Conférence de Munich : de bons pas dans la bonne direction

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Du 26 au 28 juillet 2019, s’est tenue à Munich une conférence regroupant des Camerounais/es de la diaspora et certaines personnalités de la scène publique nationale camerounaise.

OBJET DE LA CONFÉRENCE

Le thème de cette conférence était « La nécessité d’un dialogue national et d’une transition politique pour la réconciliation nationale ».

Thème d’autant plus pertinent que du fait des nombreuses crises que connait le Cameroun, la nécessité de dialoguer pour mettre en place les bases d’une refondation de l’État (Transition Politique) en vue de réconcilier les Camerounais/es de tous horizons se fait de plus en plus urgente.

POURQUOI À MUNICH SUR LE SOL EUROPÉEN ?

Cette conférence était organisée par la Cameroon Patriotic Diaspora (CPD) qui regroupe des Camerounais/es vivant sur les continents africain, américain et européen.

Cette conférence se tenait à Munich en Allemagne suite aux deux précédents fora ayant eu lieu à Paris puis à Bruxelles les deux années précédentes.

Conférences qui avaient vu également la participation d’autres personnalités de la scène publique nationale, certaines, candidates à l’élection présidentielle de 2018.

La tenue de ces assises sur le sol européen s’explique par l’échec des tentatives d’organisation sur le sol africain.

A titre de rappel, la première rencontre avait été projetée au Burkina Faso. Elle a été annulée du fait des pressions du Gouvernement Camerounais sur les autorités burkinabè. Cette première assise s’est déportée à Abidjan où les membres de la Cameroon Patriotic Diaspora (CPD) se sont vus une fois de plus, du fait des pressions du Gouvernement camerounais, refusés de tenir cette conférence à Abidjan.

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C’est fort de cette « solidarité » entre Gouvernements africains que la Cameroon Patriotic Diaspora s’est retrouvée en dernier ressort obligée de tenir ses assises à Paris, Bruxelles et Munich.

QUELLE EST L’IMPORTANCE DE TELLES ASSISES ?

Face à l’impasse dans laquelle le Cameroun se trouve du fait des multiples crises et des atteintes de plus en plus graves aux libertés et droits fondamentaux, toutes les forces dites progressistes conviennent et martèlent de la nécessité d’un dialogue national inclusif.

S’il faille dialoguer au niveau national, il est normal de le faire d’abord entre forces politiques et de la société civile qui semblent avoir des convergences de vue sur la nécessité d’un changement.

Si l’on doit s’accorder sur des éléments à défendre ensemble, c’est bien d’en définir de manière concrète les contours et les contenus.

S’il faille agir ensemble, c’est bien de s’accorder sur les objectifs de notre action commune et sur les rôles des uns et des autres.

La synergie et la mutualisation des forces ne s’improvisent pas. Elles se construisent sur la base d’une analyse partagée des enjeux, une définition commune des priorités, une co-élaboration des stratégies et surtout, un accord ferme sur les modes opératoires.

C’est à ce titre qu’il faut toujours se féliciter que ces organisations composées de Camerounais/es qui se battent pour le changement puissent se retrouver, partager des vues et augmenter leur potentiel de collaboration.

Et c’est ce qui s’est fait à Munich avec succès.

QU’EST CE QU’IL EN EST RESSORTI ?

Des assises de Munich, il est ressorti plusieurs points importants :

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1- La transition politique démocratique doit être l’horizon commun des luttes de toutes les forces progressistes. Elle suppose l’obtention d’un cessez-le-feu, le départ du régime UNC-RDPC en place, la libération des prisonniers politiques et l’amorce d’un processus de refondation de l’État par le Dialogue National Inclusif.

2- La résolution de la crise anglophone par un dialogue national inclusif après d’importantes mesures de décrispation relatives aux déplacés internes, réfugiés, prisonniers politiques. Dans cette optique, les participants/es à la conférence de Munich se sont engagés à soutenir toutes les initiatives qui prépareraient le terrain d’une résolution définitive de cette dernière telle que la Anglophone General Conference.

3- La constitution d’un large front de forces progressistes en vue de pouvoir modifier le rapport de forces en faveur des objectifs de résolution des crises et de refondation de l’État au Cameroun. Ce front doit pouvoir s’appuyer sur des principes, des valeurs et des objectifs d’intérêt généraux qui assurent une résolution profonde et durable des crises que connait le Cameroun.

EN QUOI CETTE CONFÉRENCE CONSTITUE – T – ELLE UN PAS DANS LA BONNE DIRECTION ?

Au regard des conclusions de ces assises, on peut se réjouir du fait que l’idée de travailler à obtenir une transition politique qui refonde l’État au Cameroun avance.

Quand on voyage vers une destination, il est tout aussi important sinon plus d’avoir la bonne direction que la vitesse de déplacement appropriée.

Qu’on le veuille ou pas, il sera très difficile de sortir de ces crises de manière durable si nous n’engageons pas ensemble, le long et difficile chemin de refondation de notre pays.

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Aucune force seule, aucun mouvement seul, aucune communauté seule, ne peuvent arriver à résoudre les multiples défis que connaît le pays.

Cet engagement réitéré à travailler pour une transition politique qui met fin au régime actuel et ouvre une nouvelle ère est une avancée significative dans la prise de conscience et dans le choix d’une direction conforme à l’intérêt général.

Il faut maintenant et plus que jamais redoubler d’ardeur dans le travail qui transformera cette convergence de vue en une synergie effective sur le terrain et auprès des populations.

Franck Essi, 29 Juillet 2019.

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