Achille Mbembe parle de la Coupe du Monde, de la gestion de M.Biya, des Lions indomptables et des équipes africaines de football: “le pays a hérité depuis 1982 d’un leadership prédateur et absentéiste.La situation camerounaise, symbole d’un régime politique décadent, très profondément corrompu et noyé dans la bêtise,”

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En 2006, nous publions sur www.icicemac.com l’ article de Mbémbé intitulé « Coupe du monde 2006 Implications pour le football camerounais». Cet article paraîtra aussi dans le journal  Le Messager. Seize ans plus tard, et à quelques mois de la prochaine coupe du monde au Qatar, cet article est-il toujours pertinent ?

La situation camerounaise, symbole d’un régime politique décadent, très profondément corrompu et noyé dans la bêtise, est semblable à une plaie purulente dont on peut sentir les relents à distance.  Après vingt ans d’un régime autoritaire, mais relativement soucieux de l’intérêt public, le pays a hérité depuis 1982 d’un leadership prédateur et absentéiste et qui, prospérant dans la pourriture générale, ne se sert du football que comme d’un opium  destiné à endormir des masses  de toutes les façons appauvries et à la recherche d’un sédatif à leurs misères. À quoi s’ajoute  la décadence morale et les  effets corrosifs de la vénalité que le régime actuel a érigé en système de vie, en mode d’action et en norme culturelle.

La médiocrité des prestations des équipes africaines pendant la Coupe du monde en cours en Allemagne cette année était prévue. Elle n’aura guère surpris que les observateurs distraits ou complaisants – ceux aux yeux desquels, à ce niveau de la compétition, l’on attend strictement rien « de ces gens-là » et  un match nul pour une équipe africaine est synonyme d’une victoire. Sur cinq représentants, trois ont déjà plié leurs bagages. Paradoxalement, la qualification du Ghana en 8e de finale ne fait que mettre davantage en relief les échecs de la Côte d’Ivoire, de l’Angola, du Togo et de la Tunisie. Le bilan est donc catastrophique. Et ceux qui préconisent la réduction du nombre des places africaines à la phase finale de la Coupe du monde ne manquent guère d’arguments, même si ceux-ci sont parfois utilisés avec aplomb et mauvaise foi.

Certes, les équipes éliminées ont, à un moment ou à un autre de la compétition, montré ce que pourrait être le football africain si jamais il lui était donné de réaliser ses promesses : un football euphorique, fait de beauté, de virtuosité technique, de rapidité et de puissance athlétique. Mais force est de reconnaître que pour l’heure, c’est là où nous en sommes : au seul niveau des potentialités.

Décrochage

De fait, malgré la présence de nombreux professionnels dans les championnats d’Europe, l’écart qui sépare le football africain des normes internationales ne cesse de s’élargir. Quinze ans après avoir atteint le stade des quarts de finale en 1990, le Cameroun, par exemple, n’a pas été capable de rééditer son exploit d’Italie. Incapable de consolider ses acquis, il s’est fait chaque fois éliminer et dès le premier tour, que ce soit en 1994, 1998 ou 2002. Chaque fois également, sa participation à la phase finale de la Coupe du monde a été émaillée de scandales (corruption et vénalité des dirigeants, désorganisation et absence de planification, primes non payées) et ponctuée d’événements grotesques et embarrassants que seul le Togo vient, cette année, de surpasser. À peine quatre ans après son épopée asiatique, le Sénégal, quant à lui, n’a  même pas été capable de se qualifier pour la phase finale pour la deuxième fois consécutive. Le Nigéria, pays des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient, continue de faire illusion depuis 1994. La dernière victoire de la Tunisie lors d’un match de Coupe du monde remonte à … 1978, soit, bientôt, trente ans !

