« Le Cameroun n’ira pas au FMI » disait Paul Biya, qui amene le Cameroun de nouveau au FMI

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Le Cameroun vient de toquer aux portes du FMI ce lundi 26 juin 2017 à travers un accord pour un programme triennal assorti d’un crédit 666,2 millions de dollars à rembourser sur 3 ans. Le pays est ainsi à nouveau sur Ajustement structurel.

Paul Biya
Après 1985, lorsque les rumeurs d’entrée au Fond Monétaire International (FMI) se font sentir pour apporter une perfusion à l’économie camerounaise en chute, le chef de l’Etat a intervenu pour se fendre de ce que « le Cameroun n’ira pas au FMI » dans le Cameroon Tribune du 22 Mars 1986. Mais Paul Biya fut très vite rattrapé par la réalité et du se résoudre à abdiquer et à prendre le chemin de New York.

Comme l’indique le Pr Dieudonné Oyono dans son ouvrage intitulé « Un parcours vital », « Le 20 Juin 1987, Paul Biya annonçait une série de mesure pour réduire le train de vie de l’Etat. Ce fut le point de départ de l’ajustement structurel […] Ainsi, comme de nombreux pays africains, le Cameroun est entré dans une ère d’ajustement à travers les fourches caudines des organisations du système de Brettons Wood ».

30 ans après le président met le Cameroun de nouveau sous ajustement structurel auprès du Fonds monétaire international (FMI) qui a accordé un crédit de 666,2 millions de dollars au Cameroun, en échange d’un programme économique à mener sur trois ans pour redresser une économie mise à mal par la chute des prix pétroliers.

Selon le directeur général adjoint du Fonds, Mitsuhiro Furusawa, « le Cameroun a été durement frappé par la chute des prix du pétrole ainsi que par des facteurs d’insécurité » liés aux attaques du groupe jihadiste nigérian Boko Haram dans le nord du pays notamment, « qui ont affecté l’activité de la Communauté économique et monétaire des Etats d’Afrique Centrale (CEMAC) ». Cela a conduit à une fonte des réserves internationales communes ». L’économie camerounaise, la plus importante de la sous-région, « fait face à une décélération de sa croissance, à un déclin de sa marge budgétaire et à une hausse rapide de sa dette publique », a-t-il ajouté.

Le programme du Cameroun visera à consolider le budget et mettre en place des réformes pour diversifier les revenus non-pétroliers. Les autorités doivent aussi améliorer « la crédibilité et la transparence » de l’exécution budgétaire en publiant des rapports réguliers, affirme le FMI qui va immédiatement décaisser 171,3 millions de dollars. Le reste de cette facilité élargie de crédit sera déboursé de façon échelonnée sur trois ans, indique le Fonds dans un communiqué.

Selon les statistiques, la croissance de l’économie camerounaise est passée de 5,8% en 2015 à 4,7% en 2016 tandis que l’inflation est faible à 0,4% en mars 2017. Le déficit budgétaire a grimpé à 6,5% du Produit intérieur brut (PIB) contre 2% en 2015.

Le programme d’aide intervient alors que les pays de la CEMAC (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad) traversent une crise économique qui a fait resurgir le spectre d’une dévaluation du franc CFA.

Il fait suite au sommet des chefs d’Etats de ces six pays qui s’étaient réunis en décembre 2016 à Yaoundé, à l’initiative du Cameroun, pour trouver une réponse coordonnée visant le maintien de la stabilité financière régionale et l’ancrage du taux de change.

La Centrafrique et le Tchad ont déjà un programme avec le FMI. Le Gabon vient d’en signer un tandis que des missions du Fonds se sont récemment rendues en Guinée équatoriale et au Congo.

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