons sa liberté de penser et de choisir, car nous sommes des démocrates. Souhaitons-lui bon vent pour la suite, même si nous pensons qu’il est dans l’erreur. Même si au nom du peuple et de tous ceux qui sont morts pour cette cause, nous ne ferions pas le même choix que lui. Mais respectons, de grâce, respectons son choix. Tel est le principe de tout bon démocrate. 
 
Cher camarades militants, occupant ce poste, je sollicite de votre part une collaboration directe et sincère.  Car, je ne suis rien sans vous. Je suis donc à disposition, pour entendre vos critiques, vos conseils, pour la bonne marche du secrétariat général et partant du parti tout entier. Je suis adepte de la politique propre. Je prie Dieu pour que nous soyons vraiment le reflet du parti des hommes et des femmes propres. Propres dans la chair, propres dans l’âme et propres dans l’esprit. 
 
Monsieur le Président National, acceptant cette nouvelle fonction, permettez moi, sous le contrôle de notre devise « Dieu, Peuple, Patrie » de louer l’éternel qui nous a maintenus en vie et nous a donné la force d’affronter et dépasser les péripéties successives. Le meilleur est à venir.   
Je vous remercie. 
 
 
Fait à Yaoundé, le 02 février 2012 
 
Alice SADIO
 
Secrétaire Générale/ AFP

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