Jimegni Rosange une amazone debout !!

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ONDOA ET MEVO, BULU TOUS, JUGENT JIMEGNI ET TROIS AUTRES BANGANGTE… A BANGANGTE – RESUME DU JOUR

Tribunal de Bangangte: Résumé du procès politique ouvert ce jour contre les militants et sympathisants du MRC

Après la lecture des noms des accusés par le Président du Tribunal tous ceux ci répondront présents. Il s’agit de :

–Jimegni Rosange
–Mbieda Laurent
— Fonga Jean
— Kamtchouang Jean Marie

Les faits qui leur sont reprochés sont également lus à savoir la rébellion fraude électorale.

L’accusation appelle le Commissaire MEVO ATANGANA dans le box des témoins.

NB: la défense a également cité le commissaire MEVO comme témoin de la défense ainsi que l’un de ses adjoints qui est officier de police.

Subséquemment aux questions qui lui sont posées par le procureur de la république il dit ceci en substance :

« le 29 janvier autour de 14h j’ai reçu un appel anonyme qui m’informait de ce qu’il y’a un attroupement d’individus brandissant des messages séditieux à la gare routière et j’ai immédiatement informé le Préfet qui m’a instruit de m’y rendre pour disperser les foules et interpeller éventuellement ceux qui résisteront. Une fois sur les lieux j’ai effectivement aperçu un groupe d’une dizaine de personnes en tee-shirt de couleur bleue. En me rapprochant, tous ont pris la fuite à l’exception de trois personnes à savoir Jimegni Rosange qui était de dos et qui ne m’a pas vu venir ainsi que Fonga Jean et Kamtchouang Jean Marie avec qui elle s’entretenait. J’ai immédiatement procédé à leur interpellation et je les ai conduit au commissariat. Alors que je procédais à l’audition de Rosange Jimegni, Mr Laurent Mbieda est venu et lorsque je lui ai demandé l’objet de sa visite il m’a dis qu’il venait s’enquérir de la situation de ses « partisans » et puisque  »Partisans » est un mot très fort, j’ai immédiatement procédé à son interpellation également».

Après ces propos du Commissaire MEVO, le procureur présentera des tee-shirts et des formats avec des messages tels que  »Le NDE dit oui au boycott des élections du 9 février 2020 » et le Commissaire les identifiera comme les pièces à conviction mis sous scellé.

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Côté de la défense , la première personne à lever le doigt pour poser des questions c’est Mme Line Maffo Bougang. Une jeune avocate très belle d’esprit et de corps et dotée d’une voix suave. Elle posera une question au Commissaire MEVO «A quel moment avez vous interpelé les prévenus? » le Commissaire MEVO balbutie, Me Bougang reformule sa question et demande cette fois «avez vous procédé à l’interpellation des prévenus avant ou après l’ordre du Préfet? » et au Commissaire MEVO de répondre « avant, après, avant, après, je ne me rappelle plus mais de toutes les façons le Président de la république a convoqué le corps électoral et l’activité que menait les prévenus était un moyen d’empêcher le scrutin de se tenir ». Et à Me Bougang de conclure je n’ai plus de question Monsieur le Président.

Me Tsapi Lavoisier prend ensuite la parole pour demander au Commissaire MEVO de livrer à la cour le contenu des échanges entre Rosange Jimegni et les deux autres personnes interpellées à la gare routière. Le Commissaire MEVO dira qu’il ne connaît pas ce qu’ils se disaient. Me Lavoisier poursuit : au moment de l’interpellation de Rosange Jimegni, brandissait-elle un papier? Au Commissaire MEVO de répondre Non mais elle les tenait dans ses mains. Me Lavoisier poursuit voulez vous donc changer votre déposition puisque dans votre déposition vous avez affirmé qu’elle brandissait des messages et je vous rappelle que vous êtes toujours sous serment. Le Commissaire MEVO balbutie et répond c’est au téléphone qu’on m’a dis que les individus brandissaient des papiers et je suis arrivé et j’ai immédiatement procédé à leur interpellation.

