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Des soupçons d’opacité dans la gestion financière

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D’après quelques indiscrétions, ce dernier aurait eu beaucoup de mal à faire valider le compte de gestion de l’exercice 2016 par un conseil électoral dont il avait déjà proclamé la forclusion du mandat et donc le caractère illégal. Mais le vrai problème qui se pose à Elecam serait celui du contrôle de la gestion des ressources publiques mises s à sa disposition. Selon des sources internes concordantes, depuis la mise en place de ses organes, Elecam n’a jamais fait l’objet d’un contrôle par des services compétents de l’Etat comme le prévoit le cadre législatif de l’organe en charge du processus électoral au Cameroun.
La loi du 29 décembre 2006 portant création, organisation et fonctionnement d’Elecam est pourtant trop claire à propos dans son article 27 qui précise que « Les ressources d’Elections Cameroon sont des deniers publics, gérés conformément aux règles de la comptabilité publique ». La loi portant code électoral quant à elle dispose en son article 39 que « Elecam est soumis à un audit financier annuel des services compétents de l’Etat ». Malheureusement, cette structure fonctionne comme si elle était dispensée des visites des inspecteurs du Contrôle supérieur de l’Etat ou même des agents de la Commission nationale anti-corruption (Conac) dont le président, Dieudonné Massi Gams est par ailleurs membre du Conseil électoral. Doit-on alors comprendre que le compte de gestion d’Elecam, qui est transmis chaque année, au ministre chargé des Finances et à la Chambre des comptes de la Cour suprême, en vertu des dispositions de l’article 39 du code électoral, soit toujours
d’une clarté telle que même une simple vérification de routine n’en valle pas la peine ? Pourtant, les raison d’un contrôle à Elecam ne manquent pas. C’est environ 12 milliards de FCFA de fonds publics qui sont affectés à cette structure chaque année, mais les services de l’Etat préfèrent aller mener des missions de contrôle interminables et à grand renfort de publicité, dans des structures qui en reçoivent bien moins. L’on se rappelle que la DGE et le CE se déchiraient à un moment pour la gestion
de la dotation spéciale affectée à ce dernier, et que le DGE voulait gérer à sa guise. Le président de la République a dû trancher en confiant la gestion de cette dotation au directeur général adjoint. «J’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir désigner le directeur général adjoint d’Elecam, comme ordonnateur délégué en vue de la gestion de la do
tation spéciale et du budget des élections concernant le CE d’Elecam, conformément aux dispositions pertinentes de la législation en vigueur. Vous voudrez bien, à cet effet, me rendre compte en urgence de vos diligences pour la haute et complète information du chef de l’État », écrit Ferdinand Ngoh Ngoh, Secrétaire général de la présidence de la République dans un courrier signé le 30 mai 2013 et adressé à Mohaman Sani Tanimou, DGE à l’époque des faits. Avec l’arrivée d’Abdoulaye Babalé, la situation n’a guère changé. « C’est même plus grave, il gère Elecam comme sa boutique. C’est lui qui définit les priorités et quand est-ce qu’il doit débloquer de l’argent au profit de qui il veut. Même les gratifications sont payées de façon discriminatoire entre le personnel du CE et celui de la DGE », confie une source digne de foi. Depuis des années, de nombreuses voix se sont levées pour dénoncer les crises répétées entre le CE et le DGE, fondées pour l’essentiel sur les questions d’argent. Mais jusquelà les services de l’Etat n’ont jamais trouvé le moindre prétexte pour contrôler de la gestion des deniers publics mis à la disposition d’Elecam.
Célestin T. Mbakop

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