Louis Marie Kakdeu règle ses comptes avec Patrice Nganang

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Cameroun: Voici pourquoi je suis contre Patrice Nganang et ses actions égoïstes.

Quand je parle de Patrice Nganang, je parle de tous les activistes qui, de façon vraie ou fausse,se dévouent à la cause Cameroun. Je parle de toi qui veux changer le Cameroun mais, qui t’en mêle les pédales. Je fais cette précision, parce que tu fais probablement partie de ces personnes qui marquent leur incompréhension sur ma sortie contre votre chef de file.
Voici mes raisons:

1. L’écrivain était respecté de tous. Ses œuvres dont « Temps de chien » occupaient une place de choix dans ma bibliothèque. Je prends mes distances comme beaucoup d’autres personnes lorsqu’il commence à développer des idées suprématistes. Tout commence par la Bamiphobie, une idéologie qui poussait les jeunes Bamiléké à s’en prendre aux Bétis prétendument considérés comme tiers-gagnants du régime Biya. Cette aberration arrivait au moment où je menais des recherches sur l’analyse du discours (ma discipline) et notamment les discours extrémistes. J’avais découvert que les discours identitaires à travers le monde n’avaient conduit qu’au pogrom. Faisant de la recherche-Action, je me suis senti dans l’obligation de prendre mes responsabilités et de m’opposer par presse interposée à tout projet de génocide au Cameroun. Mais, cette phase connut son apogée en février 2015 lorsque l’écrivain fit son méa-culpa après sa sortie hasardeuse et ses insultes injusfiées à l’égard de la famille du défunt Lieutenant Joseph Kévin Donkeng. A cette époque, j’avais envisagé d’écrire à l’écrivain pour le féliciter et demander son amitié. D’ailleurs, il donna l’impression de renaître. Je découvris qu’il m’avait bloqué sur Facebook mais, No problem since la notion de Bamiphobie avait disparu.

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2. L’idée de la suprématie s’est transposée sur un autre terrain. L’écrivain lança « l’autosabordage » et décida de détruire toutes les célébrités du Cameroun afin d’en rester le seul. Il utilisa les méthodes de la concurrence industrielle pour chercher à neutraliser tous ses rivaux. Tout le monde passa à la caisse. Il accusa même Achille Mbembe de viol de ses étudiants. Pour ceux qui ne le savent pas, le viol est la pire des accusations que vous pouvez coller à une personnalité en Occident car, si ça prospère, sa vie est finie! Quelle méchanceté! Parlait-on toujours du bien commun? Comment voulez-vous que l’on soutiennent une personnalité aussi pernicieuse? De nos jours, l’on ne peut rien construire de positif au Cameroun sans que l’écrivain ne veuille saboter afin de récupérer l’aura à son compte égoïste. Maintenant qu’il a provoqué et obtenu son arrestation (victimisation), je crains que les leaders anglophones ne passent à la caisse afin qu’il demeure le seul en vue.

3. La démocratie suppose le respect de l’intégrité physique et morale des adversaires. Ce n’est pas la loi de talion. Ce n’est pas parce que le peuple demande le sang qu’on lui donne du sang. On n’attend pas d’un écrivain et « guide » de la société qu’il appelle à tuer ceux qui « tuent ».On n’attend pas de lui qu’il porte atteinte à son tour à la vie privée de ses adversaires. Qu’il s’attaque à leur famille, aux enfants, aux épouses, etc. Nous nous battons par une société libre et compétitive et non pour une société de revanche, des règlements de compte. Libérez la société camerounaise, c’est créer les conditions d’une société plus juste et équitable. J’ai toujours défendu que pour résoudre la crise anglophone, il fallait créer ce genre de société et que la création de l’Ambazonie ne garantissait pas la gestion transparente des ressources du Sud-Ouest.

4. Une personne qui travaille à détruire la société civile n’est pas un ami. En l’état, après Biya ce sera Biya parce que seuls les Biyaistes préparent avec sérénité l’après-Biya. Tout le monde semble avoir compris sauf une certaine opposition émotive que Biya a fini sa vie et qu’il passera.Cela ne sert à rien de brûler le lit sur lequel on se couchera. Ce n’est plus qu’une affaire de quelque temps. Au lieu de réfléchir sur un nouveau modèle de société, une certaine opinion travaille à semer le trouble et à engendrer la guerre. Je suis contre la libyenisation du Cameroun même si l’idée est populaire. Mon rôle n’est pas de surfer sur ce qui est populaire. C’est aussi ça le sens de la responsabilité.

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En gros, je ne soutiens pas un suprématiste qui se victimise pour des raisons égoïstes. Je ne sais pas si ses amis qui justifient ses propos par ceux des suprématistes américains lui font du bien. Nous sommes dans une République fragile et nous devons lutter fortifier la République si l’objectif est le bien commun. Une menace de mort n’est pas une opinion et nous ne devons pas soutenir le faux parce qu’il s’agit d’un petit copain.

J’ai l’avantage d’avoir vécu dans des pays en trouble et je peux dire aux Camerounais que ce n’est pas plaisant. Si vous invoquez le diable, vous le verrez! Je voudrai réitérer aux jeunes Camerounais/Africains que le meilleur est chez eux et qu’ils cessent d’être tant complexés par ceux qui en 2017 leur disent pour les « épater » qu’ils enseignent les Blancs comme pour les maintenir dans l’idée de la supériorité des Blancs. Je voudrais dire aux étudiants africains d’être très fiers d’eux-mêmes parce que d’autres étudiants ne réussiraient jamais dans les conditions dans lesquelles ils étudient. Je voudrais vous dire, étudiants africains, d’être fiers de vous-mêmes parce que la charge de travail que vous avez pour réussir un Master est supérieure à celle que l’on pratique aux USA.

Cela signifie qu’en termes de valeur intrinsèque, votre Master a plus de valeur. Je voudrais dire aux étudiants africains qu’ils sont très forts parce qu’ils réussissent quand même dans une classe où l’enseignant leur
annonce au début du cours que personne ne réussira. Cessez d’être complexés et de succomber au charge de quelqu’un qui vous dit qu’il vient de Mbeng. Cessez de penser que le meilleur vient toujours d’ailleurs. Si seulement vous pouviez aller ailleurs et voir ce qui s’y passe, alors vous seriez plus confiants dans votre environnement.

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Chers Africains, cessons de croire que la solution pour notre continent viendra d’ailleurs. Cessons de croire que ce sont les chancelleries occidentales qui vont nous sauver. Apprenons à jouer au football et à marquer des buts. C’est tout ça le principe du jeu politique. Biya reste au pouvoir parce qu’on ne sait pas jouer. Et surtout, on ne sait pas marquer des buts. On ne sait pas dribbler. Si l’arbitre valide les buts avec les mains, alors utilisez aussi les mains pour marquer. Cessez de pleurnicher et pensez stratégie.

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