Me Lavoisier prend le code électoral et lit la disposition qui qualifie les faits de fraude électorale qui sont reprochés aux accusés et poursuit : « des messages présentés ici comme scellés pouvez dire à la cour ce qui y apparaît comme propagation de fausses nouvelles ou de propos calomnieux tels que décrits par le code électoral qualifiant la fraude électorale ? » Le Commissaire MEVO répond « le Président de la république a convoqué le corps électoral et l’activité que menait les prévenus était un moyen d’empêcher le scrutin de se tenir et je les ai donc interpellé.

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Me Kadje rebondit immédiatement et demande à l’accusation de produire le procès verbal des pièces mises sous scellé avant que se poursuive les débats au fond. Le procureur de la république demandera à la défense de citer le-s texte-s qui exige-nt que cette pièce soit produite au procès. C’est à cœur joie que quatre avocats se succéderont pour un cour de droit sur la question tout en lisant dans le code de procédure pénale les articles liés à cette question.

Un officier de Police apportera en catimini un registre contenant des documents et les remettra au Commissaire MEVO qui se trouve encore dans le box mais Me Kadje de la défense l’ayant remarqué interpellera le Président du tribunal pour lui faire entendre que la loi n’autorise absolument pas cet acte que vient de poser le Commissaire MEVO. Cela va créer un brouhaha dans la salle d’audience car Mr ONDOUA, Président du tribunal tentera mais en vain d’intimider les avocats de la défense allant jusqu’à menacer de les expulser de la salle.

Le calme revenu, le Procureur présentera un document qu’il qualifie de procès verbal de scellé. Personne ne sait d’où il l’a sorti subitement puisque quelques minutes plus tôt il n’en disposait pas et demandait à la défense de justifier l’obligation que fait la loi de produire un tel document.

Dans ledit procès verbal de scellé il ressort

— trois tracts

— deux tee-shirts

Me Kadje fera remarquer à la cour le fait que trois tee-shirts ont été présentés à la cour et les accusés n’ont pas déchargé le procès verbal puis il pose au commissaire MEVO la question de savoir d’où vient un troisième tee-shirt et pourtant il est mentionné deux tee-shirts dans le procès verbal, ce dernier n’apportera aucune réponse. Ensuite les avocats évoqueront le fait que rien ne prouve que ces éléments présentés comme pièces à conviction mises sous scellés ont été récupérés aux accusés. Ayant présenté détails à l’appui toutes les violations des règles de procédures commises jusqu’ici, la défense invoquera une loi qui consacre la nullité de toute la procédure et demandera au Président de rendre un jugement d’Avant-Dire-Droit en procédant dans l’immédiat à la mise en liberté des prévenus.

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Le ministère public demandera une suspension d’audience pour une durée d’une heure pour apporter sa réplique à cette demande de la partie défenderesse.

–Pendant la pause–

Pendant la pause je vous livre quelques «Kongossa»

1– le procureur dans un couloir lance au commissaire MEVO Atangana : « tu ne savais pas que c’est comme ça que les avocats là allaient faire »

2– une magistrate dit en coulisse : « honnêtement lors des procès mettant en cause les gens de Kamto là il faut prévoir un dispositif d’enregistrement des plaidoiries car c’est très enrichissant»

3– l’officier de police cité par la défense comme témoin se rapproche des magistrats pour leur demandé ce qu’il va dire à la barre car il ne veut pas lui les problèmes et les magistrats lui diront qu’ils ne savent pas quoi lui répondre.

Au lieu d’une suspension d’audience pour une durée d’une heure, la suspension prendra trois heures.

Une fois l’audience reprise le ministère public prendra la parole pour demander un renvoi d’audience pour mieux travailler sur sa réplique.

NB : le ministère public est représenté pourtant par un collège de quatre membres.

Les avocats de la défense s’y opposeront avec des prêches digne d’érudition pour les cas de procès en flagrant délit dont le procès en cours est un cas d’espèces. Ils invoqueront d’ailleurs un jugement rendu en application de l’article 301 du code de procédure pénale par le Président du tribunal de Céans en décembre dernier dans un jugement de flagrant délit et qui est similaire aux violations de procédures évoquées par les avocats et auquel cas fait jurisprudence.

Malgré toutes ces plaidoiries, le Ministère public répliquera qu’il s’en tient à sa réquisition précédente demandant le renvoi d’audience et Monsieur ONDOUA, Président du Tribunal accèdera favorablement à cette demande en renvoyant le procès au 20 février 2020.

Source: Jean Bonheur Tchouafa depuis BANGANGTE

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