Sur le terrain, l’on a vu des affrontements au cours desquels les Africains ne manquaient guère d’arguments techniques individuels. Parfois, leurs équipes ont fait montre de cohésion et sont parvenus à mener à la marque. Mais que de lacunes, à commencer par l’habileté à cadrer les tirs au but – qu’il s’agisse des tirs à la course ou des coups de pied arrêtés. Que dire, ensuite, de la capacité à faire tourner le ballon en en gardant au maximum la possession ? Car, c’est bien là l’une des forces des formations européennes et sud-américaines, cette base sans laquelle il n’est pas possible d’élever le jeu à un niveau tactique supérieur, ou encore de bâtir des équilibres entre les phases d’apparente stabilité, les phases de mouvement et de brusque accélération, voire la vitesse de pénétration.

Pis, comme toujours, les équipes africaines manquent de sens tactique – d’où leur étonnante naïveté et l’impression d’incroyable gâchis qui accompagne chacune de leurs sorties. À titre d’exemple, comment expliquer qu’après avoir pris de l’avance au score avant la dixième minute de la première mi-temps, la Tunisie décide de jouer le reste du match sur la moitié de son terrain et se fasse littéralement démolir  après une résistance d’environ soixante-dix minutes ? N’oublions pas, enfin, la tendance à encaisser des buts à deux moments psychologiques clé d’un match : dans les dix premières minutes ou lors des arrêts de jeu. Quoique l’on dise, le football africain est sans doute sympathique. Mais il n’est pas encore à la hauteur de celui des grandes nations. En fait, on l’a vu en Allemagne, il est en net recul.  

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Ordre et méthode

Les raisons de ce recul, voire de ce décrochage sont pourtant connues. Contrairement à ce que l’on pense généralement, elles ne tiennent pas forcément à l’absence de moyens financiers. Si le continent s’organisait sérieusement, il pourrait facilement attirer les fonds nécessaires au développement de son football. Que pour le moment il ne soit pas capable de le faire tient  à des facteurs purement politiques, culturels et extra sportifs auxquels s’ajoute une profonde sclérose de la pensée. Comme d’ailleurs dans d’autres domaines où il regorge de matières premières, l’Afrique dispose, après le Brésil, d’une insondable réserve de talents potentiels.  Ce qui bloque le progrès – et c’est la raison pour laquelle elle ne peut pas se hisser à hauteur des grandes nations de football  – c’est sa culture de l’anti-discipline, du désordre et de l’inefficacité, choses auxquelles s’ajoute la propension à la vénalité.

Car l’existence brute de talents ne garantit rien. Encore faut-il les cultiver en mettant en place une politique de prospection, des institutions de formation et, qu’on le veuille ou non, des filières d’une expatriation négociée avec des partenaires étrangers et profitable aussi bien à leurs clubs qu’à la nation elle-même. C’est ainsi, par exemple, que les choses se passent au Brésil et en Argentine. L’investissement dans la formation des talents finit toujours par être rentable aussi bien sur le plan technique, sportif que financier. Il contribue, par exemple, à la consolidation locale d’un championnat national sérieux. Or, pour le moment, le championnat national du Cameroun brille par sa médiocrité.  Aucun club local n’est parvenu à remporter une compétition continentale depuis presque un quart de siècle ! Sur le plan purement sportif, la formation des jeunes permet de préparer la relève en alimentant chaque fois l’équipe nationale de nouvelles cohortes de joueurs ayant appris à travailler ensemble plusieurs années durant et ayant pris part à diverses compétitions continentales et internationales dans leurs catégories respectives.

Ainsi, la présente équipe du Ghana est composée, en très grande partie, de jeunes gens qui se sont illustrés lors de divers championnats cadet et junior à l’échelle internationale. Il n’est pas étonnant, d’autre part, que la plupart des meilleurs joueurs de l’équipe ivoirienne aient effectué leurs premiers pas ensemble au sein de l’académie la plus prestigieuse d’Abidjan. Au pas où vont les choses sur le continent, les équipes nationales susceptibles de dominer la scène continentale dans les années à venir sont sans doute celles de la Côte d’Ivoire, du Nigéria, du Ghana et de l’Afrique du Sud – pays qui, au cours des dernières années, ont le plus investi dans la formation des jeunes et leur acclimatation à diverses compétitions internationales dans leurs catégories respectives.

