Cyrille Oundi se casse aussi du Nganang

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LETTRE À MON COMPATRIOTE Patrice NGANANG.

Cher compatriote,
J’ai découvert au hasard d’une balade sur les réseaux sociaux, une dispute au sujet de ton interpellation pour divers chefs d’accusation, dont celui d’outrage au Président de la République. Cette accusation repose sur des menaces de mort et d’autres propos injurieux qui te seraient attribués à en croire des extraits qui circulent ici et là.

Je t’épargne tous les développements que je pourrais faire sur le caractère sacré de l’autorité, qu’il s’agisse d’une notabilité coutumière ou, bien plus encore, du Président de la République. Je ne te ferai pas le mépris d’avoir à te rappeler qu’au Cameroun et dans les autres pays où tes humanités t’ont conduit, le Chef de L’État est une institution à laquelle on s’adresse avec certains égards, l’opposition des idées pouvant valablement s’exprimer sans qu’il soit besoin de verser dans une somme d’actes, que la loi se charge en général de traiter à leur pleine et juste mesure, lorsqu’ils sont posés.

Tu aurais pu rester un intellectuel de haut vol et exprimer ta désapprobation ou tes colères d’une manière qui corresponde à la place que tu as su te frayer dans la société, au Cameroun comme ailleurs. Tu as décidé de passer par d’autres méthodes, dont la justice doit à présent examiner la portée sur nos institutions et sur notre modèle démocratique. Je n’en dirai pas plus, les lois nous interdisant à tous de commenter des procédures judiciaires pendant leur déroulement.

Je ne doute pas un seul instant que tu sauras assumer tes responsabilités et t’expliquer devant la justice camerounaise au regard de la gravité de telles accusations.
Mais si je t’écris ces quelques mots, c’est pour partager avec toi mon indignation et ma peine à la lecture de tes autres sorties du même registre, visant plutôt la personne de la Première Dame du Cameroun, Madame Chantal BIYA, que les camerounais appellent massivement « LA MÈRE », en raison de son oeuvre immense pour faire reculer les souffrances et la pauvreté au Cameroun et en Afrique.

Tu sais de quoi je parle, et par pudeur tout autant que par respect pour cette Dame comme je le ferais pour ma mère à moi, pour mon épouse et pour ma fille, je ne vais pas relayer ici ces propos, qui présentent un caractère absolument abject.
Quand je lis ces mots prononcés par un jeune africain à l’endroit d’une mère et d’une épouse, j’ai mal.
J’ai mal d’imaginer qu’ils ont été écrits par un jeune qui adore sa mère comme tous les enfants adorent leur mère.
J’ai très mal quand j’imagine que la mère de ce jeune pourrait lire ces propos, par lesquels son fils à qui elle s’est efforcée de donner une éducation exemplaire insulte aussi copieusement l’intimité d’une autre mère.
J’ai de la peine pour son épouse qui voit le génie obscure avec lequel son amour de mari dénigre aussi bassement une autre femme comme elle.
J’ai bcp de peine pour tous ceux qui avaient trouvé en ce jeune un modèle de réussite pour l’Afrique et pour le Cameroun.
Bien plus, je pleure pour ce compatriote lorsqu’il réalisera l’ampleur du désastre moral qu’un certain manque de recul et de pondération a pu causer.
J’ai très mal pour les innocents enfants de cette dame, qui doivent assister en mondovision au déshonneur imposé à leur mère par un autre enfant qui aime sa propre mère du même amour.
Personne n’a jamais à ce point insulté l’intimité d’une femme sans en vivre les conséquences et en payer un certain prix. Non. Et surtout pas en Afrique où nous savons que le corps de la femme, de nos mères, de nos soeurs, de nos filles est sacré.

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La vie obéit à certaines lois que nul ne doit violer, sous peine d’en répondre devant une justice que nul ne peut fuir. Cette justice c’est non seulement notre conscience, mais c’est aussi la vie elle-même, qui reste notre juge le plus sévère.

Patrice NGANANG, cher compatriote, je te conseille humblement de rétablir ton honneur devant ta mère, ton épouse et tes enfants, en présentant des excuses publiques à cette femme, à ses enfants et à son époux.
Tu ne perdras rien en le faisant mais tu y gagneras au contraire énormément. Tu sortiras de ce mea culpa aussi grand que tu souhaites l’être, pour le Cameroun et pour l’Afrique.

Les personnes que tu as si violemment offensées restent néanmoins, et j’en suis persuadé, des personnes au grand coeur et disposées au pardon et à la miséricorde. Leurs qualités humaines sauront, je le crois profondément, prévaloir sur l’immense chagrin dont tu viens de te constituer l’auteur. J’ai la faiblesse de caresser le voeux que l’un et l’autre sauront recevoir tes excuses et pardonner ton inconduite, de la même manière que toi et moi pardonnons à nos propres enfants. Tes petits frères et soeurs sauront également, je n’en doute pas, accepter les excuses d’un grand frère qui, comme tout être humain, n’est pas parfait.
Alors fais-le, pour toi, pour le Cameroun et pour toute la jeunesse africaine.
Bien à toi.

Ton compatriote Cyrille OUNDI.
P.S.: N’écoute surtout pas ceux qui te disent que tu es un héros. ON N’INSULTE PAS L’INTIMITÉ D’UNE FEMME

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