L’HOMMAGE DE BORIS BERTOLT A SA MÈRE DISPARUE OU LE SENS DE SON COMBAT. HISTOIRE D’UNE TRAGÉDIE FAMILIALE.

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C’était un vendredi soir, il y a donc exactement 05 ans. Alors que j’ai pris pour habitude de sortir avec des copains, ce soir là une pluie battante sur Yaoundé vient bouleverser mon programme. Nous convenons de nous divertir un peu plus tard. Pris d’un coup de fatigue, je m’allonge sur mon canapé et je m’endors.
Aux alentours de 23 h je suis réveillé par un coup de fil de mon père depuis Sangmelima. Je suis intrigué car Il ne m’appelle jamais à certaines heures. A moins que cela ne soit important. Sans me donner plus de précisions, il me révèle que ma mère vient d’être victime d’un accident. C’est mon petit frère qui quelques minutes après, ayant également essayé de me joindre, me confirme l’information. Mais précise: “ c’est très grave “. A ce moment là je comprends que quelque chose de dramatique est en train de se produire. Je multiplie les appels, parfois personne ne répond. Comme par hasard, mes tantes et oncles sont également en ligne. Une heure 30 minutes après son premier coup de fil, mon père me rappelle et m’indique qu’il transporte maman à l’hôpital central de Yaoundé. Je m’habille, j’appelle l’un de mes amis et nous décidons d’aller les y attendre.
Je n’ai pas encore emprunté le taxi que mon père me rappelle pour m’annoncer que maman vient de décéder. Bouleversé, je décide d’aller attendre le corps à l’hôpital. Sa dépouille est jetée au sol comme un sac de Macabo, sans brancard, la jambe déchiquetée. Elle s’est vidée de tout son sang.
Ma mère vivait à Sangmelima plus précisément Otoakam où je suis né, où j’ai grandi, où j’ai effectué toute ma scolarité, où j’ai passé toute mon enfance et mon adolescence. Y compris mes débuts de jeunesse. J’ai découvert la ville de Yaoundé à 16 ans après avoir obtenu mon baccalauréat.
Ce vendredi soir là elle était avec ma tante, sa sœur. Elles se sont rendues chez l’une de leurs amis au lieu dit 3eme Rue. Alors qu’elles marchaient sur le trottoir gauche, elles ont été percutées par une voiture dans laquelle se trouvait un haut fonctionnaire de l’administration fiscale camerounaise. Il était au volant d’une voiture en compagnie d’une fille. Ils étaient tous deux complètement ivres.
Ma tante est décédée sur place. Elle n’a pas eu de chance de pouvoir dire aurevoir à un membre de sa famille. Même pas sa sœur. Ma tante a laissé ce jour deux enfants qui étaient en bas âge. Ils ne connaîtront véritablement jamais leur mère.
Ma mère a été dans un premier temps transportée à l’hôpital de sangmelima. Là bas, pas de médecins, infirmieres occupées. Certaines font des allers et retours. Lancent un regard et continuent. Maman, encore vivante à ce nom contrairement à ma tante a dû attendre près de 30 minutes avant que les premièrs soins ne lui soient délivrés.
Je ne veux même pas imaginer sa peine, sa douleur. Pas de compresses pour arrêter l’hémorragie. Son pied attaché avec des morceaux de bois ramassés dans la cour de l’hôpital.
A Sangmelima, le personnel médical s’avoue incompris. on décide de l’acheminer à l’hôpital de Metet situé à près d’une heure de route. Dans cette nuit sombre, l’hôpital est fermé. Elle ne peut bénéficier d’aucuns soins. Il ne reste plus que Yaoundé, situé à 1h30. Elle décédera au niveau des Brasseries du Cameroun.
Le lendemain matin, l’auteur du de double homicide involontaire avec circonstances aggravantes pour conduite en état d’ebriete, MONAYONG JEAN CLAUDE était convoqué au commissariat, d’où il a été relâché à 13h. Il n’aura même pas passé une journée après un tel crime.
Mon père porta plainte. Jamais il ne se présenta au tribunal, la Procureur: Madame Aissatou Adamou, asssisté du Me Aliom Hammadou, toujours en fonction à Sangmelima ne décerna aucun mandat d’amener malgré le fait que cet individu fier de sa puissance avait tué deux camerounaises innocentes…. rien, rien, rien… il n’aura jamais été inquiété. Il ne prendra jamais la peine d’appeler mon père pour lui demander pardon. Que Non !!! La vie de ma mère et de ma tante ne comptent pas. LA VIE DE MA MÈRE NE COMPTAIT PAR POUR EUX.
J’apprendrais plus tard que des hautes personnalités étaient intervenus dès le commissariat afin qu’il ne soit à jamais inquiété. Même pas au Tribunal.
Voilà 5 ans que je vis dans le plus grand silence cette tragédie familiale. Je n’en ai jamais parlé publiquement même pas une ligne dans média bien qu’étant journaliste et ayant beaucoup d’amis dans le milieu. Et c’est peut-être la dernière fois que j’en parle jusqu’à ce que tous ceux qui sont impliqués dans cette tragédie paient. Je ne peux pas travailler sur les lois, leur application, étudier les criminels, les traquer laisser une telle injustice qui aura bouleversé plusieurs vies.
Il était de mon devoir de vous faire comprendre l’une des raisons de mon engagement profond pour le changement au Cameroun
Merci d’avoir pris la peine de me lire
BORIS BERTOLT
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