Ici même, au Cameroun, l’Ëcole des Brasseries et la Kadji Academy ont rempli cette fonction pendant un temps. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons disposé, entre 1999 et 2002, d’une équipe nationale de facture internationale, capable de se mesurer à l’Angleterre, l’Argentine, voire la France. Or, entre 1990 (date de notre qualification en quarts de finale de la Coupe du monde en Italie) et 2000 (lorsque nous avons gagné la CAN au Nigéria), il y a eu dix bonnes années d’un trop long intermède dont on aurait pu faire l’économie avec un minimum de planification. À l’allure où vont les choses, nous risquons, une fois de plus, de devoir attendre les années 2012/2015 pour disposer d’une équipe véritablement conquérante. Encore faut-il, dans cette hypothèse, consacrer dès maintenant un minimum d’investissement dans la formation systématique et planifiée des jeunes.

Pour poser les fondations d’un football camerounais internationalement compétitif à l’avenir, il faut donc appliquer des méthodes qui, partout ailleurs, ont universellement fait leurs preuves. Il faut, en priorité, débureaucratiser  les institutions afin de les moderniser. Sur le plan institutionnel par exemple, le gouvernement devrait immédiatement mettre un terme à la stupide guerre entre le Ministère des Sports et la FECAFOOT. Si, de fait, des malversations financières ont eu lieu et si des fonds de l’État ont été détournés, que l’on en administre des preuves devant les tribunaux et que les coupables soient sanctionnés. Quelque chose comme une « Loi Fondamentale » devrait, une fois pour toutes, régir les rapports entre la Fédération et le Gouvernement, préciser les rôles, établir les règles, garantir le respect de l’autonomie de la Fédération dans la gestion et le financement des équipes nationales, assurer le minimum de stabilité et de continuité nécessaires à une planification à long et à moyen terme.

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On l’a répété ad nauseam, il en va de même de l’autonomie des équipes techniques. Dans aucun pays sérieux, le Ministre des Sports n’intervient dans la sélection des joueurs ou la gestion quotidienne des équipes nationales. Qu’à l’ère des transferts électroniques, des bureaucrates voyagent encore avec des valises bourrées d’argent liquide que l’on redistribue en catimini dans les chambres d’hôtels est quelque chose de profondément choquant. Un tel manque public de dignité personnelle et une telle prostitution de la fonction ministérielle ne sert qu’à décrédibiliser davantage les Africains aux yeux du monde. Le Ministère et la Fédération devraient disposer, ensemble, d’une cellule d’analyse et de prévision dont l’une des fonctions serait de pourvoir les instances de décision de toutes sortes d’idées réalistes et réalisables, susceptibles de contribuer au développement des aspects institutionnels, économiques et culturels du sport et à la compétitivité du football camerounais. 

Sur un plan structurel, le Cameroun doit se doter d’un plan national de formation pour au moins les dix années à venir. Partout ailleurs dans le monde, la formation des jeunes joueurs est la clé de la compétitivité. Pour avoir un minimum de chances de réussite, un tel plan devrait pouvoir compter sur les ressources de l’État, du secteur privé et de partenaires étrangers (et notamment de clubs professionnels européens). L’on peut imaginer, par exemple, la mise en place d’académies  nationales de football dans chacune des provinces du pays. Dans les circonstances ordinaires, les coûts annuels de fonctionnement d’une académie sont, de loin, inférieurs à ceux d’un lycée. Les effectifs pourraient varier, bien entendu. Quels qu’ils soient, et compte tenu des « déchets », en dix ans, l’on aurait produit sinon quelques « génies », du moins quelques centaines de joueurs à même de légitimement entrevoir des carrières professionnelles partout dans le monde. Ainsi, disposerait-on d’une pépinière pour les sélections nationales.

