DANS QUEL PAYS ?

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Il y a eu tout ce que l’on sait au NoSo depuis le début de cette crise qui était évitable, Ngarbuh et j’en passe. Voire même ce que l’on ignore encore aujourd’hui et finira bien par savoir un jour à-venir. Les vidéos macabres n’ont pas manqué dans cette galerie des horreurs symétriques.

L’ignoble attaque de Kumba laisse abasourdie une grande partie de la population camerounaise qui n’a pas 40 ans. Dans quel pays ? Contre une école ? Ils/Elles sont hébété(e)s et pour cause. Comme le reconnaît sans fard une brillante tête de cette génération, « le système nous a forgés et formés a toujours le soutenir sans chercher à comprendre, sans même chercher… ». Mais voici qu’ils/elles découvrent la kyrielle de mensonges éhontés sur lesquels est bâtie leur « chère patrie » et ça fait mal quelque part à la lucidité assumée. Regarder la vérité en face terrorise les petites natures qui préfèrent alors se défiler lorsque celle-ci entre en scène sans filtre.

Les slogans soporifiques qui ont bercé leur âge tendre se délitent chaque jour avantage et Kumba marque la totale de l’inanité. Au Cameroun ? Ils/Elles se figuraient que leur pays était un lopin de Terre quelque peu à part dans l’Histoire.

Las. Il n’y a plus et il n’y a jamais eu d’ailleurs d‘exception camerounaise. Sinon que la piteuse fiction bananière propagée/entretenue par l’appareil de propagande des usurpateurs installés par le gaullisme en 1958 et today vermoulue jusqu’à la moelle. Mais où commence donc le fichu dispositif d‘occultation qui mène à ce point de cynisme consommé sa progéniture en bateau, en lui faisant gober depuis le temps des sornettes en guise d’histoire nationale ?

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L’omerta vert-rouge-jaune commence dans le giron familial. Un lourd couvercle pèse sur la mémoire de cette saison écarlate et riche en exactions révoltantes dans ce contexte insurrectionnel courant de 1955 à 1972. Des smalas trouées par la disparition d‘un membre, ça ne manque certes pas dans la société camerounaise. Sous le manteau des confidences privées courent moult anecdotes de couvre-feu et de 404 Peugeot noires, d’enlèvements et de séjours à la sinistre BMM. Haut lieu redouté de la détention administrative, donc de l’arbitraire et dépendance du Lac, un graffiti bienveillant accueillait les infortunés locataires de ses cellules : ICI DIEU N’EXISTE PAS

. Le Lac ici, c’est Jean Fochivé, maître des oubliettes et patron de la police politique qui avait son Q.G au bord du lac municipal à Yaoundé. La compassion était exclue dans les locaux de la brigade mixte mobile. Rien nulle part ne parle de ce trou noir où des détenu(e)s sont devenus fous/folles. Pas même un regroupement comme les mères de la place de Mai en Argentine ne s‘est formé, qui effectuent des rondes hebdomadaires depuis le 30 avril 1977, en face de la Casa Rosada, siège du gouvernement à Buenos Aires. Pour la mémoire de leurs enfants disparus ou assassinés pendant la dictature militaire de 1976 à 1983. Rien de tel au pays des gambas où la règle « diviser pour régner » aura fonctionné sans aucun couac digne de cette appellation depuis 1958 que l’imposture y tient les rênes du jour et de la nuit, au voisinage nord de la latitude zéro.

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La famille étant théoriquement la première instance sociale de la transmission culturelle et de la mémoire collective, pères et mères ont à cet égard failli sur toute la ligne. Que se disent donc parents et enfants at home, lorsqu’ils se retrouvent ? De quoi parlent-ils ? Y a-t-il même dans ces foyers un espace de conversation autre que les récriminations à sens uniques sur une menue peccadille et les justifications maladroites du rejeton éberlué par une ire insondable ?

Femme libre et grande liseuse, une septuagénaire pleine d’esprit me voyant parler avec les miens tout mômes, ils n’avaient pas dix ans, me fit remarquer alors en souriant que les pères du cru ne se laissent point aller à autant de familiarité avec leur progéniture. Vu son âge canonique et sa surface mondaine, difficile de ne pas la croire et on s’en pince au sang. Comment ça ? Si les pères ne parlent donc pas à leur enfants et les mères encore moins, alors où va cette société camerounaise et sur quelles bases ? De quoi est alors faite l’éducation de ces myriades mixtes qui vont et viennent, les paumé(e)s et les téléguidé(e)s par un long bras articulé au système clientéliste.

L’autocensure familiale a fait le lit de l’ignorance crasse des conditions scabreuses dans lesquelles ce Cameroun rendu au mois d’Octobre 2020 est entré en Histoire avec les attributs d’un pays souverain le 1er janvier 1960. Les programmes scolaires ont assuré le reste du travail, s’agissant d’une amnésie organisée pour effacer toute trace objective de cette naissance hautement convulsive. La chronique circonstanciée des évènements de cette période douloureuse pourrait faire frémir une statue de marbre. Les langues se délieront-elles ?

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Source Facebook: Lionel Manga

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