Tout en innovant en fonction des contextes locaux, le curriculum de ces académies pourrait s’inspirer du meilleur de ce qui se fait dans les grandes écoles professionnelles de football à l’étranger (au Brésil par exemple, mais aussi en Europe).  Les normes régissant la formation dispensée dans le cadre de telles institutions pourraient être garanties par l’État lui-même – ce qui les distinguerait des multiples initiatives bidon qui, ici et là, ont pour fonction principale de racketter de paisibles citoyens. À côté de la formation aux techniques du jeu lui-même et de la formation générale, l’on pourrait envisager des filières ouvrant à divers autres champs tels que la médecine du sport, la diététique et ainsi de suite.

Infrastructures

À plusieurs reprises, dans cette chronique, j’ai évoqué la question des infrastructures. Petits pays de l’Afrique de l’Ouest, ni le Ghana, ni le Burkina Faso, ni le Mali ne sont pas plus riches que le Cameroun. Grâce à une diplomatie active, à un leadership relativement éclairé et à un minimum d’organisation, de discipline et de méthode, ils sont tout de même parvenus à (ou sont en train de) se doter de stades qui font la fierté de leurs citoyens et de leurs sportifs.

La situation camerounaise, symbole d’un régime politique décadent, très profondément corrompu et noyé dans la bêtise, est semblable à une plaie purulente dont on peut sentir les relents à distance.  Après vingt ans d’un régime autoritaire, mais relativement soucieux de l’intérêt public, le pays a hérité depuis 1982 d’un leadership prédateur et absentéiste et qui, prospérant dans la pourriture générale, ne se sert du football que comme d’un opium  destiné à endormir des masses  de toutes les façons appauvries et à la recherche d’un sédatif à leurs misères. À quoi s’ajoute  la décadence morale et les  effets corrosifs de la vénalité que le régime actuel a érigé en système de vie, en mode d’action et en norme culturelle. Dans cette kleptocratie qu’est devenu le Cameroun, le premier responsable du délabrement des infrastructures  sportives est bel et bien M. Paul Biya lui-même. De nombreuses raisons poussent malheureusement à penser qu’au stade où nous en sommes, son départ du pouvoir est la condition sine qua non de toute renaissance nationale, football, politique et culture compris.

Ceci dit – et pour l’avenir – il faut savoir que la question des infrastructures n’est pas insolvable. Hormis les grands stades destinés aux compétitions internationales, le Cameroun pourrait facilement se doter de structures simples, accessibles au plus grand nombre, et dont la construction et l’entretien ne coûteraient pas chers. Doter les quartiers urbains de terrains de jeu relativement décents, construire des stades communaux et départementaux, revitaliser les compétitions scolaires, entraîner certains jeunes à devenir de bons arbitres internationaux – tout ceci n’exige pas des investissements colossaux. Il suffit de susciter un grand mouvement participatif qui s’appuie sur les communautés existantes et qui sache mettre à profit les nombreuses opportunités que rend possible la globalisation.

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Au lieu de chercher à gérer au quotidien l’équipe nationale de football ou à usurper les fonctions de la fédération nationale de football, l’une des tâches du gouvernement  est précisément de se consacrer à la construction des infrastructures et à la mise en place du cadre régulateur qui permettrait le développement du football dans le pays et sous tous ses aspects.

La candidature du Cameroun à l’organisation de l’une des prochaines coupes d’Afrique des nations pourrait, à cet effet, servir de catalyseur, en plus de générer de bien utiles investissements. La coopération chinoise, par exemple, a contribué, en bien des pays, à la construction de stades modernes. Mais comme je viens de le signaler, il n’existe à proprement parler, pas de diplomatie camerounaise. Le Chef de l’État, qui aurait dû soutenir de son poids et de son aura ce genre d’initiatives, est absent des capitales qui comptent vraiment. Le pays fonctionne sur pilotage automatique, sans cerveau pour impulser, donner souffle, inventer des espaces d’innovation, multiplier les lieux de créativité, passer des compromis, et entraîner la nation. Davantage préoccupé par l’entretien de ses  propriétés dans son village et en Europe que par les passions que son peuple pourrait utiliser pour se hisser à hauteur du monde, il a laissé s’étioler les relations internationales que son prédécesseur avait pris la peine de tisser.

D’autres réformes devraient toucher la Fédération elle-même. Elle ne saurait fonctionner à la manière d’une mafia où des blocs de « dettes » assujettissant les uns aux autres, tout le monde est prisonnier et gardien de prison en même temps. Le niveau des équipes nationales africaines est en train de se tasser. Les écarts entre les unes et les autres n’ont fait que se réduire depuis au moins une dizaine d’années. Tout se joue désormais entre une dizaine d’équipes. Celles qui triompheront à l’avenir seront issues de fédérations nationales qui auront su creuser un écart entre elles et les autres en matière d’organisation, de planification, de financement, mais surtout de méthode et d’efficacité. Or, sur ce plan, le Cameroun accuse un retard considérable. La Fédération doit moderniser ses méthodes de gestion et devenir rentable.  Elle ne peut le faire que si entre elle et l’État, un pacte de coopération est passé, qui garantit son autonomie en contrepartie d’une gestion honnête de ce patrimoine national qu’est le football.

Reste la question du financement de l’équipe nationale et des clubs engagés dans les compétitions internationales. Ici également, les idées et les possibilités ne manquent point. Dans le contexte footballistique mondial actuel, chaque victoire de l’équipe nationale (à tous les niveaux des compétitions internationales) est un investissement dont on peut, si l’on s’y prend intelligemment, récolter les retombées dans des délais de plus en plus courts. Il n’est pas de doute, à cet égard, que les « Lions Indomptables » peuvent non seulement s’autofinancer, mais devenir un rouage essentiel dans le financement des autres catégories des équipes nationales. En ce moment même, l’Afrique du Sud, par exemple, est en train de réfléchir aux  moyens de transformer son équipe nationale de football en une structure qui aurait toutes les caractéristiques d’une compagnie internationale d’investissement. À plusieurs égards, la « Seleçao » brésilienne fonctionne plus ou moins sur le même modèle. Avec suffisamment de flair, d’imagination et de capacités d’innovation, on pourrait mettre en place un modèle de gestion de l’équipe nationale du Cameroun générateur de suffisamment de ressources pour contribuer au développement du football dans son ensemble.

Échéances

Il y a, enfin, les échéances immédiates. Il s’agit de la CAN 2008 et, surtout, de la première Coupe du monde en terre africaine en 2010. Réunir en stage des professionnels en vacances au pays est un tout petit pas dans la bonne direction. Convoquer des joueurs amateurs dans la même perspective est un petit pas supplémentaire. Mais ces pas ne mèneront nulle part s’ils ne font pas partie d’un grand dessein réalisable à court et à moyen terme.  Or, c’est de ce plan à moyen terme dont le Cameroun a urgemment besoin. Nous ne voulons pas seulement être présent lors du prochain rendez-vous mondial. Nous voulons également nous tailler un rang honorable dans la hiérarchie des nations footballistiques en égalant au moins le record de 1990. Si tel est l’objectif, alors il faut que, méthodiquement, nous organisions les conditions qui, très rapidement,  pourraient nous permettre de devenir internationalement compétitif.

Ce pourrait être une tâche passionnante. À la faveur d’une telle tâche, l’on pourrait créer, dans le pays, les conditions d’une renaissance morale et culturelle dont les conséquences proprement économiques seraient loin d’être négligeables. Mais c’est une tâche qui requiert probité, discipline et méthode – conditions de la créativité et de l’innovation.

Achille Mbembé

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